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"L’Afrique est en mesure non seulement de transformer la vie d’un milliard de citoyens, mais aussi d’améliorer la vie de millions de personnes du monde entier!", a déclaré Louis Michel (ADLE, BE), co-président de l'Assemblée parlementaire paritaire (APP) ACP-UE à l'ouverture de sa 28e session à Strasbourg.

L'Afrique, perçue par le passé comme le "continent oublié", apparait aujourd'hui comme "LE continent d'avenir", selon M. Michel. Il a rappelé les atouts qui ont rendu possible une "Renaissance africaine": l'immensité des terres arables, la richesse des matières premières, le rayonnement culturel et la jeunesse de sa population. Le "décollage économique du continent", avec un taux de croissance économique moyen de 5% et une croissance démographique de 2,5% par an, "est devenu indissociable de la mondialisation".


Il reste cependant beaucoup à faire pour que ces atouts puissent réellement jouer en faveur de l'Afrique. La croissance devrait être "durable et inclusive", a rappelé Louis Michel qui a aussi cité parmi les défis essentiels le climat des affaires, le système fiscal et l'exploitation des matières premières.


Selon le co-président de l'APP, Fitz A. Jackson (Jamaïque), "lorsque nous parlons de croissance économique, nous devrions également envisager le rôle crucial que joue le secteur privé pour faciliter la croissance économique et réduire la pauvreté, les inégalités et les disparités salariales dans les pays ACP".


Pas de développement sans sécurité


La situation dans le Sahel, au Darfour, en Somalie et dans la Corne de l'Afrique, en RDC, au Mali, au Nigeria (où opère le groupe terroriste islamiste Boko Haram), au Niger, et enfin l'apparition de l'"État Islamique" sont autant de menaces pour la paix et la stabilité. Selon Louis Michel, pour empêcher le développement en Afrique d'une "zone de non droit pour les trafiquants du monde entier", il faut donner "aux autorités africaines les moyens de mener une politique antiterroriste efficace et durable".


Fitz A. Jackson a rappelé que le terrorisme présentait différentes facettes et a souligné "sa nature transfrontalière et son internationalisation en cours".


En finir avec l’impunité


De même que le terrorisme, "les guerres, les massacres, les violences ethniques, ne connaissent pas de frontières", a rappelé Louis Michel. "La réconciliation (...) est toujours douloureuse mais c'est le chemin incontournable pour retrouver la paix et l'harmonie qui forgent le ciment d'un peuple", a-t-il poursuivi. Il a salué le rôle de la Cour pénale internationale "dans ce double processus de justice et de réconciliation".


Par ailleurs, Fitz A. Jackson a fait part de ses craintes concernant la sécurité des citoyens dans certains pays sortant d'un conflit, où les tensions entre les anciens protagonistes persistent. "Cela pourrait être dû à l'absence ou à la faiblesse des structures démocratiques, aux pratiques culturelles et à la lutte qui a découlé pour la démocratisation, la bonne gouvernance et la réforme des systèmes politiques", a-t-il affirmé. Il a appelé ses homologues européens à veiller à la transparence absolue dans la vente d'armes à partir de leur pays (...), une vente qui pourrait en réalité perpétuer les conflits et le terrorisme en Afrique et dans d'autres pays".


Ebola: une épidémie sans précédent


L'épidémie d'Ebola "est devenue la pire épidémie de la maladie connue à ce jour, non seulement en Afrique mais partout ailleurs dans le monde", a affirmé M. Michel. "L'épidémie d'Ebola reste un problème international auquel il faut trouver une réponse durable basée sur notre sens de l'humanité et sur l'empathie", a déclaré le co-président de l'APP, Fitz A. Jackson.


M. Michel a salué les efforts de l'UE et des États-Unis en vue de fournir aux autorités des pays touchés des ressources financières et techniques dans leur lutte contre la maladie.


"Il s'agit là d'un geste de solidarité humaine, à une époque où nous en avons le plus besoin. Mais je continue de penser que la communauté internationale peut agir davantage", a fait savoir M. Jackson. Il a également attiré l'attention de l'Assemblée sur les conséquences sociales et économiques durables de l'épidémie.


À cet égard, il a soutenu "l'appel lancé par les États-Unis pour que le Fonds monétaire international annule les dettes de plusieurs pays gravement touchés" et a invité "d'autres créanciers multilatéraux et bilatéraux à répondre favorablement à cet appel".


28e Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE

 

L'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE (APP) rassemble des représentants élus de l'Union européenne et des pays ACP, soit des députés européens et des parlementaires des 78 États à avoir signé l'accord de Cotonou, qui est la base de la coopération au développement ACP-UE.


Mercredi 3 décembre, l'Assemblée se prononcera sur trois résolutions:

  • les conséquences sociales et économiques de la malnutrition dans les pays ACP (débat mardi, vote mercredi, co-rapporteurs: Alban Bagbin, ACP, et Norbert Neuser, UE);
  • la stratégie de développement du secteur privé, notamment par l'innovation, pour le développement durable (débat mardi, vote mercredi, co-rapporteurs: Arnaldo Andrade Ramos, ACP, et Bogdan Brunon Wenta, UE); et
  • le défi de la réconciliation nationale dans les pays sortant d'un conflit ou d'une crise (débat et vote mercredi, co-rapporteurs: Komi Selom Klassou, ACP, et Joachim Zeller, UE).

 

Deux sujets urgents seront débattus et conclus par des résolutions:

  • l'épidémie d'Ebola (débat lundi, vote mercredi); et
  • l'expansion du terrorisme en Afrique (débat et vote mercredi).



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