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Le Parlement européen s'inquiète de l'arrestation de dirigeants de l'opposition en Zambie et en Éthiopie et appelle à la fin de la guerre au Soudan du Sud, dans trois résolutions adoptées jeudi.

  • Le procès du chef de l'opposition Hichilema en Zambie doit être équitable
  • Les autorités éthiopiennes devraient libérer le Dr Merera Gudina
  • L'UE devrait intensifier son aide humanitaire au Soudan du Sud



Zambie: les députés préoccupés par l'arrestation de l’opposant Hakainde Hichilema

 

Le Parlement s'inquiète de l'arrestation et de l'incarcération du chef du parti d'opposition, Hakainde Hichilema, dues à des motivations politiques et qui ont provoqué une vague de protestations en Zambie. M. Hichilema a été arrêté en avril après avoir prétendument stoppé le cortège du Président Edgar Lungu et est accusé de trahison, une infraction punissable de la peine de mort.


L'affaire Hichilema s’inscrit dans le contexte d’un regain de tensions politiques et de répression contre l'opposition politique faisant suite aux résultats contestés des élections d'août 2016, notent des députés. Ils insistent sur la nécessité d'assurer l'équité dans l'application de la loi et tout au long de la procédure judiciaire, et demandent instamment au gouvernement zambien de garantir la pleine liberté des médias et de prendre des mesures pour prévenir la violence politique.


Éthiopie: le Parlement demande la libération du Dr Merera Gudina


Les députés demandent la libération immédiate sous caution et l’abandon de toutes les charges contre le Dr Merera Gudina, président du Congrès fédéraliste oromo, parti d’opposition éthiopien. Il a été arrêté le 9 novembre 2016 à son retour d'une visite au Parlement européen au cours de laquelle il avait participé à une table ronde avec d’autres dirigeants de l’opposition. Il a été accusé d’avoir violé la loi portant exécution de l’état d’urgence en "exerçant des pressions contre le gouvernement" et en "représentant une menace pour la société de par son attitude violente".


Le Parlement réitère son appel en faveur d’une enquête internationale crédible, transparente et indépendante sur les assassinats de centaines de manifestants et sur les violations des droits de l'homme contre des membres de la communauté Oromo et d'autres groupes ethniques perçus comme opposants au gouvernement.


Tout en exprimant sa gratitude à l’Éthiopie pour son rôle moteur dans la région et au sein de l’Union africaine ainsi que dans l'amélioration des conditions de sa propre population et des 800 000 réfugiés se trouvant dans la région, les députés demandent au gouvernement éthiopien de ne plus recourir à la loi contre le terrorisme pour empêcher ou réprimer les protestations pacifiques légitimes et de lever les restrictions aux libertés d'expression et d'association.


Soudan du Sud: les députés demandent davantage d'aide humanitaire


Le Parlement demande un cessez-le-feu immédiat et unilatéral à la guerre civile au Soudan du Sud, qui a éclaté en 2013 et a depuis provoqué la famine et l’effondrement économique et obligé plus de 3,6 millions de personnes à fuir leurs foyers. La résolution dénonce un "mépris total des droits de l’homme internationaux et du droit international humanitaire et une impunité qui demeure pour les violations" commises durant le conflit. Les députés condamnent l'utilisation du viol comme arme de guerre, le recrutement d'enfants par toutes les parties belligérantes et les attaques contre les travailleurs humanitaires.


La mission des Nations unies au Soudan du Sud (UNMISS) devrait être renforcée par des capacités européennes et le SEAE devrait lancer un nouveau processus politique permettant la mise en œuvre intégrale de l'accord de paix de 2015, exhortent les députés. Ils demandent également à l'UE et à ses États membres d'accroître l'aide humanitaire et d'aider à dispenser une éducation de base ainsi qu’une réadaptation à long terme.


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