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Les députés demandent une interdiction totale du commerce de l’ivoire d’éléphant à la fois dans et en dehors de l’Union ©AP Images/European Union-EP 

Des recommandations pour une meilleure utilisation des outils commerciaux de l’UE afin de lutter contre la hausse sans précédent du trafic d’espèces sauvages ont été adoptées par les députés jeudi.

Le commerce illégal de la faune et de la flore entraine une crise écologique alors que l’UE et les États-Unis restent des marchés et des voies de transit clés, ont expliqué les députés dans une résolution approuvée par 579 voix pour, 15 voix contre et 20 abstentions.


"Le commerce illégal d’espèces sauvages est un crime qui a des racines complexes et de larges ramifications menaçant nos écosystèmes et la bonne gouvernance. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour combattre cette activité illicite et veiller à ce que les futures générations ne soient pas privées de la beauté et de la diversité de notre environnement", a déclaré avant le vote le rapporteur Emma McClarkin (ECR, UK).


"Mon rapport souligne l’importance et la nécessité d’utiliser la politique commerciale pour résoudre ce problème, grâce à une approche globale qui s’attaque à l’offre et à la demande sur les marchés nationaux et dans d’autres pays de destination", a-t-elle ajouté.


Les députés appellent l’UE et ses États membres à envisager une interdiction totale du commerce de l’ivoire d’éléphant à la fois dans et en dehors de l’Union. Ils font remarquer que l’Union européenne doit mieux utiliser son propre cadre juridique pour protéger la nature et recommandent notamment:


  • d’accroître l’aide fournie aux autorités douanières des pays tiers en matière de renforcement des capacités, de formation et d’information;
  • de prévoir des ressources suffisantes pour la lutte contre de telles activités illicites dans l’UE;
  • de veiller à impliquer le secteur privé dans la lutte contre le trafic d’espèces sauvages, notamment via l’engagement des marchés en ligne, des services de livraison express et des médias sociaux, et à pallier les vulnérabilités en matière de transport et de procédures douanières;
  • d’utiliser la politique commerciale commune de l’UE pour promouvoir des normes contraignantes en matière de responsabilité sociale des entreprises;
  • d’inclure des dispositions anti-corruption dans tous les futurs accords européens de libre-échange étant donné que les pots-de-vin sont l’un des principaux catalyseurs du commerce illégal;
  • d’utiliser l’accord de libre-échange UE-Vietnam, qui comprend un chapitre détaillé sur le commerce et le développement durable, comme modèle de futur accord commercial; et
  • d’analyser comment les régimes commerciaux et environnementaux mondiaux (par exemple l’Organisation mondiale du commerce et la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages) peuvent se soutenir mutuellement.

Contexte


Le trafic d’espèces sauvages représente la deuxième menace pour la faune et la flore au niveau mondial, après la destruction des habitats. Il s’agit de la quatrième activité criminelle la plus lucrative, avec un chiffre d’affaires annuel estimé à 20 milliards d’euros - ce qui contribue aussi à alimenter les conflits et financer les réseaux terroristes.


La criminalité en ligne liée aux espèces sauvages fait peser une menace croissante sur les éléphants, les rhinocéros, les amphibiens, les reptiles et les oiseaux. À la demande de la Commission, le Parlement mène actuellement une réflexion sur le plan d’action de la Commission contre le trafic d’espèces sauvages et sur sa nouvelle stratégie commerciale globale.

Le commerce illégal d’espèces sauvages est un crime dont les racines complexes et les larges ramifications menacent nos écosystèmes et la bonne gouvernance

Emma McClarkin (ECR, UK) rapporteur 
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20 milliards d’euros  ; Chiffre d’affaires annuel estimé pour le trafic d’espèces sauvages

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Faits 
  • Le trafic d’espèces sauvages représente la deuxième menace pour la faune et la flore au niveau mondial, après la destruction des habitats