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  • Les cyberattaques malveillantes de la Russie, de la Chine et de la Corée du Nord exigent une réponse solide 
  • Créer une équipe européenne d’intervention rapide en matière de cybersécurité 
  • Maintenir des relations stratégiques entre l’UE et l’OTAN 

Au vu des nouvelles menaces hybrides, il est vital de renforcer la cyberdéfense de l'UE avec une équipe d’intervention rapide et une coopération plus étroite avec l'OTAN.

C’est ce qu’ont déclaré les députés mercredi 13 juin dans une résolution adoptée par 476 voix pour, 151 voix contre et 36 abstentions. Le texte souligne que la Russie, la Chine et la Corée du Nord mais aussi des acteurs non étatiques ont été impliqués dans des attaques contre des infrastructures critiques de l’UE, la surveillance de masse des citoyens européens, des activités de cyberespionnage, des campagnes de désinformation et des restrictions d’accès à Internet (comme Wannacry et Non-Petya).

 

Coopération renforcée dans le domaine de la cybersécurité

 

Les députés précisent que la fragmentation des stratégies et des capacités de défense européennes a conduit à la vulnérabilité actuelle aux cyberattaques. C'est pourquoi ils exhortent les États membres à renforcer la capacité de leurs forces armées à travailler ensemble ainsi que la cybercoopération au niveau européen, avec l'OTAN et d'autres partenaires. Cela impliquerait davantage de cyberexercices conjoints, la formation et l'échange d'officiers militaires, le recrutement d'experts en cybercriminalistique, ainsi que l'amélioration de l'expertise en cyberdéfense des missions et opérations de l'UE.

 

Les députés se félicitent du lancement de deux cyberprojets dans le cadre de la coopération structurée permanente (PESCO), à savoir une plateforme d'échange d'informations sur les cyberincidents et des équipes d'intervention rapide en cas d'incident informatique. Ils espèrent que cela mènera à la création d'une équipe européenne d’intervention rapide en matière de cybersécurité, qui coordonnerait, détecterait et contrerait les cybermenaces collectives.

 

Relations UE-OTAN

 

Dans une résolution distincte sur les relations entre l’UE et l’OTAN, adoptée par 411 voix pour, 182 voix contre et 57 abstentions, les députés font remarquer qu’aucune des deux organisations ne dispose d’un éventail complet d’outils pour relever les nouveaux défis liés à la sécurité, qui sont de moins en moins conventionnels et de plus en plus hybrides.

 

Outre une coopération renforcée en matière de cyberdéfense, les députés souhaitent que les relations stratégiques UE-OTAN se concentrent sur une communication stratégique, la connaissance de la situation, le partage d’informations classées, l’éradication de l’immigration clandestine ainsi que la suppression d’obstacles à la circulation rapide du personnel et des ressources militaires au sein de l’UE.

 

Citations

 

Le rapporteur sur la cyberdéfense, Urmas Paet (ALDE, EE), a déclaré: "Une cyberattaque réussie peut transformer une centrale nucléaire en bombe nucléaire ou provoquer le chaos dans un hôpital, mettant la vie des patients en danger. Pour nous défendre contre de telles menaces, nous devons renforcer les capacités de cyberdéfense en renforçant la coopération entre les États membres, l'UE et l'OTAN."

 

Le rapporteur sur les relations UE-OTAN, Ioan Mircea Paşcu (S&D, RO), a affirmé: "Depuis l'annexion de la Crimée en 2014, le rythme et la teneur de la collaboration entre l'UE et l'OTAN se sont accélérés, représentant aujourd'hui pas moins de 74 actions communes. Le contrôle des menaces hybrides, la lutte contre les cyberattaques, le renforcement de la résilience, le combat contre le terrorisme, l'amélioration de la coopération dans les missions et les opérations ainsi que la mobilité militaire représentent des domaines concrets de coopération future."