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Crise migratoire : les députés font le point avec le Commissaire Avramopoulos

Autres Article - Immigration14-01-2016 - 17:22
 
Enfant syrien dans les bras de sa mère attendant sous la pluie la décision de prendre un bus pour l'Autriche   ©UNHCR/Mark Henley

Alors que la crise migratoire s'aggrave, l'unité s'avère plus que jamais nécessaire face à la montée du populisme et du nationalisme en Europe, a déclaré le Commissaire à la migration Dimitris Avramopoulos. Évoquant devant la commission des libertés civiles la mise en œuvre des mesures visant à gérer la crise, Avramopoulos a rappelé que les États membres devaient avant tout se montrer solidaires : « Si Schengen s'effondre, ce sera le début de la fin pour le projet européen ».


Le Commissaire européen à la migration et aux affaires intérieures Dimitris Avramopoulos s'est rendu à la commission des libertés civiles jeudi 14 janvier. Avec les députés, il a évoqué la mise en œuvre des mesures visant à lutter contre la crise migratoire ainsi que la proposition concernant la création d'un corps européen de garde-côtes. Le député démocrate socialiste britannique Claude Moraes a présidé la réunion.


Le rôle des États membres

 

En septembre 2015, le Parlement européen a approuvé deux mesures d'urgence visant à relocaliser 160 000 demandeurs d'asile des États membres les plus touchés par la crise vers d'autres pays européens. Pourtant, seules 272 personnes ont été relocalisées à ce jour. Pour la Commission européenne, « tous les États membres doivent jouer le jeu » et ne pas rester prisonniers de leurs agendas politiques nationaux.


Le manque de volonté des États membres a été pointé par plusieurs députés, dont Cornelia Ernst (GUE/NGL, Allemagne) qui s'est demandée comment « mettre en place des mesures si les États membres répondent sans arrêt "non" ».


Réformer le système de Dublin


La législation actuelle en matière de droit d'asile puise dans le règlement de Dublin, qui prévoit que les demandes d'asile doivent être introduites dans le pays d'entrée de la personne. Lors du débat, de nombreux députés ainsi que le Commissaire ont souligné la nécessité de réviser cette législation au plus vite. Pour le député conservateur britannique Timothy Kirkhope, « nous n'avons pas besoin de gestes déguisés en programmes politiques. J'espère voir une révision solide de Dublin ». Dimitris Avramopoulos a indiqué que de nouvelles mesures devraient être proposées dans ce sens en mars prochain.


Pour la députée démocrate-chrétienne suédoise Anna Maria Corazza Bildt, il est impératif de « faire une distinction entre ceux qui ont droit à une protection internationale, et ceux qui n'y ont pas droit ». À ce sujet, le Parlement européen travaille actuellement à la création d'une liste commune de pays d'origine sûrs, pays depuis lesquels les demandes d'asile auraient moins de chance d'être acceptées.


Vers une nouvelle force de contrôle des frontières


La question de la gestion des frontières extérieures de l'Union européenne demeure centrale. Pour Nathalie Griesbeck (ALDE, France), celles-ci doivent être « correctement surveillées, afin de s'assurer que l'espace Schengen ne s'effondre pas ». La Commission a d'ailleurs proposé en décembre 2015 un renforcement du mandat de Frontex visant à transformer l'agence en un corps européen de garde-frontières et de garde-côtes. Celui-ci pourrait dans certains cas être déployé même sans l'approbation du pays concerné. Les députés réunis en session plénière ont largement soutenu ce projet le 15 décembre dernier.


La question des pays tiers

 

Dimitris Avramopoulos a rappelé l'importance d'une coopération avec les pays tiers, soulignant que si ces derniers ne sont pas engagés dans ce processus, « il n'y a pas d'espoir ». La députée démocrate socialiste allemande Birgit Sippel s'est demandée si cette coopération visait réellement à gérer la crise des réfugiés, ou s'il ne s'agissait pas d'un moyen de contenir ces personnes dans leurs pays d'origine.


Dans la même optique, la députée verte allemande Ska Keller a souligné que d'après certains rapports, la Turquie repoussait déjà des réfugiés vers la Syrie, une conséquence directe de son accord avec l'Union européenne.


Améliorer le fonctionnement des centres de crise


La distinction doit être faite entre les réfugiés, les migrants économiques et les terroristes qui cherchent à profiter de la tragédie syrienne pour atteindre l'Europe. Les centres de crise, ou « hot spots », ont été mis en place en Grèce et en Italie afin d'accueillir et d'enregistrer ceux qui parviennent à franchir la Méditerranée. Ils prévoient notamment la prise des empreintes digitales de tous les migrants, une sélection rapide, une relocalisation et la création de capacités d'accueil suffisantes.


Ces centres ont vu le jour il y a peu de temps et demandent encore à être développés. Pour Laura Ferrera, député italienne du groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD), « ils ne fonctionnent pas en Italie : l'identification est trop lente ». La députée a également souligné que ceux dont les demandes d'asile ont été rejetées ne sont ni aidés, ni accompagnés à la frontière. Le Commissaire a expliqué suivre lui-même les dernières avancées concernant ces centres, ajoutant que peu importe leurs orientations politiques, « tous les États membres ont la responsabilité d'accueillir les réfugiés dans la dignité ».


Immigration et sécurité


Les attaques de Paris et d'Istanbul ainsi que les évènements survenus à Cologne le 31 décembre dernier ont également été abordés. Si Dimitris Avramopoulos a insisté sur la nécessité d'éviter les amalgames entre les migrants et les terroristes, la députée néerlandaise Vicky Maeijer du groupe Europe des nations et des libertés a jugé la politique européenne « vraiment dangereuse » et a plaidé en faveur d'une fermeture des frontières.


La crise migratoire ne se résoudra pas d'elle-même. Dimitris Avramopoulos a rappelé que l'Union européenne se penche actuellement sur une liste d'« actions à moyen et long terme pour créer un système plus durable pour l'avenir ». Parmi les mesures qui devraient voir le jour, le Commissaire a cité la mise en place d'aides financières pour ceux qui en ont le plus besoin, une révision de la carte bleue européenne, un nouveau système de réinstallation ainsi qu'une proposition concernant les « frontières intelligentes » qui devrait être présentée en mars prochain.

REF. : 20160114STO09818
Mis à jour le: ( 15-01-2016 - 10:03)
 
 
   
Pas de répit dans la crise des réfugiés
 

Alors que le Commissaire européen chargé de la migration Dimitris Avramopoulos encourage l'Europe à éviter les amalgames au sujet des migrants, il prévient aussi que seuls ceux qui ont réellement besoin d'une protection seront accueillis.