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N'assimilez pas les réfugiés aux terroristes - renforcez plutôt la sécurité, exhortent les députés

Session plénière Communiqué de presse - Justice et affaires intérieures25-11-2015 - 12:18
 
Les députés ont débattu des attaques terroristes, de leurs causes profondes et de leurs conséquences politiques   Les députés ont débattu des attaques terroristes, de leurs causes profondes et de leurs conséquences politiques

Une "démagogie politique" qui assimile les réfugiés aux terroristes fomente la haine et la désillusion qui inspire ceux qui rejoignent des groupes terroristes, ont avancé de nombreux députés durant le débat de mercredi. Plutôt que de laisser les libertés et la tolérance de l'Europe s'éroder, les pays de l'UE doivent s'efforcer de renforcer la sécurité, ont appelé les députés.



Ils ont précisé que cela devait être fait en augmentant la coopération en matière de renseignement et de partage de données, et en investissant dans les compétences et la technologie nécessaires pour lutter contre le terrorisme.


Le Président du Parlement européen, Martin Schulz, a ouvert la séance en condamnant l'attaque terroriste qui a eu lieu en Tunisie mardi. "En l'espace de deux semaines, les terroristes ont attaqué Beyrouth, Paris, Bamako et Tunis, et à chaque fois la douleur est présente. Nous sommes tous préoccupés, mais nous allons continuer à les combattre (...) avec nos alliés", a déclaré M. Schulz.


"La coopération européenne doit être renforcée et doit évoluer", a déclaré Nicolas Schmit pour la présidence du Conseil. Se référant aux conclusions du Conseil européen Justice et Affaires intérieures du 20 novembre, M. Schmit a assuré aux députés que "la Charte des droits fondamentaux de l'UE sera un principe directeur" lors de la mise en place des mesures anti-terroristes.


"Nous sommes solidaires avec la République française (...) La République française est notre république à nous aussi", a déclaré le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. "Je ne pense pas que nous devrions assimiler les réfugiés, les demandeurs d'asile et les migrants d'une part aux terroristes de l'autre. (...) Ceux qui ont perpétré ces attaques à Paris sont les mêmes personnes qui forcent les malheureux, les malchanceux de cette planète, à fuir", a-t-il ajouté.


"Nos pensées devraient d'abord aller vers les victimes et leurs familles", et non vers des terroristes, a déclaré le chef du groupe PPE Manfred Weber (DE), en soulignant qu'il est "inadmissible" de prétendre que les réfugiés qui arrivent en Europe sont des auteurs d'actes terroristes - en fait, ce sont des "victimes du terrorisme". "Nous devons nous attaquer aux PNR, faire des progrès en ce qui concerne Europol, la directive sur la protection des données, l'enrayement du financement du terrorisme et la législation sur le stockage de données", a-t-il ajouté, soulignant la nécessité d'actes et pas seulement de mots.


Le président du groupe S&D Gianni Pittella (IT) a promis que "l'Europe ne permettra pas de se voir changée par le terrorisme." "Cela ne doit pas devenir le 11 septembre de l'Europe", a-t-il averti, soulignant que l'Europe doit rester unie, faire preuve d'initiative et investir dans des services de renseignement "intelligents". "Nous allons travailler pour parvenir à un accord sur la proposition PNR d'ici la fin de l'année", a-t-il assuré.


"Notre solidarité doit être avec les peuples de France, de Tunisie et avec toutes les autres victimes de Daech", a déclaré le chef du groupe ECR, Syed Kamall (UK). "Nous devons œuvrer tous ensemble pour leur montrer [aux terroristes] qu'ils ne réussiront pas", a-t-il dit, ajoutant que "si à chaque fois qu'ils nous attaquent nous érodons nos libertés, il ne restera plus libertés à défendre".


"Les terroristes ne connaissent pas de frontières, mais nos services de police et de renseignement en connaissent encore", a déclaré le président du groupe ADLE, Guy Verhofstadt (BE). "Si nous avons à choisir entre la souveraineté et la sécurité, je choisirais la sécurité", a-t-il ajouté. Sur la proposition des mesures PNR de l'UE, il a déclaré: "Ce dont nous avons besoin c'est d'un certain type d'échange obligatoire d'informations, (...) un front commun pour vaincre Daech (...) et d'une agence européenne du renseignement".


"Ne répétons pas les erreurs du 11 septembre: la terreur contre le terrorisme (...) n'a pas asséché les racines du terrorisme, ni en Afghanistan ni ailleurs", a déclaré Gabriele Zimmer (GUE/NGL, DE). Pour les Verts/ALE, Philippe Lamberts (BE) a fait valoir que nos sociétés n'ont pas besoin de surveillance généralisée, mais d'un meilleur échange d'informations entre les services nationaux.


Paul Nuttall (UK), au nom du groupe EFDD, a préconisé "la lutte contre le wahhabisme saoudien" et l'abolition de la libre circulation dans l'espace Schengen. Cela a trouvé écho dans les propos de la chef du groupe ENL Marine Le Pen (FR) qui a blâmé "l'austérité imposée", responsable des réductions des budgets militaires et de police de la France.


Vous pouvez consulter ce qui a été dit pendant le débat, les tweets et les documents sur le Storify


Note aux éditeurs

 

Une résolution sur la prévention de la radicalisation et le recrutement de citoyens de l'UE par des organisations terroristes sera votée vers 13h00, après avoir été débattue mardi après-midi (rapporteur Rachida Dati).


REF. : 20151120IPR03639
Mis à jour le: ( 30-11-2015 - 14:54)
 
 
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