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Il faut geler l’aide de l’UE au gouvernement du Burundi, selon les députés

Session plénière Communiqué de presse - Développement et coopération / Relations extérieures17-12-2015 - 13:01
 

L’insécurité croissante, l’absence d’actions politiques vers la réconciliation et l’aggravation des conditions humanitaires au Burundi - un pays qui est à la première place de l'indice de la faim dans le monde - ont été soulignées par les députés dans une résolution adoptée ce jeudi.


 

Les députés saluent les consultations au titre de l’accord de Cotonou qui pourraient mener à la suspension de l’aide de l’UE au gouvernement burundais et demandent à l’UE et à ses États membres d’envisager de rediriger l’aide non humanitaire de l’UE à la société civile dans le pays.


Le Parlement condamne les dernières attaques au Burundi durant lesquelles les forces de sécurité burundaises ont tué au moins 87 personnes lors d’exécutions qui semblent aléatoires. Il invite le pays à mettre fin à la torture et aux persécutions, notamment de la presse, des opposants politiques et des défenseurs des droits de l’homme. Les députés exhortent le Burundi à rétablir l’état de droit, à mettre un terme à l’impunité et à traduire en justice les coupables. Les abus à la constitution du Président actuel du Burundi, Pierre Nkurunziza, doivent cesser et le dialogue de réconciliation nationale, qui a échoué, devrait reprendre, ajoutent-ils.


Sanctions et gel de l’aide de l’UE


Les députés saluent les sanctions ciblées de l’UE contre les responsables de violences et de sabotage du dialogue politique ainsi que les "consultations" entre l’UE et le Burundi lancées en décembre, comme une étape vers l’invocation des clauses relatives aux droits de l’homme dans le cadre de l'accord de Cotonou, pouvant éventuellement mener à une suspension de l’aide européenne.


Ils invitent instamment l'UE et ses États membres à déjà envisager de geler toute aide non humanitaire au gouvernement du Burundi "jusqu'à ce que cessent le recours excessif à la force et les violations des droits de l'homme par les forces gouvernementales" et à réorienter cette aide vers la société civile.


Près de la moitié du budget annuel du Burundi provient de l'aide internationale, avec une contribution de l’UE de quelque 432 millions d'euros pour la période budgétaire 2014-2020.


Crise humanitaire


Le Parlement se déclare vivement préoccupé par le nombre de victimes et de cas de violations graves des droits de l'homme et exhorte les autorités du pays à "veiller à ce que les écoles demeurent un havre de paix pour l'apprentissage" au lieu d’être transformées en camps militaires et de police. Il souligne que de nombreux enfants de moins de 18 ans sont enrôlés dans les groupes armés et demande au Burundi de lutter contre "la détérioration rapide de la situation humanitaire" dans un pays où 66,9% de la population vit sous le seuil de pauvreté.


Par ailleurs, les députés constatent l'ampleur alarmante des discriminations auxquelles font face les personnes LGBTI et mettent en garde contre la menace d’une crise des réfugiés dans la région, où plus de 200 000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays ou se sont réfugiées dans les pays voisins.


REF. : 20151211IPR07216
 
 
Contacts
 
 
 
 
   
3
enfants burundais sur 5 souffrent de retard de croissance
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66,9%
de la population du Burundi vit sous le seuil de pauvreté
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Faits
 

Les troubles politiques au Burundi ont éclaté en avril 2015 lorsque le Président Pierre Nkurunziza a annoncé qu’il se présentait pour un troisième mandat, violant la constitution du pays et causant d’importantes manifestations.

 
 

La sécurité a, par ailleurs, été sapée par un coup d’État manqué contre le Président au mois de mai, déclenchant les persécutions du gouvernement contre l’opposition, la presse et la société civile.

 
 

L’UE a rappelé ses observateurs des élections présidentielles de juillet 2015 en raison des restrictions aux médias, du recours excessif à la force contre les manifestants et du climat d’intimidation.