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Session plénière du 6 au 9 juin 2011

Au-delà du PIB : trouver de nouveaux indicateurs pour mesurer le progrès

 
Anna Rosbach lors de notre interview, lundi 30 mai.   Anna Rosbach lors de notre interview, lundi 30 mai.

Créé dans les années 1930, le Produit intérieur brut (PIB) s'est imposé comme le meilleur indicateur pour mesurer l'activité économique d'un pays. Néanmoins, il ne prend pas en compte tous les aspects sociaux et environnementaux et ne peut donc, à lui seul, refléter le degré de développement. Face à ce constat, les députés européens prônent la mise en place d'indicateurs complémentaires. Interview de la Danoise Anna Rosbach (Conservateurs et réformateurs), qui a préparé la position du Parlement européen.


Le PIB a été utilisé pour mesurer l'activité macro-économique depuis 80 ans. Pourquoi cet indicateur ne suffirait-il plus aujourd'hui ?


Anna Rosbach : Prenons un exemple. Certains pays africains ont beaucoup de matières premières comme l'or et les diamants, ce qui les rend très riches sur le papier. Dans le même temps, les citoyens sont extrêmement pauvres et n'ont ni électricité ni eau courante. Le PIB par habitant les définit comme riches mais les dictateurs se remplissent les poches au détriment de la population. Pour moi, c'est un mauvais emploi du PIB.


Votre rapport propose de mettre en place d'autres indicateurs. De quoi devraient-ils tenir compte ?


AR : J'aimerais voir des indicateurs qui prennent en compte les éléments suivants : de quelle formation je peux bénéficier dans mon pays, quel type d'emploi je peux espérer, quel est mon pouvoir d'achat, comment je suis traitée si je suis malade, quelles sont les chances d'avoir une bonne qualité de vie en vieillissant…


Mais ce n'est que mon opinion. Ces idées ne sont pas contenues dans mon rapport car pour le moment nous cherchons à rédiger un document de compromis qui serait, une fois adoptée, envoyé à la Commission européenne en lui demandant de faire des propositions d'indicateurs concrets.


Il faudrait que les mesures soient faites par Eurostat (l'Office européen des statistiques, ndlr) tous les ans. Comme ça, on évitera des indicateurs fantaisistes comme le degré de bonheur ou l'ensoleillement moyen…


Quand est-ce que ces nouveaux indicateurs pourraient voir le jour ?


AR : J'espère à court terme car on en a vraiment besoin. Plusieurs grands Etats membres, comme la France et le Royaume-Uni, en discutent, et certains pays hors de l'UE se penchent également dessus. L'Europe se saisit du problème un peu tard et il faut accélérer le mouvement.


L'interview a été réalisée en anglais. Le vote se tiendra mardi 7 juin.