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Accroître la coopération en matière de défense dans l’UE dépend actuellement davantage de la volonté politique d’agir que de considérations juridiques, affirment les députés dans une résolution adoptée par le Parlement jeudi. Ils soulignent que les États membres peuvent et doivent utiliser les outils déjà en place dans les traités pour construire une véritable politique commune de défense.

Les députés souhaitent que l’Agence européenne de défense (AED) et la coopération structurée permanente (PESCO) soient traitées comme des institutions de l’UE sui generis, comme le Service européen pour l’action extérieure, et qu’elles soient financées via une section spécifique du budget de l’Union.


Le co-rapporteur Esteban González Pons (PPE, ES) a déclaré au nom de la commission des affaires constitutionnelles: ‘‘Ce rapport ambitieux et stratégique arrive à point nommé, alors que l’Union européenne de la sécurité et de la défense sera l’une des priorités de la déclaration de Rome la semaine prochaine. Il existe aussi un consensus sur le fait que la réussite d’une défense commune est plus que jamais nécessaire. Dans un contexte international imprévisible, nous avons besoin d’une politique de défense qui renforce l’unité, l’autonomie stratégique et l’intégration, afin de promouvoir la paix et la sécurité au sein de l’Union et dans le monde".


Le co-rapporteur Michael Gahler (PPE, DE) a déclaré au nom de la commission des affaires étrangères: ‘‘Les États membres ignorent constamment le fait que le financement des dépenses administratives et opérationnelles de l’AED et de la coopération structurée permanente via le budget de l’Union est la seule option possible selon les traités. La décision du 6 mars d’initier la capacité militaire de planification et de conduite (MPCC) a toutefois été une étape clé sur le chemin de l’Union européenne de la défense. En mettant en place cette nouvelle capacité militaire, les États membres ont enfin suivi l’une des recommandations de longue date du Parlement, que nous avons réitérée dans notre rapport.’’


La résolution, adoptée par 360 voix pour, 212 contre et 48 abstentions, souligne que le développement d’une politique commune de défense de l’UE dépend surtout de la volonté politique des États membres, le traité de Lisbonne offrant un cadre suffisant pour construire une véritable politique commune de défense.


Un cadre institutionnel optimisé

 

Les députés plaident pour la mise en place d’un modèle de réunion de ‘‘ministres de la défense’’ au sein du Conseil des ministres de l’UE. Ils en appellent également au renforcement du soutien politique et des ressources de l’Agence européenne de défense intergouvernementale (AED), et ils invitent les pays de l’UE à rejoindre dès que possible la coopération structurée permanente (PESCO).


Par ailleurs, la résolution plaide pour que le système de groupements tactiques de l’Union soit placé sous la responsabilité de la coopération structurée permanente, en même temps que pour l’établissement de quartiers généraux civils et militaires permanents. Cela permettrait d’améliorer la coopération civile et militaire ainsi que la capacité de l’UE à réagir rapidement aux crises, précisent les députés.


Davantage de dépenses en matière de défense

 

Le Parlement considère en outre qu’il est essentiel d’accroître les dépenses nationales en matière de défense à 2% du PIB, insistant sur le fait que cela signifierait trouver 100 milliards d’euros supplémentaires pour la défense d’ici à la fin de la prochaine décennie. Ces dépenses supplémentaires devraient se concentrer sur la recherche et le développement ainsi que sur les programmes de coopération stratégique, où l’UE pourrait apporter son soutien, ajoute le texte.


L’avenir des relations UE/Royaume-Uni


Enfin, la résolution souligne la nécessité d’approfondir les discussions sur les relations futures entre l’Union et le Royaume-Uni, en particulier dans le domaine des capacités militaires, au cas où le pays déciderait de quitter l’Union.


Contexte

 

Cette résolution vise à clarifier la position du Parlement européen sur l’avenir des politiques de défense de l’UE, dans le contexte du 60e anniversaire du traité de Rome. Elle envisage diverses possibilités en vue d’approfondir la coopération européenne en matière de défense dans le cadre du traité de Lisbonne.

2% du PIB  ; C’est la somme que les députés souhaitent voir allouée par les États membres au budget de leur défense nationale

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