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  • Le Parlement est revenu sur toutes les coupes au projet de budget de l’Union 2018 proposées par le Conseil
  • Les députés veulent augmenter les investissements en matière de recherche, de projets d’infrastructures et de lutte contre le chômage des jeunes
  • L’équipe de négociation du Parlement dispose désormais d’un mandat solide pour les futures négociations budgétaires

Le PE a fixé le budget global 2018 de l’UE à 162,6 milliards d’euros (+1,2% par rapport au projet de budget de la Commission) en engagements et 146,7 milliards d’euros en paiements (+0,9%).

Dans leur résolution budgétaire, les députés réaffirment leur engagement à "financer des politiques de l'Union qui améliorent l'emploi et stimulent la croissance dans toutes ses régions par des investissements dans la recherche, l'éducation, les infrastructures, les PME et l'emploi, notamment pour les jeunes". Ils soulignent cependant qu’ils ne comprennent pas "comment l'Union pourrait engranger des résultats dans ces domaines au vu des réductions proposées par le Conseil".

 

La résolution sur la position du Parlement concernant le budget 2018 de l’UE a été adoptée par 414 voix pour, 163 voix contre et 90 abstentions.

 

Jeunes, croissance et emplois

 

Les députés ont augmenté l’initiative pour l’emploi des jeunes de 366,7 millions d’euros en crédits d’engagement, arrivant à un total de 600 millions d’euros, afin d’aider les jeunes qui cherchent désespérément un emploi.

 

Ils ont également rejeté les "réductions injustifiées du Conseil" d'un montant de 750 millions d'euros dans le domaine de la croissance et de l’emploi, signalant que ces réductions "compromettraient des programmes présentant une réelle valeur ajoutée européenne et ayant une incidence directe sur la croissance et la création d'emploi, comme Horizon 2020 ou le MIE" (mécanisme pour l’interconnexion en Europe).

 

Par conséquent, ils ont décidé d'augmenter, en plus de la proposition de budget de la Commission, ces programmes qui sont "essentiels pour stimuler la croissance et l'emploi et reflètent largement les priorités communes de l'Union, à savoir Erasmus+, Horizon 2020 (Marie Curie, Conseil européen de la recherche, instrument destiné aux PME), COSME et EaSI (Progress et Eures)".

 

Crise des réfugiés et migratoire, Turquie

 

Pour le Parlement, "la sécurité et la lutte contre la migration doivent rester les grandes priorités de l'Union", soulignent les députés. Le financement actuel s'est avéré "largement insuffisant pour financer comme il se doit la dimension interne de ces problèmes".

 

Par conséquent, les députés ont augmenté le projet de budget de la Commission pour les agences dont les missions sont liées à la sécurité, comme Europol, le Fonds "Asile, migration et intégration" (AMIF) et le Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO).

 

De manière similaire, pour la dimension extérieure du défi migratoire, les députés ont annulé presque toutes les coupes proposées par le Conseil et augmenté le budget en la matière de 299,7 millions d’euros (en plus du projet de budget) pour l’action extérieure de l’UE, qui inclut le voisinage oriental et méridional.

 

Concernant la Turquie, ils ont diminué les fonds de préadhésion de 50 millions d’euros (avec 30 millions supplémentaires mis en réserve) "compte tenu de la dégradation préoccupante de la situation en matière de démocratie, d’état de droit et de droits de l’homme en Turquie".

 

Citation

 

Le rapporteur principal Siegfried Mureşan (PPE, RO) a déclaré: "Nous voulons satisfaire nos priorités en matière de croissance et d’emploi dans un premier temps, et de sécurité des citoyens dans un second temps, en investissant dans la recherche et l’innovation, les infrastructures, les petites et moyennes entreprises ainsi que le programme Erasmus. Nous voulons intensifier les mesures de lutte contre le chômage des jeunes et défendre les jeunes agriculteurs. Pour garantir davantage de sécurité, nous voulons renforcer les agences de l’Union qui ont pour responsabilités la justice et les affaires intérieures, à savoir l'Agence de l'Union européenne pour la formation des services répressifs (CEPOL), Eurojust, le Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO), Frontex, et Europol".

 

"Lors des prochaines négociations avec le Conseil, nous n’accepterons aucune coupe sur des programmes importants pour les citoyens européens", a-t-il souligné après le vote.

 

Télécharger l’intégralité de son discours en plénière

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Prochaines étapes

 

Le vote en plénière marque le début de trois semaines de négociations de "conciliation" avec le Conseil. Le but est de trouver un accord entre les deux institutions afin que le budget 2018 soit voté à temps au Parlement et signé par son Président le 30 novembre.

 

Que sont les crédits d'engagement et de paiement?

 

Compte tenu de la nécessité de gérer des actions pluriannuelles (financement d'un projet de recherche durant deux à trois ans, par exemple), le budget de l'UE distingue:

  • les crédits d'engagement (le coût de toutes les obligations légales contractées durant l’exercice en cours, pouvant avoir des conséquences les années suivantes); et
  • les crédits de paiement (argent effectivement versé au cours de l'année en cours, éventuellement pour mettre en œuvre les engagements pris les années précédentes).