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"Nous devons placer au centre du financement du développement la mobilisation des ressources nationales, au service d’un développement endogène", a déclaré Patrice Tirolien (S&D, FR), vice-président de l'Assemblée parlementaire paritaire (APP) ACP-UE ce lundi à Addis-Abeba (Éthiopie). S'exprimant lors de la séance solennelle d'ouverture de la 26e session de l'APP, il a insisté pour que cette mobilisation se passe "dans le respect de l’appropriation nationale des pays concernés".

"Une telle appropriation passe par le renforcement des capacités fiscales nationales et par la lutte contre les flux financiers illicites qui entravent considérablement le développement de nombreux pays. La transparence et l’efficacité des systèmes fiscaux nationaux sont à cet égard déterminants," a souligné M. Tirolien, qui a plaidé pour la mise en œuvre de nouveaux types de financements de la politique de développement.


La coopération Sud-Sud doit être renforcée


"La coopération au développement ne devrait plus seulement être considérée en termes d'aide financière du Nord au Sud", a déclaré Joyce Laboso, co-présidente de l'APP. "Nous savons désormais qu'il y a un capital social, politique et, en effet, économique à partager entre les pays moins développés eux-mêmes", a-t-elle ajouté.


La relation entre l'UE et les pays ACP "ne devrait pas se baser sur la supposition plutôt obsolète qu'une partie est le bailleur de fonds par excellence et l'autre le receveur éternel des ressources", a affirmé le Premier ministre éthiopien, Hailemariyam Desalegn, soulignant que "les jours de l'interférence politique paternaliste sont révolus".


Abadula Gemeda, Président de la Chambre des représentants en Éthiopie, a déclaré que la coopération UE-ACP doit s'attaquer au changement climatique, à l'agriculture, au terrorisme, à la traite des êtres humains et à la crise économique.


République démocratique du Congo (RDC)


Il est "plus que jamais indispensable de mettre enfin en œuvre l’accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région des grands lacs, signé le 24 février 2013", a déclaré Patrice Tirolien. "Cet accord reste la meilleure base de travail pour relancer les efforts (...) en faveur d’une solution durable à la crise dans l’est de la République démocratique du Congo," a-t-il ajouté.


Mutilations génitales féminines

 

Mme Laboso a souligné qu'il était nécessaire "d'agir immédiatement en prenant des mesures légales, politiques et sociales afin de mettre un terme" à la pratique des mutilations génitales féminines, qui représentent "une grave violation des droits de l'homme et qui touchent près de 120 millions de filles dans le monde. L'indifférence sociale dans de nombreux pays constitue l'un des principaux défis, a-t-elle affirmé, soulignant que "nous ne pouvons pas attendre simplement que cette pratique évolue naturellement avec le temps".


26e Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE


L'Assemblée parlementaire paritaire (APP) ACP-UE rassemble des représentants élus de l'Union européenne et des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), à savoir des députés européens et des parlementaires des 78 États à avoir signé l'accord de Cotonou, qui est la base de la coopération au développement ACP-UE.


L'Assemblée votera ce mercredi 27 novembre sur trois résolutions:


•           "Coopération Sud-Sud et coopération triangulaire: opportunités et défis pour les pays ACP", co-rapporteurs: Elvis Mutiri wa Bashara (RDC) et Jean-Jacob Bicep (Verts/ALE, FR);

•           "Respect de l'état de droit et rôle d'un système judiciaire indépendant et impartial", co-rapporteurs: Dharamkumar Seeraj (Guyane) et Filip Kaczmarek (PPE, PL); et

•           "Les conséquences sociales et environnementales du pastoralisme dans les pays ACP ", co-rapporteurs: Abdourahamane Chégou (Niger) et Fiona Hall (ADLE, UK).