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  • Un lien potentiel entre les phosphates et les maladies cardiovasculaires
  • L’EFSA doit réévaluer la sécurité de ces additifs d’ici à fin 2018
  • Le Parlement peut opposer son veto à la proposition par un vote à la majorité absolue
Les additifs phosphatés sont de plus en plus utilisés dans la viande pour conserver la saveur et retenir l’eau. ©AP Images/EU-EP  

Le Parlement, au vu des préoccupations en termes de santé, pourrait opposer son veto à une proposition de la Commission européenne visant à autoriser les phosphates dans la viande de kebab.

Mardi, les députés de la commission de la santé ont exprimé de sérieuses inquiétudes quant aux conséquences sur la santé des phosphates utilisés comme additifs alimentaires. Ils ont rejeté une proposition de la Commission autorisant l’utilisation d’acide phosphorique, de diphosphates, de triphosphates et de polyphosphates (E338-452) dans la viande de kebab, qu’elle provienne du mouton, du veau, du bœuf ou de la volaille.

 

Si le Parlement dans son ensemble soutient cette objection à la majorité absolue (376 voix), la proposition sera bloquée et la Commission européenne devra revoir sa copie.

 

Les règles de l’UE ne permettent généralement pas l’utilisation d’additifs phosphatés dans la viande transformée. Mais compte tenu de l’accumulation des exceptions, ils sont de plus en plus utilisés pour conserver la saveur et retenir l’eau.

 

Les députés soulignent qu’une étude scientifique de 2012 démontre le lien potentiel entre les additifs phosphatés dans les aliments et l’augmentation du risque cardiovasculaire. Une évaluation de l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a toutefois affirmé qu’il n’était pas possible d’attribuer ce risque à l’absorption de phosphore en général ou aux additifs phosphatés. Mais une autre étude scientifique de 2013 suggère également un lien entre les régimes alimentaires riches en phosphore et l’augmentation de la mortalité dans la population américaine.

 

Prochaines étapes

 

La résolution a été adoptée par 32 voix pour et 22 contre. Le Parlement dans son ensemble se prononcera lors de la session plénière de décembre à Strasbourg. L’EFSA a déclaré qu’elle réévaluerait la sécurité des additifs alimentaires phosphatés d’ici au 31 décembre 2018.