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Étant le plus grand consommateur de chocolat au monde et accueillant de nombreux grands fabricants de chocolat, l'UE doit veiller à ce que les enfants ne soient pas exploités pour sa fabrication, affirment les députés dans une résolution adoptée mercredi. Le Parlement a donné son consentement au renouvellement de l'accord international sur le cacao en termes de production et de commerce, mais il a aussi saisi l'occasion de sensibiliser au problème du travail des enfants dans les champs de cacao.

"Un nombre effroyable d'enfants exercent des activités dangereuses dans les champs de cacao. Le nouvel accord international sur le cacao nous offrira plus d'outils pour s'attaquer à ce problème, mais il faut agir davantage. L'ensemble des décideurs politiques et des parties prenantes impliqués dans la production de cacao doivent assumer leurs responsabilités en vue d'éradiquer le travail des enfants de la production de cacao", a déclaré le rapporteur, Vital Moreira (S&D, PT), lors d'un débat avec le commissaire européen en charge du développement, Andris Piebalgs, avant le vote. La résolution a été adoptée à main levée.


Les députés appellent toutes les parties de la chaîne de valeur du cacao - cultivateurs et fabricants de cacao, gouvernements, commerçants, producteurs et consommateurs de chocolat - à jouer leur rôle en vue de lutter contre le travail forcé et la traite des enfants dans le secteur.


Données et traçabilité


Les députés soulignent qu'il convient de procéder à de nouvelles recherches afin de fournir des statistiques vérifiées sur le travail et la traite des enfants en Afrique de l'Ouest. De nombreux enfants travaillent pour aider leur famille à survivre, mais tous les travaux qu'ils effectuent n'entrent pas dans la catégorie du travail des enfants. Toutefois, des études menées au Ghana et en Côte d'Ivoire suggèrent que certains enfants qui travaillent dans des exploitations de cacaoyers seraient exposés aux pesticides et que certains d'entre eux pourraient avoir été victimes de la traite des êtres humains, affirme la résolution.


Les députés invitent instamment la Commission à envisager de proposer un mécanisme de traçabilité afin de déterminer si la fabrication de produits résulte du travail forcé des enfants. Les partenaires de l'accord international sur le cacao devraient également garantir la traçabilité tout au long de la chaîne d'approvisionnement du cacao ou introduire un mécanisme de traçabilité agréé et contrôlé par une tierce partie pour la chaîne d'approvisionnement du cacao, affirment les députés.


Le nouvel accord international sur le cacao


L'accord international sur le cacao est le principal accord sur les produits de base entre les exportateurs et les importateurs de cacao. Il a pour but de rendre les échanges mondiaux liés au cacao plus équitables et durables. La dernière version soutenue par le Parlement mercredi appelle les parties à rassembler, analyser et diffuser des statistiques ainsi qu'à réaliser des études adéquates. Bien que le nouvel accord vise à renforcer la responsabilité sociale et environnementale, il ne s'attaque pas explicitement au problème du travail des enfants.


Faits sur le caco et le travail des enfants


•           l'Union européenne broie et consomme près de 40 % du cacao mondial;

•           la culture du cacao est une activité à forte intensité de main-d'œuvre. Plus de 90 % du cacao mondial est cultivé par 5,5 millions de petits exploitants. En outre, 14 millions de travailleurs ruraux dépendent directement de sa production;

•           l'Organisation internationale du travail (OIT) estime que plus de 215 millions d'enfants dans le monde sont utilisés comme enfants travailleurs;

•           dans le passé, les députés ont demandé l'interdiction du travail des enfants dans le secteur commercial ainsi que l'introduction éventuelle d'un étiquetage des produits garantissant que ceux-ci ont été élaborés sans recourir au travail d'enfants. En décembre 2011, le Parlement a refusé d'approuver un protocole sur le textile à l'accord de partenariat et de coopération entre l'UE et l'Ouzbékistan en raison de preuves concernant le recours au travail forcé d'enfants dans les champs de coton en Ouzbékistan.



Procédure : consentement (accord international), résolution non législative (travail des enfants)