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Propagande étrangère : « Un prolongement des outils utilisés pendant la Guerre froide »

Session plénière Article - Institutions / Relations extérieures22-11-2016 - 10:48
 
Anna Fotyga   La députée Anna Fotyga est l'auteur d'un rapport sur la propagande étrangère menée contre l'UE

À l’ère d’Internet et des réseaux sociaux, la propagande menée par des organisations terroristes ou des pays tiers tels que la Russie peut s’avérer particulièrement efficace. Ce mardi 22 novembre, les députés réunis en session plénière à Strasbourg débattent de nouvelles mesures visant notamment à contrer les campagnes de désinformation menées à l'encontre de l'Union européenne. Nous avons rencontré Anna Fotyga, députée conservatrice polonaise et auteur du rapport.


Quels sont les effets en Europe  des campagnes de propagande menées par des organisations ou des pays tiers ?


Nous avons assisté à une réelle prise de conscience après l’agression de la Russie vis-à-vis de l’Ukraine et après l’annexion de la Crimée.


De notre point de vue en Europe centrale et orientale, la Russie avait déjà commencé à déformer l’information et à exercer une influence sur les marchés des médias bien avant. Il s’agit d’un simple prolongement des méthodes et des outils utilisés pendant la Guerre froide.


Ces campagnes de propagande ont bien sûr un impact sur les sociétés en Europe et ailleurs. Je pense que les citoyens américains sont également la cible de la propagande russe, menée par le biais d’outils tels que la chaîne de télévision Russia Today.

 

Pourquoi les campagnes menées par l’État islamique sont-elles si efficaces auprès des jeunes musulmans en Europe ?


Les jeunes musulmans ne sont malheureusement pas les seuls concernés. L’État islamique parvient à séduire, convertir et radicaliser des individus de tous âges et aux confessions différentes.


J’ai échangé avec de nombreux représentants de ministres européens à ce sujet. Voir des jeunes se retourner contre leur propre nation représente un véritable traumatisme pour un dirigeant. La question est particulièrement difficile à traiter, mais nous sommes prêts à agir et nous commençons à être soutenus à l’échelle européenne.


Mon rapport mentionne des instruments spécifiques visant à identifier la désinformation. Je souligne également la nécessité d’expliquer les schémas de la radicalisation.


Les États membres disposent déjà d’outils leur permettant de suivre les activités sur les réseaux sociaux et les cas de radicalisation. Cela demande beaucoup d’efforts, mais nous sommes désormais conscients de l’ampleur de la situation grâce à une coopération très ouverte et des informations qui nous parviennent des différents États membres.


La question du financement reste encore un problème. Nous devons investir bien plus dans ces campagnes pour lutter contre la radicalisation.

REF. : 20161118STO51750