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Sur le marché depuis 1974, le glyphosate est l'un des herbicides les plus utilisés - ©AP Images/European Union - EP 

Étant donné les inquiétudes qui subsistent sur le caractère cancérigène et de perturbateur endocrinien du glyphosate, un herbicide utilisé couramment dans l'agriculture et le jardinage, la Commission devrait renouveler son autorisation sur le marché pour une période de sept ans uniquement, au lieu des quinze proposés, et seulement à des fins professionnelles. C'est ce qu'a affirmé le Parlement dans une résolution non contraignante votée en plénière mercredi.

 

Les députés demandent une étude indépendante et la publication de toutes les preuves scientifiques utilisées par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour évaluer le glyphosate.


La Commission européenne devrait renouveler l'approbation de l'herbicide glyphosate sur le marché de l'UE seulement pour sept années supplémentaires, contre les quinze proposées à l'origine, selon la résolution non contraignante adoptée ce mercredi en plénière par 374 voix pour, 225 voix contre et 102 abstentions.


De plus, la Commission ne devrait pas autoriser les usages non professionnels de la substance.


Elle devrait par ailleurs réévaluer son approbation au vu de la classification en cours du glyphosate par l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA), dans le cadre d'une législation distincte, ajoutent les députés.


La résolution invite l'exécutif européen à présenter un nouveau projet qui soit plus attentif à l'utilisation durable d'herbicides contenant du glyphosate et à lancer une étude indépendante de la toxicité globale et de la classification du glyphosate sur base de toutes les données scientifiques disponibles quant à sa cancérogénicité et à ses éventuels effets perturbateurs du système endocrinien.


Publier les preuves scientifiques


Les députés souhaitent que la Commission européenne et l'Autorité européenne de sécurité des aliments divulguent "sans délai toutes les données scientifiques qui ont servi à motiver la classification positive du glyphosate et le renouvellement de son approbation, car cette divulgation répond à un intérêt public supérieur".


La pratique du "green burndown" inacceptable


Les députés condamnent l'utilisation inacceptable du glyphosate dans une pratique agricole connue sous le nom de "green burndown", c'est-à-dire l'action de tuer la plante cultivée préalablement à la récolte afin d'accélérer la maturation et de faciliter la récolte. Cette pratique entraîne notamment une exposition accrue pour l'homme.


Le glyphosate ne devrait pas être approuvé dans les parcs publics, les plaines de jeux et les jardins publics, ou à proximité de ceux-ci, précisent les députés.


Prochaines étapes


Les experts nationaux qui siègent au comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux (section produits phytopharmaceutiques) se prononceront en mai pour adopter ou rejeter la proposition de la Commission européenne à une majorité qualifiée. Si une telle majorité n'est pas atteinte, la décision reviendra à la Commission européenne.


Note aux rédacteurs

 

Le glyphosate est une substance active largement utilisée dans les herbicides. La molécule a été brevetée au début des années 1970 et introduite sur le marché des consommateurs en 1974 comme herbicide à large spectre. Elle est rapidement devenue le numéro 1 des ventes. Depuis l'expiration du brevet en l'an 2000, le glyphosate a été commercialisé par diverses entreprises et plusieurs centaines de produits de protection des plantes contenant du glyphosate sont actuellement enregistrés en Europe pour une utilisation sur les cultures.



Procédure: résolution non législative