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  • Retirer les contenus illégaux sur internet plus rapidement, ou bloquer l’accès
  • Prendre des mesures contre les nouvelles formes de criminalité en ligne, comme la vengeance pornographique ou le chantage sexuel
  • Renforcer la coopération judiciaire et policière pour protéger les enfants migrants

Les États membres doivent coopérer plus étroitement entre eux, avec Europol et l’industrie informatique pour lutter contre les abus sexuels et l’exploitation des enfants.

Les députés ont adopté jeudi une résolution non législative examinant la mise en œuvre de la directive de 2001 relative à la lutte contre les abus sexuels sur les enfants. Le texte, rédigé par Anna Maria Corazza Bildt (PPE, SE), a été adopté par 597 voix pour, 6 contre et 20 abstentions.

 

Retirer les contenus illégaux rapidement

 

Les pages internet proposant des contenus à caractère pédopornographique doivent être rapidement supprimées et, lorsque ce n’est pas possible, les États membres devraient bloquer l’accès à ces pages aux internautes de leur territoire.

 

Les autorités nationales devraient améliorer la coopération avec l’industrie informatique, ainsi qu’avec les pays tiers et Interpol, afin d’accélérer les procédures de notification et de retrait, dans les cas où les contenus illégaux sont hébergés à l’étranger, ajoute le texte. Il suggère d’établir des listes noires de sites internet proposant des contenus à caractère pédopornographique, qui seront partagées entre les États membres ainsi qu’avec Europol et Interpol, et communiquées aux fournisseurs d’accès à internet.

 

Allouer les ressources financières et humaines suffisantes, renforcer l’échange transfrontalier d’informations et mettre à jour les techniques d’enquête en ligne sont des éléments clés pour protéger les enfants des abus sexuels et de l’exploitation, insistent les députés.

 

Combattre les risques en ligne et les menaces à l’encontre des enfants

 

Les députés s’inquiètent des menaces et des risques auxquels les enfants sont exposés en ligne, notamment la prédation. Ils demandent des mesures spécifiques pour lutter contre les nouvelles formes de criminalité en ligne, comme la vengeance pornographique ou le chantage sexuel. Les États membres qui ne l’ont pas encore fait devraient ériger en infraction pénale le pédopiégeage en ligne, la cyberprédation et le fait d’appâter un enfant sur internet, ajoutent-ils.

 

Protection des enfants migrants

 

Les députés soulignent la vulnérabilité particulière des enfants migrants face aux abus, aux trafics et à l’exploitation sexuelle et ils en appellent à une coopération judiciaire et policière renforcée ainsi qu’à un échange plus rapide des informations afin de pouvoir retrouver les enfants disparus.

 

Échange d’information sur les pédophiles

 

La résolution exhorte les États membres à introduire des vérifications obligatoires des antécédents judiciaires des personnes qui posent leur candidature à des postes, rémunérés ou bénévoles, en contact avec des enfants, et à ‘‘systématiquement échanger les informations sur les individus présentant un risque pour les enfants’’. Les députés souhaitent éviter que les pédophiles ne se déplacent d’un État membre à l’autre, de façon inaperçue, pour travailler auprès de mineurs.

 

Soutien aux victimes

 

Le Parlement souligne que la plupart des cas d’abus sexuel ou d’exploitation sexuelle sur des enfants ne font l’objet d’aucun signalement et appelle les États membres à développer et à renforcer les lignes d’assistance pour enfants, qui doivent être gratuites, confidentielles et disponibles 24h/24, et dont l’objectif est d’aider et de soutenir les victimes et de garantir le droit fondamental des enfants d’être entendus.

 

Enfin, les députés exhortent les États membres à s’assurer que les victimes reçoivent une aide juridique, un soutien psychologique et une assistance.

 

Citation

 

Anna Maria Corazza Bildt (PPE, SE), rapporteur, a déclaré: ‘‘Les États membres doivent faire davantage, mieux et plus vite pour garantir une tolérance zéro contre les abus sexuels à l’encontre des enfants, en ligne et hors ligne. L’accent devrait être mis sur le retrait des contenus illégaux à la source et sur leur blocage lorsque ce n’est pas possible, avec des procédures et des garanties plus rapides. Nous appelons également l’industrie d’internet à prendre sa part de responsabilité et à trouver des solutions innovantes pour protéger les enfants.’’