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La coopération en matière de défense dans l’UE dépend actuellement plus de la volonté politique que de considérations juridiques, ont affirmé les commissions des affaires étrangères et constitutionnelles dans une résolution commune adoptée jeudi.

Les députés proposent de traiter l’Agence européenne de défense comme une institution européenne sui generis, financée par le budget de l’UE, et de créer un modèle de réunion de "ministres de la défense" au sein du Conseil des ministres de l’UE.

 

Au nom de la commission des affaires constitutionnelles, le co-rapporteur Esteban González Pons (PPE, ES) a déclaré: "Ce rapport ambitieux et stratégique arrive en temps opportun, au moment où parvenir à une défense commune est devenu une priorité. Le défi auquel est confrontée l’UE exige davantage de coopération et de solidarité en matière de sécurité et de défense, afin de promouvoir la paix et le progrès tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’UE".


Au nom de la commission des affaires étrangères, le co-rapporteur Michael Gahler (PPE, DE) a affirmé: "Dans le contexte des crises extérieures actuelles, le traité de Lisbonne nous offre un potentiel énorme pour améliorer notre politique de sécurité et de défense commune et pour mieux dépenser l’argent du contribuable. Nous devons de toute urgence relier les îlots de la coopération militaire et débuter la coopération structurée permanente. Nous devrions aussi commencer à financer par d’autres moyens que le budget de l’UE le budget opérationnel et le budget relatif au personnel de la PESCO et de l’Agence européenne de défense".


La résolution, adoptée par 48 voix pour, 21 voix contre et 1 abstention, souligne que le développement d’une politique de défense commune européenne dépend avant tout de la volonté politique des États membres, étant donné que le traité de Lisbonne prévoit déjà un cadre suffisant pour la mise en place d’une véritable politique commune de défense.


Renforcer le cadre institutionnel

 

Les députés souhaitent que l’Agence européenne de défense (AED) et la coopération structurée permanente (PESCO) soient traitées comme des institutions de l’Union sui generis, comme c’est le cas du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), et qu’elles soient financées par une section spécifique du budget de l’UE. Ils appellent au renforcement du soutien politique et des ressources de l’AED et encouragent les pays de l’UE à adhérer sans délai à la PESCO.


Par ailleurs, selon la résolution, le système de groupements tactiques de l’Union devrait être intégré à la PESCO, parallèlement à la création de quartiers généraux à l’échelle européenne. Cette mesure permettrait de renforcer la coopération entre civils et militaires et d’accroître la capacité de l'Union à réagir rapidement aux crises, précisent les députés.


Accroître les dépenses en matière de défense

 

Les députés estiment qu’il est essentiel d’accroître les dépenses nationales en matière de défense à 2% du PIB, insistant sur le fait que cela signifierait trouver 100 milliards d’euros supplémentaires pour la défense d’ici la fin de la prochaine décennie. Les fonds supplémentaires devraient être affectés à la recherche et au développement ainsi qu’à des programmes de coopération plus stratégiques, pour lesquels l’UE pourrait apporter son aide, expliquent les parlementaires.


Futures relations UE-Royaume-Uni

 

Pour conclure, la résolution souligne la nécessité de réfléchir plus en profondeur aux futures relations entre l’UE et le Royaume-Uni, en particulier dans le domaine des capacités militaires, dans le cas où le pays viendrait à quitter l’UE.


Prochaines étapes

 

La résolution sera mise en voix en plénière pendant la session de mars.


Contexte

 

La résolution vise à clarifier la position du Parlement européen sur l’avenir des politiques de défense de l’UE, dans le contexte du 60e anniversaire du traité de Rome. Elle envisage les diverses possibilités en vue d’approfondir la coopération européenne en matière de défense dans le cadre du traité de Lisbonne actuel.