Accès direct à la navigation principale (appuyer sur "Entrée")
Accès aux contenus de la page (appuyer sur "Entrée")
Accès direct aux autres sites (appuyer sur "Entrée")

Jean-Claude Juncker présente son programme

Session plénière Communiqué de presse - Institutions14-07-2014 - 17:30
 

"Vous êtes le premier Parlement à élire le Président de la Commission", a déclaré ce mardi Jean-Claude Juncker, lors du débat final avec les chefs de file des groupes politiques, avant le vote en plénière sur son élection. Les députés ont applaudi une grande partie des objectifs poursuivis par M. Juncker ainsi que les garanties qu'il a fournies.


M. Juncker a explicité son programme de réformes, ses objectifs en faveur d'une économie de marché sociale, notamment un paquet d'investissement de 300 milliards d'euros pour stimuler la croissance, l'emploi et la compétitivité, son intention de rendre la Troïka (FMI/BCE et Commission européenne) plus démocratique, la marge de flexibilité du Pacte de stabilité et de croissance, ainsi que ses idées en faveur d'une Union européenne de l'énergie.


En ce qui concerne les relations de la Commission avec le Conseil et le Parlement, ainsi que le retour de la confiance des citoyens, il a déclaré: "Voyons ce que nous pouvons obtenir en pratique et n'ennuyons pas nos citoyens avec des querelles interinstitutionnelles. Essayons de ne pas critiquer Bruxelles pour tout ce qui va mal. Si vous dites "oui" à Bruxelles, ne dites pas "non" ailleurs. Nous devons jouer en équipe, selon la méthode de prise de décisions communautaire". "Nous ne devrions pas européaniser chaque petit problème dans l'UE mais nous concentrer sur les problématiques importantes", a-t-il ajouté.


Au nom du groupe PPE, Manfred Weber (DE) a déclaré: "Il s'agit d'un grand jour pour l'Europe car l'UE est devenue plus démocratique. Les électeurs ont co-décidé, pour la première fois, de l'élection du Président de la Commission européenne et de l'orientation politique de cette institution". "Jean-Claude Juncker est la bonne personne, qui arrive au bon moment, un homme qui défend le consensus", a-t-il ajouté. M. Weber a cité quatre priorités de son groupe en ce qui concerne le mandat de la nouvelle Commission: croissance, stabilité monétaire, davantage de respect envers les parlements nationaux, et une UE qui regarde à nouveau au-delà de ses frontières.


Au nom du groupe S&D, Gianni Pittella (IT) a affirmé: "Les leçons que nous pouvons tirer de la crise sont les suivantes: toutes les règles doivent être appliquées, mais au service des citoyens. Nous avons besoin de plus de démocratie (...). Nous vous soutenons, M. Juncker, car nous estimons que vous avez tiré ces leçons, en particulier celle concernant une démocratie accrue". "Cependant, notre vote en votre faveur n'est pas un chèque en blanc, nous serons intransigeants", a-t-il ajouté. "Il faut trouver un équilibre entre la stabilité financière et la nécessité d'investir. Nous avons besoin d'investissements en faveur de la croissance et de l'emploi, d'une Europe plus sociale et d'une solidarité accrue, en particulier sur les questions liées à l'immigration", a-t-il précisé.


Pour le groupe ECR, Syed Kamall (UK) a déclaré: "L'élection qui était supposée mettre un terme à tous les accords de l'ombre est devenue la mère de ce type d'accords". Il a expliqué que son groupe ne soutiendrait pas la candidature de M. Juncker en raison du processus électoral, mais également parce que "nous estimons que vous n'êtes pas la personne idéale pour diriger l'Europe dans les années à venir". "L'Europe a besoin d'un leadership qui se tourne vers l'avenir, et non vers le passé", a affirmé M. Kamall, ajoutant que ce leadership devait construire un marché unique adéquat à la nouvelle ère, créer davantage de sources énergétiques interconnectées et négocier des accords commerciaux libres et transparents.


