Partager cette page: 

L'Union européenne doit se servir des politiques en matière d'énergie, de transports et d'agriculture pour réduire les émissions de CO2 - et améliorer son système d'échange de quotas d'émission - afin de rendre l'économie plus compétitive et beaucoup moins dépendante des énergies fossiles d'ici 2050, affirme une résolution non législative adoptée par le Parlement ce jeudi.

Le Parlement soutient largement "la feuille de route pour le passage à une économie à faible intensité de carbone" de la Commission européenne, qui élabore un cadre politique pour l'Union, en vue d'atteindre une réduction de 80-95 % de ses émissions de CO2 d'ici 2050. La feuille de route fixe des "étapes" visant à réduire le CO2 d'au moins 40 % d'ici 2030, de 60 % d'ici 2040 et de 80 % d'ici 2050.


Après les précédents appels des députés en vue d'accroître l'objectif de 20 % de réduction des émissions de l'UE pour 2020, cette résolution souligne que l'objectif à court terme actuel ne constitue "pas une option rentable" pour des réductions plus importantes qui doivent être réalisées au vu du changement climatique.


"Plus nous agissons aujourd'hui, plus l'avenir sera simple. Soit nous prenons l'initiative de promouvoir une économie à faible intensité de carbone, soit nous nous laissons distancer. C'est l'occasion de promouvoir les investissements et de stimuler l'innovation technologique. L'Europe en ressortira renforcée, et non pas affaiblie", a déclaré Chris Davies (ADLE, UK), après l'adoption de son rapport par 398 voix pour, 132 voix contre et 104 abstentions.


Échange de quotas d'émission


Les députés reconnaissent que le système d'échange de quotas d'émission, en tant qu'instrument principal de l'UE pour réduire les émissions industrielles et favoriser les investissements écologiques, doit faire l'objet d'améliorations, et qu'il faut dans la mesure du possible "geler" les permis de polluer. Des mesures législatives afin d'inclure les émissions du transport aérien dans le système d'échange de quotas d'émission - auxquelles s'opposent certains pays hors UE - devraient être pleinement mises en œuvre, ajoutent-ils.


Efficacité énergétique et énergies renouvelables


Les députés se félicitent du projet de directive sur l'efficacité énergétique, qui vise à mettre l'UE sur la bonne voie afin qu'elle puisse atteindre son objectif d'améliorer l'efficacité énergétique de 20 % d'ici 2020. La résolution souligne qu'il est nécessaire de "dé-carboniser" la production d'électricité, et de proposer des objectifs contraignants pour les énergies renouvelables d'ici 2030.


Agriculture et transport


Les députés demandent à la Commission de proposer des mesures spécifiques visant à réduire les émissions du secteur agricole. Ils soutiennent, en outre, des mesures et des objectifs de comptabilisation pour les autres utilisations des terres, touchant des domaines tels que la production de biocarburants durables et la sylviculture.


Le Parlement soutient également l'objectif de la feuille de route de la Commission en termes de transports, qui a pour but de réduire les émissions du secteur de 60 % d'ici 2050. Les députés affirment que la Commission doit continuer à proposer des mesures législatives afin de réduire les émissions du transport maritime au sein de l'Union si aucun accord international en la matière ne voit le jour.


Procédure: résolution non législative