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Les cages en batterie devraient être progressivement remplacées par des alternatives plus saines, déclarent les députés. AP Images/European Union-EP 

Les États membres devraient encourager les éleveurs de lapins à éliminer progressivement les cages en batterie et à les remplacer par des solutions alternatives plus saines, affirme la commission de l’agriculture dans une résolution votée mercredi. Les députés font valoir qu’améliorer les conditions de vie et de bien-être des lapins permettrait de mieux prévenir les maladies, et donc de réduire l’usage intensif d’antibiotiques qui pourraient se retrouver dans la chaîne alimentaire humaine.

“Le seul fait qu’après tant d’années nous parlions enfin des normes minimales pour la protection des lapins est un succès en soi. Aujourd’hui, nous avons fait des progrès dans la bonne direction, mais idéalement nous avons besoin de règles européennes contraignantes. La lutte pour une législation européenne dédiée aux lapins va se poursuivre”, a déclaré le rapporteur Stefan Eck (GUE/NGL, DE). Le projet de résolution non-législative a été adopté par 29 voix pour, 7 contre et 9 abstentions.


Un amendement appelant à une législation de l’Union européenne sur des normes minimales pour la protection des lapins d’élevage a été rejeté par seulement un vote (21 voix pour, 22 contre et 2 abstentions).


Plus de bien-être pour les animaux, moins de risques pour le consommateur final

 

La santé publique va de pair avec la santé animale, qui dépend entre autres des conditions de logement, ainsi que des bonnes conditions de gestion et d’élevage, explique le texte.


Afin de s’assurer que les élevages de lapins sont mieux gérés et mieux contrôlés, les députés incitent tous les États membres de l’UE à progressivement remplacer les cages en batterie par des alternatives (parcs, enclos...) qui permettraient une meilleure prévention des maladies et des contrôles ciblés. Cela permettrait aussi de limiter le recours massif aux antibiotiques dans l’agriculture intensive, ce qui bénéficierait ainsi également au consommateur final.


Trouver le meilleur système, et le plus abordable

 

La Commission européenne et les États membres devraient inciter à rechercher la meilleure solution en termes de système de logement afin d’améliorer le bien-être des différents types de lapins, déclarent les députés. Mais ils tiennent également à ce que soit trouvé un équilibre entre le bien-être animal, la situation financière des agriculteurs et l’accessibilité de la viande de lapin pour les consommateurs, ajoutant que la durabilité des élevages de lapin doit être assurée.


La Commission devrait proposer des lignes directrices et des recommandations à l’échelle de l’Union sur la santé, le bien-être et les logements des lapins d’élevage, affirment les députés. Ces derniers appellent également la Commission et les États membres à faire en sorte que la viande de lapin importée de pays tiers respecte les mêmes critères en termes de sécurité alimentaire et de bien-être animal que la viande produite au sein de l’UE.


Compenser la hausse des coûts pour les éleveurs

 

Afin de compenser les coûts plus élevés induits par des systèmes d’élevage alternatifs, la Commission devrait soutenir davantage le secteur et promouvoir la consommation de viande de lapin, déclarent les députés. Ces derniers insistent sur la nécessité de mettre en place un soutien spécifique pour les éleveurs afin d’amortir toute nouvelle mesure obligatoire et d’utiliser les fonds européens du volet développement rural pour soutenir les agriculteurs qui choisissent des alternatives favorables au bien-être animal.


Prochaines étapes

 

Le texte de la commission doit encore être examiné et approuvé par le Parlement dans son ensemble, probablement lors de la session plénière du 13 au 16 mars à Strasbourg.


Contexte

 

La plupart des lapins élevés dans l’Union européenne le sont généralement dans des cages non enrichies, indique la résolution. Les systèmes de logement des lapins d’élevage se sont améliorés au fil du temps et des alternatives aux cages, comme les parcs ou les enclos, ont été utilisées, mais ces systèmes doivent encore être améliorés et encouragés.

Même si plus de 340 millions de lapins sont élevés pour la production de viande chaque année dans l’UE, cela représente moins de 1% de la production animale totale de l’UE. La production chute de façon continue (de 3,9% en 2016 selon les prévisions), la demande des consommateurs étant en baisse.

L’UE est le premier producteur de lapins au monde, devant la Chine, qui est le principal exportateur mondial. Environ 99% des importations de viande de lapin au sein de l’UE proviennent de Chine.