Partager cette page: 

  • Un soutien renforcé aux prestataires de service public et au journalisme d’investigation
  • Création d’un organisme de régulation indépendant pour surveiller et signaler les menaces à l’encontre de journalistes
  • Des investissements pour améliorer l’éducation aux médias et au numérique

Les États membres devraient ‘‘créer et maintenir, dans la loi et en pratique, un environnement sûr et sécurisé pour les journalistes’’, a affirmé mardi la commission des libertés civiles.

La résolution non législative rédigée par Barbara Spinelli (GUE/NGL, IT) a été adoptée par 44 voix pour, 3 contre et 4 abstentions.

 

Les députés demandent aux États membres de garantir un financement public adéquat pour protéger et promouvoir le pluralisme, l’indépendance et la liberté des médias. Ils leur demandent également de renforcer le soutien financier aux prestataires de service public et au journalisme d’investigation, tout en restant à l’écart des décisions éditoriales.

 

Liberté d’expression: des contrôles réguliers

 

Pour protéger les journalistes de la violence et des menaces, une autorité de régulation indépendante et impartiale devrait être créée en coopération avec les associations de journalistes, afin de surveiller et de signaler les violences. Pour les journalistes dont la liberté d’exercer a été menacée, des procédures juridiques efficaces doivent être garanties afin d’éviter l’autocensure, ajoute le texte.

 

Harcèlement en ligne, vengeance pornographique et pédopornographie

 

Les députés s’inquiètent de l’augmentation du harcèlement en ligne, de la vengeance pornographique et de la pédopornographie et réitèrent que les intérêts et les droits des mineurs doivent être pleinement respectés dans le contexte des moyens de communication de masse. Ils en appellent à une législation qui inclurait des dispositions relatives à la détection, au signalement et au retrait de contenus contraires à la dignité humaine sur les réseaux sociaux.

 

Anonymat et chiffrement: des outils essentiels pour l’exercice des droits démocratiques et des libertés

 

Les députés ont souligné que les restrictions en matière de chiffrement et d’anonymat devaient être limitées et conformes aux principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité.

 

Fausses informations: la vérification des faits plus facile à l’ère numérique

 

Le texte souligne que l’utilisation du terme ‘‘fausses informations’’ (ou ‘‘fake news’’) ne devrait ‘‘jamais servir à affaiblir la confiance que les citoyens portent aux médias et à discréditer ou à réprimer les voix critiques’’.

 

Pour renforcer l’objectivité de l’information et sa protection, les députés de la commission des libertés civiles encouragent les entreprises du secteur des médias sociaux et les plateformes en ligne à développer des outils permettant aux utilisateurs de signaler de potentielles fausses informations, de faciliter les rectifications et de permettre à des organisations tierces certifiées en matière de vérification des faits d’examiner ces fausses informations.

 

Enfin, les députés appellent les États membres à intégrer l’éducation aux médias et à l’information dans les systèmes nationaux d’enseignement.

 

Citation

 

La rapporteure Barbara Spinelli (GUE/NGL, IT) a déclaré: ‘‘Les points de référence essentiels de ce rapport sont l’article 19 du PIDCP et la Charte des droits fondamentaux de l’UE. J’ai essayé de mettre en lumière l’imprécision de concepts tels que les fausses informations, qui s’appliquent de plus en plus uniquement à la sphère internet, et de respecter autant que possible la déclaration commune sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’expression, les fausses informations, la désinformation et la propagande, dont je partage l’avis: le droit de l’homme qui consiste à communiquer des informations et des idées ne peut pas se limiter à des déclarations ‘‘correctes’’ et ‘‘protège aussi les informations et les idées qui peuvent choquer, offenser et déranger’’. Le rapport souligne la nécessité de protéger les lanceurs d’alerte et les droits liés au chiffrement, appelle à la reconnaissance des effets dissuasifs des lois sur la diffamation, met en garde contre l’imposition arbitraire de l’état d’urgence et insiste sur la chance que représente l’investissement dans la culture numérique pour autonomiser les citoyens et les utilisateurs d’internet. Tous les groupes politiques se sont accordés pour que toute restriction s’inscrive dans le cadre de la législation internationale et respecte ses exigences.’’