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L'UE devrait multiplier ses efforts pour aider le secteur de la sidérurgie à sortir de la crise, affirment les députés. Ils demandent à la Commission de veiller à ce que les accords commerciaux améliorent les conditions d'exportation de l'acier et à ce que les règles de concurrence et d'aides publiques de l'UE n'entraînent pas d'inégalités entre États membres. Ils appellent aussi à des investissements dans l'éducation et la formation des travailleurs ainsi que dans la recherche de l'acier.


Dans une résolution non-contraignante adoptée ce mercredi, les députés demandent à la Commission de fournir des informations précises sur l'équilibre entre l'offre et la demande d'acier au niveau européen et mondial et sur les défis sociaux, économiques et environnementaux, afin de proposer des actions à moyen et long termes pour aider cette filière en Europe.


Contrôle des dispositions européennes actuelles


Le Parlement demande à la Commission de s'assurer que l'application des règles européennes de concurrence et des aides d'État n'a pas débouché sur des solutions inéquitables sur le marché européen de la sidérurgie, et invite la Commission, si tel était le cas, à présenter des mesures correctives. Par ailleurs, le texte appelle à des mesures visant à éviter que les États membres ne se retrouvent en conflit lorsqu'une entreprise sidérurgique importante annonce des restructurations.


Des accords commerciaux sur mesure pour accroître les possibilités d'exportation


Les députés souhaitent que les futurs accords commerciaux prévoient des dispositions qui améliorent de manière significative les débouchés à l'exportation et l'accès au marché pour l'acier et les produits sidérurgiques européens. Ils soulignent que, pour être loyal, le commerce des produits sidérurgiques passe obligatoirement par le respect des droits fondamentaux des travailleurs et des normes environnementales. Ils mettent, par ailleurs, l'accent sur l'urgence de moderniser les instruments de défense commerciale de l'Union.


Droits d'émission de carbone


Les députés demandent à la Commission d'examiner la faisabilité d'une compensation des prix du carbone aux frontières (paiement des quotas SEEQC pour les produits sidérurgiques venant de pays tiers) pour mettre tous les acteurs sur le même pied en termes d'émission de CO2. Ils proposent que le produit de la vente, par les entreprises, des quotas gratuits qui leur ont été alloués soit réinvesti intégralement dans l'économie à faible émission de carbone (équipement, technologies, recherche et développement, formation du personnel).


Investir dans les projets, la formation et la recherche liés à la sidérurgie


Le Parlement invite instamment la Commission à envisager de consacrer une partie de son plan d'investissement à des projets d'infrastructure viables à long terme, ainsi qu'à l'innovation dans le cadre de macro-projets industriels. De plus, les députés proposent que la Banque européenne d'investissement et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ainsi que plusieurs programmes européens puissent être utilisés pour investir dans des projets, dans la formation et dans la recherche liés à la sidérurgie.


La résolution a été adoptée par 466 voix pour, 133 voix contre et 100 abstentions.


Contexte

 

Depuis 2007, le secteur sidérurgique européen a supprimé 60 000 emplois en raison de la fermeture d'usines, et sa production a baissé d'un cinquième. La chute de la demande et une concurrence mondiale accrue en sont les deux causes principales. Aujourd'hui, l'industrie sidérurgique emploie plus de 350 000 personnes de manière directe et des millions de travailleurs dans des secteurs qui y sont liés, notamment le recyclage.