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La "Troika" (Commission, BCE, FMI) a aidé quatre pays pendant la crise et a permis d'éviter que celle-ci ne s'aggrave. Mais des faiblesses dans sa structure et ses méthodes de travail n'ont pas favorisé une adhésion au niveau national et ont mis à mal la transparence et la responsabilisation, indique un rapport d'enquête du Parlement. Dans une deuxième résolution, les députés soulignent les impacts négatifs du travail de la Troïka sur l'emploi et demandent une révision des mesures.

Les deux résolutions ont été adoptées ce jeudi. Le texte de la commission des affaires économiques et monétaires sur le rôle et les activités de la Troïka, rédigé par Othmar Karas (PPE, AT) et Liem Hoang-Ngoc (S&D, FR), a été adopté par 448 voix pour, 140 contre et 27 abstentions. La résolution de la commission de l'emploi et des affaires sociales a été adoptée par 408 voix pour, 135 contre et 63 abstentions.


Eviter un défaut incontrôlé de la dette souveraine

 

Dans ce texte, les députés reconnaissent que la Troïka a permis d’éviter un défaut de paiement à court terme et que ses défis étaient “immenses”. Ils regrettent toutefois que les institutions européennes soient le bouc émissaire des effets négatifs des réformes car ce sont les ministres des finances qui doivent endosser la responsabilité de telles mesures.


Un système avec des faiblesses


Le rapport d'enquête donne une image accablante de l'organisation de la Troïka. "Les trois institutions de la Troïka disposaient d'une distribution des responsabilités inégales entre elles, avec différents mandats, structures et modes de négociation et de prise de décisions ainsi que différents niveaux de responsabilité, avec pour conséquence un manque de contrôle démocratique approprié", souligne le texte. Les parlements nationaux ont souvent été mis de côté dans le processus, ajoute le texte.


La Troïka est également critiquée pour son approche unique dont elle a refusé de se détacher.


Les ministres de finances de l'UE, en particulier de l'Eurogroupe, sont accusés de ne pas avoir donné d'indicateurs politiques clairs et cohérents et de ne pas avoir pris leur part de responsabilité en tant que décideurs finaux.


Manque d'analyse d'impact


Les conditions imposées en échange de l'aide financière ont mis en danger les objectifs sociaux, notamment compte tenu du peu de temps pour mettre en oeuvre les mesures et du manque d'analyse d'impact approprié sur les différents groupes sociaux, souligne la résolution de la commission de l'emploi.


Le chômage a augmenté, en particulier parmi les jeunes - ce qui a conduit à leur émigration - et de nombreuses PME ont disparu. Le niveau de pauvreté a augmenté, notamment parmi la classe moyenne.


Recommandations


Les députés recommandent des règles claires, transparentes et contraignantes sur l'interaction entre les institutions de la Troïka et la répartition des tâches entre elles. Une stratégie de communication améliorée est une "priorité absolue", souligne le texte de la commission des affaires économiques et monétaires.


Les programmes d'ajustement doivent être accompagnés d'une "plan B" si les hypothèses de départ s'avèrent fausses. Les dimensions sociales et l'emploi devront mieux être reflétés dans ces programmes et chaque pays sous assistance financière devrait bénéficier d'une "taskforce sur la croissance". Enfin, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour garantir la responsabilité démocratique et une adhésion au niveau national.


A moyen terme, une réorientation radicale de la Troïka esr nécessaire, avec une implication du FMI "optionelle", une rôle d'observateur de la BCE et une reprise des fonctions de la Commission par un "Fonds monétaire européen".


Des plans de retour à l'emploi nécessaires


Les députés demandent également d'accorder une attention identique aux déséquilibres sociaux qu'aux déséquilibres macroéconomiques, dans la deuxième résolution. Les députés appellent à un plan de retour à l’emploi, tenant compte de la nécessité de créer des conditions favorables pour les PME, et une aide de l’UE pour rétablir les normes de protection sociale. La Commission, la BCE et l'Eurogroupe doivent réviser les mesures en place le plus tôt possible, ajoutent les députés.


 Procédure: résolutions non législatives