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Les réactions des députés ont été mitigées face aux propositions d'objectifs à long terme de lutte contre le changement climatique, présentées par la Commission européenne. Lors d'un vote conjoint le 9 janvier, les députés des commissions de l'environnement et de l'industrie ont soutenu une réduction de 40% des émissions de CO2, un objectif de 30% pour les énergies renouvelables et de 40% pour l'efficacité énergétique pour la période allant jusque 2030. Ces objectifs devraient être obligatoires.

Les objectifs ne sont pas suffisants par rapport aux mesures nécessaires


Matthias Groote (S&D, DE), président de la commission de l'environnement, a déclaré: "Mis à part l'objectif de réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre, ces objectifs ne répondent pas aux mesures nécessaires et ne sont pas crédibles auprès de nos partenaires internationaux. Je regrette que la Commission se soit laissée hypnotiser par ceux qui prétendent que des objectifs climatiques et énergétiques ambitieux représentent un coût, et qu'elle n'ait pas proposé d'objectifs contraignants en termes d'efficacité énergétique. Nous pensons le contraire: nous devons prendre un engagement politique fort pour la réduction de nos émissions, pour les énergies renouvelables et pour l'efficacité énergétique, dans l'intérêt de notre industrie et de nos emplois".


Il est décevant que les bénéfices de l'efficacité énergétique n'aient pas encore été confirmés


Anne Delvaux (PPE, BE), co-rapporteur de la commission de l'environnement, a commenté: "La proposition de la Commission européenne est une base de travail acceptable mais doit être renforcée. Il est décevant que nous ne puissions pas encore confirmer les nombreux bénéfices de l'efficacité énergétique. L'efficacité énergétique à elle seule pourrait nous permettre de réduire nos factures d'énergie, notre dépendance envers les pays producteurs de pétrole et de gaz, et notre balance commerciale énergétique. Elle nous permettrait de créer des milliers d'emplois en Europe, sans parler de la protection de notre environnement et de notre climat".


Du pragmatisme pour les perspectives à long terme


Amalia Sartori (PPE, IT), présidente de la commission de l'industrie et de l'énergie, a affirmé: "L'UE a été toujours été très ambitieuse dans ses politiques et nous devons être sûrs de pouvoir diriger les conséquences de nos choix. Nous devons être pragmatiques lorsque nous établissons les perspectives à long terme: les implications que les objectifs en matière d'énergie et de climat pourraient avoir sont énormes pour les entreprises, les citoyens et la communauté dans son ensemble".


Augmenter l'objectif de réduction des émissions de CO2 à 40% est "à tout le moins prématuré"


Konrad Szymański (ECR, PL), co-rapporteur de la commission de l'industrie et de l'énergie, a expliqué: "La Commission européenne n'a rien compris à l'impact et l'influence actuels de la politique climatique sur l'économie de l'UE. Accroître l'objectif contraignant pour les énergies renouvelables à 27% ne prend pas en compte l'impact du prix de l'électricité de cette politique. Augmenter l'objectif de réduction de CO2 à 40% est à tout le moins prématuré".


Contexte


Le cadre de 2030 repose sur le paquet d'objectifs existant en matière d'énergie et de climat pour 2020 ainsi que sur les feuilles de route de la Commission pour 2050 en ce qui concerne l'énergie et économie compétitive pauvre en carbone. La communication de la Commission européenne sur le cadre politique de 2030 suit son livre vert de mars 2013. Ce dernier a lancé une large consultation publique sur les objectifs climatiques et énergétiques les plus appropriés pour 2030 et sur leur structure.


Prochaines étapes


La résolution non législative sera mise aux voix lors de la session plénière des 3-6 février à Strasbourg.