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Les États membres devraient encourager les éleveurs de lapins à éliminer les cages en batterie et à les remplacer par des solutions alternatives, déclare le Parlement dans une résolution votée mardi. Les députés font valoir qu’améliorer les conditions de vie des lapins permettrait de mieux prévenir les maladies, et donc de réduire l’usage intensif d’antibiotiques qui pourraient se retrouver dans la chaine alimentaire humaine. Ils exhortent la Commission à présenter un projet de loi en ce sens.

‘‘Nous devons nous éloigner de cette pratique qui enferme les lapins dans des cages. Nous devons établir des normes minimales pour protéger ces animaux, tout comme nous le faisons pour les poules pondeuses, les porcs et les vaches. Parallèlement, nous devons prendre en compte les impératifs économiques des sélectionneurs et des éleveurs de lapins’’, a déclaré avant le vote le rapporteur Stefan Eck (GUE/NGL, DE).


‘‘La demande de viande de lapin a chuté (...) car les consommateurs exigent des normes de santé et de bien-être plus élevées pour les animaux d’élevage. Ce que nous devons faire désormais, c’est harmoniser le marché intérieur et répondre aux attentes des consommateurs qui désirent une plus grande protection animale et plus de bien-être pour ces animaux’’, a-t-il ajouté.


Le parlement a adopté la résolution non législative par 410 voix pour, 205 contre et 59 abstentions.


Plus de bien-être pour les animaux, moins de risques pour le consommateur

 

La santé publique va de pair avec la santé animale, qui dépend entre autres des conditions de logement, ainsi que des bonnes conditions de gestion et d’élevage, explique la résolution.


Afin de s’assurer que les élevages de lapins sont mieux gérés et mieux contrôlés, les députés incitent tous les États membres à remplacer progressivement les cages en batterie par des alternatives qui améliorent le bien-être animal, ce qui permettrait une meilleure prévention des maladies et des contrôles ciblés. Cela permettrait également de limiter le recours massif aux antibiotiques dans l’agriculture intensive, ce qui bénéficierait au consommateur final, précisent les députés.


En quête d’un système d’élevage durable


La Commission européenne et les États membres devraient inciter à rechercher la meilleure solution en termes de systèmes de logement afin d’améliorer le bien-être des lapins, déclarent les députés. Mais ils tiennent également à ce que soit trouvé un équilibre entre le bien-être animal, la situation financière des agriculteurs et l’accessibilité de la viande de lapin pour les consommateurs, ajoutant que la durabilité des élevages de lapin devait être assurée.


Une nouvelle législation européenne pour définir les normes minimales de bien-être pour les lapins


La Commission devrait proposer des lignes directrices et des recommandations à l’échelle de l’UE sur la santé, le bien-être et les logements des lapins d’élevage, et devrait présenter une proposition législative qui mettrait en place des normes minimales pour la protection des lapins d’élevage, affirment les députés. Ces derniers appellent également la Commission et les États membres à faire en sorte que la viande de lapin importée de pays tiers respecte les mêmes critères en termes de sécurité alimentaire et de bien-être animal que la viande produite dans l’UE.


Compenser la hausse des coûts pour les éleveurs

 

Afin de compenser les coûts plus élevés induits par des systèmes d’élevage alternatifs, la Commission devrait soutenir davantage le secteur et promouvoir la consommation de viande de lapin, déclarent les députés. Ces derniers insistent sur la nécessité de mettre en place un soutien spécifique pour les éleveurs afin d’amortir toute nouvelle mesure obligatoire et d’utiliser les fonds européens du volet développement rural pour soutenir les agriculteurs qui choisissent des alternatives favorables au bien-être animal.


Contexte

La plupart des lapins élevés dans l’Union européenne le sont généralement dans des cages non enrichies, indique la résolution. Les systèmes de logement des lapins d’élevage se sont améliorés au fil du temps et des alternatives aux cages, comme les parcs ou les enclos, ont été utilisées, mais ces systèmes doivent encore être améliorés et encouragés, déclarent les députés.

Même si plus de 340 millions de lapins sont élevés pour la production de viande chaque année dans l’UE, cela représente moins de 1% de la production animale totale de l’UE. La production chute de façon continue (de 4,7% en 2016 selon les prévisions), la demande des consommateurs étant en baisse.

L’UE est le premier producteur de lapins au monde, devant la Chine, qui est le principal exportateur mondial. Environ 99% des importations de viande de lapin au sein de l’UE proviennent de Chine.

Si rien n’est fait, avertissent les députés, les producteurs chinois pourraient supplanter les agriculteurs de l’UE, avec des conséquences néfastes pour le bien-être animal.