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La Russie doit reconnaître son implication directe dans le conflit en Ukraine et la loi internationale doit être rétablie, ont affirmé les députés de la commission des affaires étrangères à Alexey Pushkov, président de la commission des affaires internationales de la Douma d'État, lundi soir. Pendant le débat, ils ont aussi demandé à M. Pushkov pourquoi son pays ne respectait pas ses obligations au titre du protocole de Minsk de septembre.

"Pour le Parlement européen, les relations avec la Russie ont toujours été importantes", a déclaré Elmar Brok (PPE, DE), président de la commission des affaires étrangères, ajoutant que la paix est nécessaire en Europe. "Nous ne voulons pas revenir à la situation du siècle dernier avec des guerres à répétition [...], nous ne voulons pas revenir aux ravages du passé [...]. Cependant, les mauvaises interprétations que nous aurions pu faire ne justifient pas d'attaquer la souveraineté d'un pays", a-t-il souligné.


Conflit de faible intensité vs "problème considérable pour la sécurité européenne"


"Cette guerre peut se poursuivre pendant longtemps à un faible niveau d'intensité" mais elle peut également "s'étendre et commencer à représenter un problème considérable pour la sécurité européenne", a déclaré M. Pushkov aux députés, en faisant référence à la possibilité que les États-Unis fournissent des armes à l'Ukraine. "Il n'y a pas de solution militaire à la guerre", a-t-il affirmé, saluant le plan présenté par la Chancelière allemande, Mme Merkel, et le Président français, M. Hollande.


Le statut de Donbas est crucial


Dans le cadre de la solution politique, "le statut des territoires [de l'est de l'Ukraine] est crucial", a fait remarquer M. Pushkov. "Cette zone devra avoir un statut spécial" et l'Ukraine "ne peut pas rester un État unitaire", a-t-il déclaré. "Donbas doit continuer à faire partie de l'Ukraine" mais les citoyens de cette région "doivent recevoir des garanties de sécurité", a-t-il expliqué aux députés. Il a proposé que l'UE et ses États membres garantissent un cessez-le-feu de la part du gouvernement ukrainien et que la Russie puisse "exercer son influence" sur les "insurgés".


Respect du droit international


Pendant le débat, beaucoup de députés ont mentionné les responsabilités de la Russie afin de mettre un terme à la violence en Ukraine. Ils ont été nombreux à critiquer le non-respect de l'accord de Minsk et à douter qu'un nouvel accord puisse être très différent du texte du protocole de septembre. Par ailleurs, les parlementaires se sont demandé s'il existait de quelconques arrangements entre la Russie et les séparatistes en termes de livraisons d'armes. Ils ont critiqué la Russie pour ne pas respecter ses engagements au titre du mémorandum de Budapest sur les garanties de sécurité à l'Ukraine, l'acte final d'Helsinki ainsi que d'autres traités internationaux.


Certains députés ont souligné le refus de la Russie de garantir l'accès à son territoire à des membres du Parlement européen, alors qu'une minorité de parlementaires ont abordé ce qu'ils considèrent comme une intervention américaine en Ukraine et son influence sur les politiques européennes à l'égard de la Russie.


"La Russie doit accepter sa part de responsabilité dans le conflit", a déclaré M. Brok, ajoutant qu'"une annexion a eu lieu, des soldats et des armes russes sont présents en Ukraine". "Pour maintenir la paix en Europe, nous devons garantir que le droit international soit respecté", a-t-il conclu.



Note aux éditeurs:

 

Les députés de la commission des affaires étrangères devraient s'entretenir avec Volodymyr Groysman, président de la Verkhovna Rada (parlement ukrainien), le 24 février à Bruxelles.

 

La plénière débattra de l'évolution de la situation en Ukraine avec la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Federica Mogherini , ce mardi 10 février dans l'après-midi.