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Le financement du prochain programme Daphné destiné à protéger les femmes et les enfants à l'encontre de la violence doit être maintenu à un niveau comparable au programme précédent, affirme une résolution adoptée ce jeudi.

Le Parlement réaffirme que le programme Daphné, sous-financé jusqu'à présent, constitue le seul programme de ce genre visant à combattre la violence à l'égard des femmes, des enfants et des adolescents à l'échelle de l'Union européenne. Ce programme a besoin d'un financement adéquat pour pouvoir faire face aux besoins réels de la lutte contre toutes les formes de violence exercées contre les femmes, les enfants et les jeunes, maintenir les mesures en vigueur et introduire de nouvelles mesures qui soient efficaces, souligne la résolution adoptée par 554 voix  pour, 22 contre et 88 abstentions.


Menaces en ligne


La Commission devrait financer davantage de projets visant à sensibiliser tout particulièrement les jeunes générations aux nouvelles formes de violence liées à l'utilisation croissante des réseaux sociaux en ligne (menaces, pressions psychologiques, harcèlement moral, cyber-pédopornographie), souligne la résolution.


Les députés insistent sur la nécessité d'accorder une attention particulière aux projets visant à éradiquer les crimes dits "d'honneur" et les mutilations génitales féminines.


Le rapporteur, Regina Bastos (PPE, PT), a déclaré: "la violence à l'encontre des enfants, des jeunes et des femmes constitue encore malheureusement une dure réalité. Il est nécessaire de veiller à ce que les objectifs du programme Daphné soient poursuivis dans le programme 'droits et citoyenneté' à l'avenir".


Renforcer Daphné


Les députés regrettent que la lutte contre la violence à l'égard des enfants, des adolescents et des femmes ne soit pas explicitement mentionnée dans les "objectifs spécifiques" de la communication de la Commission sur une proposition de règlement établissant le Programme "Droits et citoyenneté", dans lequel Daphné sera incorporé à partir de 2014. Le profil de Daphné, en termes de financement et de visibilité, doit demeurer élevé, souligne la résolution.


Des mesures législatives sont nécessaires au niveau de l'UE


Le Parlement réaffirme la nécessité d'adopter des mesures législatives au niveau de l'UE pour éradiquer la violence fondée sur le genre, étant donné que les femmes dans l'Union européenne ne bénéficient pas d'une protection égale contre les violences infligées par les hommes, en raison de la divergence des politiques et législations en vigueur d'un État membre à l'autre.


Selon diverses études consacrées à la violence fondée sur le genre, entre 20 et 25 % de l'ensemble des femmes en Europe ont subi des actes de violence physique au moins une fois au cours de leur vie adulte, et plus de 10 % ont été victimes de violences sexuelles avec usage de la force. En outre, 26 % des enfants et des jeunes affirment avoir subi des actes de violence physique dans leur enfance.


Dans le cadre du projet Daphné, les coûts dus à la violence conjugale sont extrêmement élevés: rien que pour la violence conjugale, ils ont été estimés à 16 milliards d'euros par an pour l'Union européenne, y compris les coûts médicaux directs (urgences, hospitalisations, soins ambulatoires, médicaments), les coûts des activités de justice et de police, les coûts sociaux (hébergements et aides diverses) et les coûts économiques (pertes de production).


Simplifier les procédures


Le Parlement suggère une simplification des formalités administratives et des procédures de demande de subventions ainsi que la réduction du délai entre la publication des appels à projets et la conclusion des contrats, de manière à encourager les petites ONG à proposer des projets Daphné.


Le premier programme Daphné (2000-2003) a été renouvelé à deux reprises, en 2004 et en 2007. Durant cette période, le budget du programme a été augmenté, passant de 20 millions d'euros à près de 117 millions d'euros pour Daphné III.



Procédure : résolution non législative