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Les projets sous l’égide de la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique (NASAN), une initiative du G8 soutenue par l’UE pour développer l’agriculture en partenariat avec les entreprises locales, doivent intégrer des mesures de protection de l’Environnement et des garanties contre l’accaparement des terres, ont déclaré les députés dans une résolution adoptée ce mardi. Ils appellent également l’UE à s’attaquer aux problèmes de transparence et de gouvernance.

Les députés ont souligné que certains aspects de la NASAN pourraient représenter une menace pour les droits des agriculteurs et pour l’environnement. Afin de mieux cibler les objectifs de développement, l’UE doit remédier à certaines insuffisances, parmi lesquelles la transparence et la gouvernance, soulignent-ils.


"Le soutien aux exploitations familiales et aux petits producteurs est le meilleur moyen de combattre la faim dans de nombreuses régions d’Afrique. Cependant, la maigre aide au développement de l’UE va à la Nouvelle alliance, qui sape la production alimentaire durable, locale et à taille humaine. De récentes études ont révélé des cas d’accaparement des terres par des compagnies privées, cofinancées indirectement par l’UE. Si la Nouvelle alliance ne remédie pas aux problèmes graves que nous observons, l’UE devra retirer son soutien à cette initiative" a déclaré la rapporteure Maria Heubuch (Verts/ALE, DE) avant le vote.

Stopper l’accaparement des terres


Les députés notent que les exploitations familiales et les petits producteurs ont été en grande partie exclus des négociations, et appellent les entreprises à établir des mécanismes d’appel ainsi qu’à publier des rapports annuels. Afin de protéger les droits fonciers des agriculteurs et empêcher l’accaparement des terres, ils demandent que tous les investissements soient soumis au préalable à une analyse d’impact.


Restreindre l’usage des pesticides

Le texte met en garde contre une répétition en Afrique des erreurs de la “révolution verte” d’Asie dans les années 1960, par l’ignorance des impacts sociaux et environnementaux de l’agriculture industrielle. Au vu de ces conséquences, la NASAN devrait restreindre l’usage de fertilisants chimiques et de pesticides. L’irrigation extensive de certaines zones risque en outre de réduire la disponibilité de l’eau pour les petits exploitants.


Le droit aux semences

Les députés soulignent que les politiques d’investissement dans l’agriculture doivent permettre de développer l’économie locale. Ainsi, les gouvernements d’Afrique devraient investir dans les systèmes de production locaux pour soutenir l’économie rurale, des emplois de qualité et les droits sociaux. Ils soulignent également le besoin de soutenir le droit des agriculteurs à produire, échanger et vendre des semences librement, une activité sur laquelle reposent 90% des moyens de subsistance des agriculteurs en Afrique. Il est en outre vital de développer la résilience au changement climatique.


Le rapport a été adopté par 577 voix contre 24 et 69 abstentions.


Contexte

Lancée en 2012, la NASAN vise à developer le soutien financier des pays donateurs et aider les grandes entreprises à investir dans l’agriculture africaine. En retour, il est attendu des dix états africains participants de modifier leur législation sur les terres, les semences et les investissements étrangers.

Une personne sur quatre en Afrique subsaharienne – region la plus exposée à la faim – souffre de malnutrition. Celle-ci est à l’origine de près de la moitié (45%) des décès d’enfants de moins de cinq ans. Dans le monde, les exploitations familiales et les petits exploitants produisent environ 80% de la nourriture, et représente plus de 60% des emplois en Afrique subsaharienne.

Procédure: résolution non législative


Si la Nouvelle alliance ne remédie pas aux problèmes graves que nous observons, l’UE devra retirer son soutien à cette initiative

Rapporteure Maria Heubuch, (Verts/ALE, DE). 
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