Au nom du groupe ADLE, Guy Verhofstadt (BE) a déclaré qu'une voix pour M. Juncker était un vote en faveur de l'austérité mais aussi de la croissance. "J'espère que vous opterez pour les deux: sans discipline budgétaire, il n'y a pas de croissance, et nous devons aller au-delà de la discipline budgétaire pour encourager la croissance avec un paquet consacré à cette thématique", a expliqué M. Verhofstadt. Il a également souligné: "Les droits fondamentaux sont capitaux. Nous ne pouvons pas les remettre en question, quelles que soient les traditions d'un État membre". Critiquant les députés qui ont l'intention de s'abstenir ou de voter contre M. Juncker, il a affirmé: "Ces députés sont du côté des anti-Européens et ne respectent pas leurs électeurs, en préférant les accords conclus dans l'ombre".


Au nom du groupe GUE/GNL, Gabriele Zimmer (DE) a expliqué: "Je ne partage pas cette euphorie commune. Il ne s'agit que d'une première étape, et non de la victoire de la démocratie. La démocratie a échoué. Les citoyens ont été 3,5 fois plus nombreux à ne pas voter pour les conservateurs que ceux qui ont voté en leur faveur. Ils ont soit voté pour autre chose ou se sont abstenus. Nous avons tous perdu ces élections. Mon groupe ne vous soutiendra pas, mais nous contrôlerons votre travail chaque jour pour les années à venir". (...) "Nous attendons des réponses claires de votre part. Comment avez-vous l'intention de réformer la Troïka? Que ferez-vous du problème de la dette? Quelle est votre idée des salaires minimum - voulez-vous d'un salaire avec lequel on puisse réellement vivre?"


Au nom du groupe des Verts/ALE, Philippe Lamberts (BE) a déclaré: "Si 25% des Européens sont au seuil de la pauvreté et de l'exclusion sociale, si 10% d'entre nous détiennent 60% de la richesse collective de l'UE, si le climat est déréglé au point de déboucher sur une hausse de 6 degrés de la température mondiale, et si 30% de toutes les ressources non renouvelables ont été épuisées ces 30 dernières années, alors l'existence même de notre société est menacée. Serez-vous l'homme qui mettra en place les réformes nécessaires pour relever ces défis?" (...) Honnêtement, je veux croire en vous, et certains membres de notre groupe souhaitent vous soutenir, car nous estimons que le processus qui vous a amené ici aujourd'hui représente un progrès modeste vers une Europe plus démocratique. Mais d'autres membres ne pensent pas que vous êtes l'homme qui entreprendra ces réformes nécessaires, et nous sommes donc divisés".


Au nom de l'EFDD, Nigel Farage (UK) a affirmé que son groupe ne soutiendrait pas M. Juncker. "Personne au Royaume-Uni ne savait que les élections étaient liées à un candidat à la présidence de la Commission européenne. Et maintenant, on nous demande à tous de voter, mais il n'y a qu'un seul candidat, comme à l'époque soviétique". Critiquant le vote à bulletin secret, M. Farage a déclaré: "Les hommes politiques ne devraient voter dans le secret mais devraient être tenus responsables devant leurs propres électeurs. Il a admis que M. Juncker avait "changé de ton récemment, en affirmant être contre des États-Unis d'Europe". "Mais je n'en crois pas un mot", a conclu M. Farage.


Au nom des non-inscrits, Marine Le Pen (Ni, FR) a pris la parole: "Le 25 mai, les citoyens d'Europe se sont réveillés et ont sorti le continent de sa torpeur. Le projet européen est devenu un projet fou, mortel. Et les citoyens se détournent de l'UE (...). Les socialistes et le PPE ont tourné le dos au message sorti des urnes et se partagent maintenant les postes importants (...). Mais ne pensez pas que les citoyens ont préféré M. Juncker à M. Schulz: ils sont tous les deux totalement inconnus et ne représentent rien". "En France, les patriotes rejettent la légitimité de la Commission européenne (...). Nous lutterons contre votre utopie fédéraliste et votre obsession de tuer l'état nation", a-t-elle conclu.


Vous pouvez à nouveau visionner le débat sur EbS+ (voir lien à droite).


#JunckerEU #EU_Commission


REF. : 20140711IPR52247
Mis à jour le: ( 16-07-2014 - 10:59)
 
 
Contacts