Partager cette page: 

Les pays de l’UE doivent respecter leurs obligations d’accueillir des demandeurs d’asile depuis la Grèce et l’Italie, en donnant la priorité aux mineurs non accompagnés, a affirmé le Parlement jeudi.

  • La Finlande et Malte sont les deux seuls États membres sur la bonne voie pour atteindre leurs objectifs en matière de relocalisation
  • La Commission européenne doit envisager des procédures d’infraction
  • Les mesures de relocalisation doivent être étendues jusqu’à l’adoption de la réforme du système d’asile de "Dublin"

 

Les députés déplorent le fait que, malgré leur engagement à relocaliser 160 000 demandeurs d’asile depuis la Grèce et l’Italie, d’ici à septembre 2017, les États membres n’aient dans les faits relocalisé que 18 770 personnes en date du 16 mai (soit 11% de leurs obligations totales). Ils sont déçus par le manque de responsabilité et de partage des responsabilités.


Dans une résolution adoptée par 398 voix pour, 134 voix contre et 41 abstentions, le Parlement invite instamment les pays de l’UE à honorer leurs engagements et à donner la priorité à la relocalisation des enfants sans famille ainsi qu’aux autres demandeurs d’asile vulnérables. Les députés soulignent qu’à cet égard, un seul mineur non accompagné a été relocalisé jusqu’à présent.


Les parlementaires critiquent le fait qu’un certain nombre d’États membres ont recours à des préférences très restrictives et discriminatoires, telles que l’octroi de la relocalisation aux mères célibataires uniquement ou l’exclusion de demandeurs d’asile de certaines nationalités, comme les Erythréens, et appliquent des contrôles de sécurité très sévères.


La plupart des pays de l’UE sont encore loin d’atteindre leurs objectifs. Quatre États membres ont procédé à des relocalisations de manière extrêmement limitée et deux (la Hongrie et la Pologne) ne participent toujours pas du tout au système, font remarquer les députés. La France quant à elle avait relocalisé 3404 personnes en date du 16 mai.


Le Parlement explique clairement que même s’ils n’atteignent pas leurs objectifs de relocalisation en septembre, les pays de l’UE devront continuer à transférer des demandeurs d’asile éligibles. Les députés proposent en outre d’étendre le système de relocalisation jusqu’à l’adoption du nouveau règlement de Dublin relatif à l’asile.


Contexte

 

Au vu de la gravité de la crise migratoire et des réfugiés lors de l’été 2015, l’UE a adopté deux mesures d’urgence pour relocaliser des milliers de réfugiés. 160 000 demandeurs d’asile - qui ont de grandes chances d’obtenir le statut de réfugiés - devaient être relocalisés depuis l’Italie et la Grèce vers d’autres États membres, d’ici à septembre 2017, pendant le traitement de leur demande.


Selon une décision adoptée ultérieurement par le Conseil en septembre 2016 - à laquelle le Parlement s’est opposé - les États membres ont convenu que 54 000 places sur les 160 000 prévues pouvaient être utilisées pour l’admission des réfugiés syriens depuis la Turquie, dans le cadre de l’accord migratoire entre l’UE et la Turquie, plutôt que depuis l’Italie ou la Grèce.


D’après les données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, environ 50 000 demandeurs d’asile sont bloqués en Grèce tandis que l’Italie a établi un nouveau record avec 181 436 arrivées en 2016.



Procédure: résolution non législative