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La politique commune de la pêche (PCP) a besoin d'une réforme radicale en vue de réduire la pêche à des niveaux de stocks de poisson durables, de mettre un terme aux rejets de poisson et d'utiliser des programmes à long terme basés sur des données scientifiques plus fiables, ont déclaré les députés de la commission de la pêche ce mardi. La surpêche est généralement considérée comme le pire échec de la PCP actuelle, qui date de 2002. La nouvelle PCP devrait entrer en vigueur en 2014.

Les chiffres de la Commission européenne suggèrent que 80 % des stocks en Méditerranée et 47 % des stocks dans l'Atlantique sont affectés par la surpêche. La proposition mise aux voix en commission de la pêche contient des mesures claires et strictes en vue de s'attaquer à ce problème.

"Je suis soulagée que nous ayons désormais surmonté cet obstacle compliqué. Je m'attends à ce que la plénière confirme notre vote en février. Nous aurons ensuite un mandat solide pour débuter les négociations avec le Conseil en vue de signer et de conclure cette réforme", a déclaré Ulrike Rodust (S&D, DE), rapporteur au PE sur la réforme de la pêche.

Arrêter la surpêche en mettant fin aux rejets de poisson

Les rejets, c'est-à-dire les poissons rejetés en mer en raison de leur espèce ou de leur taille, représentent près d'un quart des captures totales de l'UE. La plupart des espèces rejetées en mer meurent. En vue de mettre un terme à cette pratique inutile, les députés ont voté pour obliger les navires de pêche à débarquer toutes leurs captures conformément à un calendrier fixant des dates spécifiques pour les différentes pêches, qui débutera en 2014.

Les captures débarquées de poissons qui n'ont pas la taille requise ne pourraient être vendues que pour être utilisées à des fins autres que la consommation humaine. Les États membres doivent s'assurer que les navires de pêche respectent l'interdiction de rejet.

Respecter le rendement maximal durable


Le rendement maximal durable est défini comme la plus grande capture qui peut être prise, de manière sûre, année après année et qui maintient la taille de la population de poisson à sa productivité maximale. Lors du vote d'aujourd'hui, les députés ont cherché à garantir que les stocks de poisson retrouveront, au plus tard d'ici 2020, des niveaux capables de produire le rendement maximal durable, pour ensuite maintenir tous les stocks concernés à ces niveaux. Finalement, cela signifie plus de poissons, de meilleures prises et, par conséquent, des emplois plus nombreux dans le secteur de la pêche.

Planification à long terme au lieu des marchandages de quotas annuels

En vue d'avoir une pêche durable, des plans de gestion pluriannuels des stocks de poisson seront désormais établis en priorité. Une approche à plus long terme devrait amener davantage de prévisibilité, et le secteur de la pêche pourrait ainsi mieux investir et mieux planifier. Les plans pluriannuels se baseront sur des données scientifiques plus fiables et précises, que les États membres seront obligés de collecter et de publier.

Prochaines étapes


Le projet de résolution sur la politique de la pêche commune a été approuvé par 13 voix pour, 10 voix contre et 2 abstentions, et devait être mis aux voix en plénière en février.

Sous la présidence de: Gabriel Mato Adrover (PPE, ES)