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Revenir à une situation normale avec la Russie étant désormais hors de question, l'UE devrait allouer des fonds pour contrer la propagande et l'infiltration russes dans ses politiques et soutenir les mouvements indépendants en Russie, selon la commission des affaires étrangères. Les pays de l'UE devraient s'abstenir de conclure des accords bilatéraux avec la Russie et renforcer leurs efforts collectifs pour résister au pays, tout en visant à long terme un retour à la coopération avec la Russie.

En annexant illégalement la Crimée, en menant un conflit armé contre l'Ukraine, en imposant des embargos commerciaux illégaux et en concluant des traités avec des régions séparatistes, la Russie "a profondément porté préjudice à ses relations avec l'Union" et ne peut plus être considérée comme un "partenaire stratégique". L'Union européenne doit réévaluer ses relations avec la Russie et établir un "plan d'intervention d'urgence non coercitif" afin de contrer "la politique d'agression et de division que mène la Russie", affirme la commission des affaires étrangères dans une résolution adoptée par 53 voix pour, 10 voix contre et 3 abstentions.


La Russie se positionne ouvertement contre la communauté internationale démocratique et son ordre fondé sur le droit. Elle cherche à redessiner par la force les frontières en Europe, expliquent les députés. Ils appellent la Commission européenne et les États membres à octroyer des fonds pour des projets "non coercitifs" spécifiques visant à résister à la Russie.


Des fonds pour lutter contre la désinformation


La Commission devrait allouer, sans plus tarder, des fonds à des projets spécifiques pour contrer la propagande et la désinformation russe dans l'UE et à l'étranger, fournir des informations objectives aux opinions publiques dans les pays partenaires orientaux de l'UE, développer des alternatives en langue russe aux médias contrôlés par l'État russe, et apporter des informations crédibles et indépendantes à l'audience russophone.


Les députés européens demandent également à la Commission de programmer une "aide financière plus ambitieuse pour la société civile russe", et de continuer à soutenir les défenseurs russes des droits de l'homme, les blogueurs, les médias indépendants, les universitaires et les ONG. Ils sont inquiets face à la détérioration des droits de l'homme et des libertés fondamentales en Russie, y compris la répression des ONG et la restriction des droits des lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexuées (LGTBI).


Surveiller les interférences


Les parlementaires proposent que la Commission et les États membres établissent un mécanisme pour surveiller l'aide financière, politique ou technique de la Russie aux partis politiques et autres organisations dans l'UE, évaluant son influence sur la vie politique et l'opinion publique au sein de l'Union et sur ses États voisins de l'Est.


Relier les réseaux énergétiques


Les États membres de l'UE devraient préserver la solidarité et s'abstenir de relations et d'accords bilatéraux avec la Russie, estiment les députés. En particulier, ils appellent les États membres et les pays candidats à suspendre leur coopération avec la Russie dans le secteur de la défense et à renforcer plutôt la politique étrangère et de sécurité commune européenne.


Pour réduire la dépendance énergétique envers la Russie, ils demandent aux États membres d'interconnecter leurs réseaux énergétiques et de mettre en œuvre la législation énergétique de l'UE afin de créer rapidement une véritable Union européenne de l'énergie. Ils soulignent qu'il s'agit d'un moyen de lutter contre l'utilisation par la Russie de l'énergie "comme moyen de pression politique et diplomatique".


Objectif final: renouveler le partenariat


Toutefois, les députés rappellent que la résolution du conflit dans l'Est de l'Ukraine peut "seulement être de nature politique". Ils estiment que "à long terme" une relation constructive UE-Russie est "possible et souhaitable", compte tenu des liens politiques et commerciaux, de ceux relatifs aux transports, à l'énergie et aux peuples, et des "défis communs sur la scène mondiale", tels que la lutte contre le terrorisme.


L'UE doit être prête à reprendre la coopération avec Moscou dès qu'elle respectera l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine, y compris la Crimée, après qu'elle ait pleinement mis en en œuvre les accords de cessez-le-feu de Minsk et qu'elle ait mis fin aux "activités militaires et de sécurité déstabilisantes aux frontières de l'UE", estiment les députés.