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Lutte contre l’antibiorésistance: encadrer le recours aux antibiotiques vétérinaires et élaborer de nouvelles substances

ENVI Communiqué de presse - Santé publique17-02-2016 - 19:32
 
Veterinarian at farm cattle ©AP Images/ European Union-EP   Les médicaments vétérinaires ne doivent en aucun cas être utilisés pour compenser le non-respect de bonnes pratiques d'élevage, affirment les députés. ©AP Images/ European Union-EP

Afin de lutter contre la résistance croissante des bactéries aux antibiotiques, leur utilisation devrait être mieux encadrée et de nouveaux produits doivent être élaborés, ont affirmé les députés de la commission de l'environnement lors d’un vote sur un projet législatif relatif aux médicaments vétérinaires ce mercredi. Les députés ont appelé à interdire le traitement antibiotique collectif et préventif des animaux.


"Le vote d'aujourd'hui est un grand pas pour la santé animale et la lutte contre la résistance aux antibiotiques. Avec ces nouvelles dispositions, nous pourrons mieux encadrer et contrôler l'usage des antibiotiques dans les élevages et ainsi diminuer les risques d'apparition de potentielles résistances. Le texte permettra aussi d'améliorer la disponibilité des médicaments et de stimuler fortement l'innovation afin d'élargir l'arsenal thérapeutique des vétérinaires. Je me réjouis du large consensus autour de ce rapport, pour le plus grand bénéfice de la santé publique et de la protection des consommateurs", a déclaré la députée en charge du dossier, Françoise Grossetête (PPE, FR). Son rapport a été adopté par 60 voix pour et deux contre.


Les médicaments vétérinaires ne doivent en aucun cas être utilisés pour améliorer les performances des élevages ou pour compenser le non-respect de bonnes pratiques d'élevage, affirment les députés. Ils veulent limiter l'utilisation d'antimicrobiens à des fins prophylactiques (à savoir l'administration préventive d'antibiotiques sans signes cliniques d'infection) aux animaux de façon individuelle et seulement lorsque cela est justifié par un vétérinaire.


L'utilisation métaphylactique (c'est-à-dire le traitement d'un groupe d'animaux si l'un d'entre eux montre des signes d'infection) doit être limitée aux animaux cliniquement malades et aux animaux sains identifiés comme présentant un risque élevé de contamination, afin d'éviter une nouvelle propagation de la bactérie au sein du groupe, expliquent les députés.


Selon eux, les propriétaires et les détenteurs d'animaux d'élevage devraient utiliser les animaux reproducteurs en respectant une diversité génétique appropriée, dans des proportions qui n'augmentent pas le risque de transmission des maladies, et isoler les animaux malades du reste du groupe.


Antimicrobiens réservés uniquement à l'homme


Afin de contribuer à la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, la législation révisée habiliterait la Commission européenne à désigner les antimicrobiens qui seraient réservés au traitement d'infections chez l'homme.


Innovation


Pour favoriser la recherche de nouveaux antimicrobiens, les députés souhaitent des mesures d'encouragement, notamment de plus longues périodes de protection des documents techniques liés aux nouveaux médicaments, la protection commerciale de substances actives innovantes ainsi que la protection d'investissements significatifs dans des données générées pour améliorer un antimicrobien existant ou le maintenir sur le marché.


Lors d'un vote distinct, les députés ont adopté, par 53 voix pour et 3 voix contre, un rapport de Claudiu Ciprian Tănăsescu (S&D, RO) modifiant une autre législation, dans le but de refléter le fait que l'autorisation centralisée de mise sur le marché pour les médicaments vétérinaires sera dissociée de celle pour les médicaments à usage humain.


Informations générales

 

Les objectifs de la proposition législative sur les antimicrobiens sont interconnectés et visent à:

 

  • augmenter la disponibilité des médicaments vétérinaires;
  • réduire la charge administrative;
  • stimuler la compétitivité et l'innovation;
  • améliorer le fonctionnement du marché intérieur; et
  • lutter contre le risque de santé publique posé par la résistance antimicrobienne.

 

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a récemment averti que les bactéries chez l'homme, dans la nourriture et chez les animaux continuent de montrer une résistance aux antimicrobiens les plus utilisés. Les scientifiques affirment que la résistance à la ciprofloxacine - un antimicrobien extrêmement important pour le traitement d'infections chez l'homme - est très élevée dans le cas de la bactérie campylobacter, ce qui réduit par conséquent les options pour un traitement efficace des intoxications alimentaires graves. La bactérie de la salmonelle multirésistante continue de se répandre en Europe.


Prochaines étapes


Les deux textes seront débattus et mis aux voix lors des sessions plénières de mars ou avril, à Strasbourg.

REF. : 20160216IPR14596
Mis à jour le: ( 17-02-2016 - 19:44)
 
 
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