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L'UE doit fournir davantage d'efforts pour inculquer aux enfants des habitudes alimentaires saines, selon la commission de l'agriculture ©BELGA_MASTERFILE_Norbert Kramer 

L'UE et ses États membres doivent intensifier leurs efforts et accroître les financements afin de promouvoir des habitudes alimentaires saines et la consommation de produits alimentaires locaux chez les enfants. C'est ce qu'a affirmé la commission de l'agriculture ce mardi en modifiant le projet législatif européen sur les programmes en faveur de la consommation de fruits, de légumes et de lait à l'école.

"Un régime sain et équilibré constitue la base d'une bonne santé. Cependant, force est de constater que la consommation de fruits, de légumes et de lait diminue partout en Europe, entraînant de nombreuses conséquences négatives pour les citoyens. Le but des nouvelles dispositions est d'agir davantage dans nos écoles - non seulement pour fournir à nos enfants des produits alimentaires sains mais aussi pour leur inculquer des habitudes alimentaires plus saines", a déclaré Marc Tarabella (S&D, BE), qui a rédigé la résolution de la commission de l'agriculture.


Les amendements de la commission parlementaire à la législation ont été adoptés par 32 voix pour, 6 voix contre et 7 abstentions.


Une attention accrue sur l'éducation, davantage de produits éligibles et un financement plus équitable


La commission de l'agriculture a adopté le projet visant à fusionner les deux programmes, distincts à l'heure actuelle - l'un en faveur de la consommation de lait dans les écoles et l'autre en faveur des fruits - et à accroître les mesures éducatives déjà incluses dans le programme sur les fruits afin de couvrir également le lait.


La commission parlementaire s'est également prononcée en faveur des éléments suivants:


  • élargir la liste des produits alimentaires qui pourraient prétendre à un financement européen, afin d'inclure notamment les produits laitiers locaux qui ont des effets positifs prouvés sur la santé des enfants, par exemple les yaourts, fromages et caillebotte (à condition qu'ils ne soient pas aromatisés et qu'ils ne contiennent pas de fruits, noix ou cacao ajoutés);

  • les États membres devraient allouer 10 à 20% des fonds européens à des activités éducatives conçues, par exemple, pour encourager des habitudes alimentaires saines et la production durable, avec notamment des visites dans des fermes et la distribution occasionnelle de spécialités locales telles que les fruits ou légumes transformés (à moins qu'ils ne contiennent du sucre, des matières grasses, du sel ou de l'édulcorant ajoutés), le miel, les olives ou les fruits séchés;

  • prévoir 20 millions d'euros supplémentaires par an pour les mesures concernant le lait - le financement annuel en faveur du lait et des produits laitiers devrait donc atteindre 100 millions d'euros et celui pour les fruits, les légumes 150 millions; et

  • une attribution plus équitable des fonds européens entre États membres, en fixant deux critères principaux pour l'ensemble du programme (la proportion des enfants de six à dix ans au sein de la population et le degré de développement de la région dans chaque État membre). Pour le lait, l'utilisation historique des fonds du programme en faveur de la consommation de lait serait également prise en considération mais seulement pendant les six premières années, et serait équilibrée par un nouveau montant annuel minimum d'aide européenne par enfant.

Prochaines étapes


L'ensemble des amendements au projet législatif tel qu'adopté en commission de l'agriculture devrait être examiné par le Parlement dans son ensemble lors de la session plénière du 27 mai à Bruxelles.


Informations générales


Le programme en faveur de la consommation de lait à l'école, qui se concentre principalement sur la distribution de lait et de produits laitiers, a été créé en 1977 alors que le programme en faveur de la consommation de fruits à l'école a été introduit en 2007 et comprend une dimension éducative. Les deux programmes ont été mis sur pied afin d'encourager la consommation de fruits, de légumes, de lait et de produits laitiers. Jusqu'à présent, ils opéraient selon des dispositions juridiques et financières différentes. Les 28 États membres participent au programme en faveur de la consommation de lait à l'école alors que le programme en faveur de la consommation de fruits est appliqué dans 25 États membres (tous sauf le Royaume-Uni, la Finlande et la Suède).


La consommation de fruits, de légumes et de lait continue de chuter en Europe. Plus de 20 millions d'enfants sont en surpoids et les adolescents consomment en moyenne 30 à 50% seulement de l'apport journalier recommandé en fruits et légumes.

"Nous devons agir davantage dans nos écoles - non seulement pour fournir à nos enfants des produits alimentaires sains mais aussi pour leur inculquer des habitudes alimentaires plus saines"

Marc Tarabella (S&D, BE), rapporteur 
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Statistiques 
  • Les adolescents consomment 30 à 50% seulement de l'apport journalier recommandé en fruits et légumes