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Débat sur les migrations: le véritable fossé

Session plénière Communiqué de presse - Conseil européen27-10-2015 - 18:07
 

Le véritable fossé révélé par les défis migratoires actuels est entre les pays "pro-européens" qui veulent utiliser l'UE pour relever ces défis, et les pays "anti-européens" qui veulent utiliser ces défis pour dissoudre l'UE, ont avancé de nombreux députés pendant le débat mardi. La plupart d'entre eux ont déploré la lenteur des États membres à respecter leurs engagements financiers pour aider davantage de réfugiés et demandé davantage de personnel pour gérer leur arrivée aux frontières de l'UE.


Le déficit de 2,3 milliards d'euros est le même qu'il y a deux mois, a fait remarquer le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.


Ouvrant le débat, le Président du Parlement européen, Martin Schulz, a salué le plan en 17 points conclu lors du sommet européen du 25 octobre. Il a cependant exprimé des craintes face aux promesses non tenues: "Si les gouvernements estiment que l'égoïsme national est plus important que les solutions communes, cela sera au détriment des réfugiés mais aussi de la cohésion européenne". Ces propos ont été repris par le Président du Conseil, Donald Tusk, qui a averti que la crise des réfugiés avait le potentiel de "créer des changements politiques tectoniques" au sein de l'UE.


Le Président de la Commission européenne, M. Juncker, a remercié le Parlement pour son soutien via une législation accélérée face à la crise actuelle et la flexibilité promise du pacte de stabilité budgétaire pour les États membres qui font des efforts extraordinaires afin d'aider les réfugiés. Il a appelé les dirigeants européens à arrêter de s'accuser mutuellement et à respecter leurs engagements: "Les États membres réagissent avec lenteur alors qu'ils devraient accélérer leurs mesures", a-t-il dit, mentionnant le fossé existant entre les promesses et les actes. "Avant la rencontre avec les dirigeants africains lors du sommet de La Valette, l'UE devra montrer qu'elle tient ses promesses. Le plan d'action conclu avec la Turquie, qui accueille 2,5 millions de réfugiés, doit être mis en œuvre rapidement", a-t-il poursuivi.


Manfred Weber (PPE, DE), Gianni Pittella (S&D, IT) et Guy Verhofstadt (ADLE, BE) ont salué les mesures présentées par la Commission et demandé des actions rapides. Ils ont appelé les États membres à tenir leurs promesses. "L'égoïsme national n'est pas la solution", a déclaré M. Weber, appelant tous les démocrates à coopérer encore plus étroitement. Son avis a été partagé par M. Pittella, qui a pointé du doigt divers mouvements "anti-UE" prônant la désintégration.


Rebecca Harms (Verts/ALE, DE) a estimé qu'il était inapproprié de "conclure un accord avec Erdogan", alors que MM. Verhofstadt et Pittella ont souligné que le plan d'action ne représentait pas un "chèque en blanc" pour la Turquie mais que l'UE devait accroître l'aide dans le but d'accueillir les réfugiés dans de bonnes conditions dans la région, notamment avec un enseignement pour les enfants. La chef de la politique étrangère de l'UE, Federica Mogherini, devrait recevoir un mandat du Conseil afin de s'asseoir à la table de négociation avec la Russie, l'Iran, les États-Unis et d'autres pays pour essayer de trouver un moyen de mettre fin à la guerre en Syrie, a déclaré M. Verhofstadt.


La crise pourrait devenir géopolitique, a averti Syed Kamall (ECR, UK), demandant aux partenaires internationaux de se montrer à la hauteur de la situation. Il a souligné que l'UE devait être "équitable et stricte" envers les migrants, et sauver des vies plutôt que d'encourager les réfugiés à risquer la leur.


Pablo Iglesias (GUE/NGL, ES) a condamné les "larmes de crocodiles" versées pendant le débat politique alors que l'humiliation et la misère des réfugiés se poursuivent. Nigel Farage a déclaré que l'UE était dépassée par la crise des réfugiés et l'a accusée de violer les droits démocratiques, alors que Marcel de Graaff (ENL, NL) a affirmé que l'UE devrait mettre un terme à l'invasion et fermer totalement ses frontières extérieures.



Vous pouvez revoir l'enregistrement du débat en plénière sur EP Live et EbS+.

REF. : 20151022IPR98824
 
 
Contacts
 
 
 
 
   
Flux de réfugiés
 

Les flux de réfugiés dans les Balkans occidentaux représentent le plus grand défi de l'UE depuis des décennies. - © UNHCR/Olivier Laban-Matte

 
Débat en plénière
 

Débat en plénière

 
Les principaux défis selon Jean-Claude Juncker, sont de:
 

fournir de la nourriture et des abris avant l'arrivée de l'hiver;

 
 

partager entre États membres et de manière proactive les informations sur les flux de réfugiés et les besoins de ces personnes;

 
 

ralentir les flux de réfugiés non contrôlés pour enregistrer et informer les migrants sur les droits et leurs obligations;

 
 

empêcher l'immigration clandestine et accélérer les retours et réadmissions; et

 
 

renforcer la protection des frontières.