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La première priorité politique devrait aller à la préservation et à la restauration des écosystèmes endommagés, affirme une résolution adoptée au Parlement ce vendredi. L'UE n'ayant pas réussi à atteindre son objectif 2010 en matière de biodiversité, celui-ci devrait désormais être intégré dans la réforme de la politique agricole de l'UE et les subventions nuisibles pour l'environnement devraient être identifiées et progressivement éliminées, ajoute le texte.

Les députés font état d'études récentes indiquant un déclin constant de la biodiversité dans l'UE, une perte qui "conduit à des coûts économiques dévastateurs pour la société qui n'ont pas été jusqu'à présent suffisamment intégrés dans les politiques économiques et d'autres politiques".


La résolution, adoptée ce vendredi par  414 voix pour, 55 voix contre et 64 abstentions, est un suivi de la stratégie pour la biodiversité de l'UE à l'horizon 2020 proposée par la Commission européenne en mai 2011.


Les services que la nature nous fournit, comme l'eau propre, l'air pur, un sol fertile, de la nourriture, sont non seulement cruciaux pour le bien-être de l'humanité, mais représentent également une valeur économique astronomique. Selon les économistes, nous perdons chaque année 3% du PIB en raison de la perte de la biodiversité. Cela coûte à l'UE 450 milliards d'€ par année. Comparé à ces chiffres, un investissement de 5,8 milliards d'€ par an dans le réseau Natura 2000 est une bonne affaire!", a déclaré le rapporteur, Gerben-Jan Gerbrandy (ADLE, NL).


"L'élément clé qui permettrait de résoudre cette question ne réside pas dans cette nouvelle stratégie, mais plutôt dans les futures réformes des politiques communes de l'agriculture et de la pêche ainsi que dans le cadre financier pluriannuel (CFP)", affirment les députés.


Réorientation de la PAC


Les députés soulignent que la politique agricole commune (PAC) constitue un outil non seulement pour la sécurité alimentaire et le développement rural, mais aussi pour la préservation de la biodiversité. Ils regrettent que les mesures de la PAC de protection de l'environnement "aient jusqu'ici échoué à enrayer le déclin global de la biodiversité". La PAC devrait être réorientée vers la compensation des agriculteurs pour l'offre de biens publics, étant donné que le marché ne parvient pas, actuellement, à intégrer la valeur économique des biens publics importants que peut offrir l'agriculture, ajoutent-ils.


L'UE devrait identifier les subventions qui nuisent à la biodiversité


Les paiements de la PAC, y compris ceux qui seront faits à partir de 2014, devraient "être soumis à des règles de conditionnalité strictes contribuant à la préservation de la biodiversité et des écosystèmes. Ce qui devrait inclure la législation sur les oiseaux et les habitats, l'eau, les pesticides et l'alimentation, estiment les députés.


L'inspection des pratiques agricoles devrait être renforcée afin de prévenir la perte de biodiversité. "Toutes les subventions existantes nuisibles à l'environnement" devraient être identifiées et supprimées progressivement d'ici 2020, ajoutent-ils.


Procédure : résolution non législative