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Les députés ont débattu de l'avenir de l'Europe avec le Président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez. ©UE 2019 - Source:PE 

L’UE doit être défendue afin qu’elle puisse faire face aux nouveaux défis et lutter contre ceux qui veulent la détruire, a déclaré Pedro Sánchez mercredi en plénière.

Lors d’un débat en plénière sur l’avenir de l’UE, le Président du gouvernement espagnol a déclaré: ‘‘Nous devons protéger l’Europe pour que l’Europe puisse protéger ses citoyens.’’ Cela passe par une Union fondée sur les droits, qui offre une protection aux plus vulnérables, des opportunités à la jeunesse et aux chômeurs, qui assure la sécurité des citoyens, réaffirme son engagement dans la lutte contre le changement climatique et parachève l’Union économique et monétaire.


À l’approche des élections européennes de mai, M. Sánchez a déclaré que la principale priorité devait être la maîtrise de la mondialisation afin de garantir la survie du modèle social européen. Il a demandé de mettre un terme à l’approche privilégiant l’austérité, adoptée après la crise financière, qui a provoqué une division dans l’Union. ‘‘Il est temps de clore cette phase’’ et de relégitimer l’Europe auprès des citoyens européens. Il a refusé, dans ce contexte, de réduire le budget de l’UE, car cela signifierait accepter l’idée d’une ‘‘Europe qui recule’’.


S’exprimant au sujet des discours extrémistes et anti-européens, il a rappelé que ‘‘la paix, la démocratie et la liberté ne pouvaient jamais être tenues pour acquises’’ et il a insisté pour que nous défendions tous les valeurs de l’UE. Dans ce contexte, M. Sánchez a souligné que sa principale préoccupation n'était pas ‘‘l'extrême-droite elle-même mais la façon dont l'extrême-droite conditionne l'agenda et le discours de partis politiques qui étaient auparavant fortement engagés en faveur du projet européen’’.


Brexit


Le Président du gouvernement espagnol a noté que l’accord rejeté par le parlement britannique était ‘‘le meilleur accord possible’’, offrant le plus haut niveau de protection pour les deux parties, notamment concernant les droits des citoyens et des acteurs économiques, et permettant un retrait ordonné. Le Brexit est ‘‘une honte’’ et tout le monde y perd, a-t-il déclaré, espérant qu’un compromis serait trouvé pour aboutir à la relation la plus étroite possible.


Droits des femmes


Rappelant que le nombre de femmes au sein de son gouvernement était le plus élevé au monde, M. Sánchez a exhorté l’UE a adopté une stratégie contraignante en matière d’égalité des genres, qui viserait à réduire l’inégalité entre les sexes et les taux élevés de chômage et d’insécurité qui touchent les femmes. Il a également proposé de mettre en place une garantie pour les enfants afin de prévenir l’exclusion sociale le plus tôt possible.


Défis mondiaux


L’UE devrait progresser vers la création d’une véritable armée européenne et devenir une puissance crédible sur la scène internationale, plaidant pour un ordre mondial fondé sur l’État de droit et des règles communes, a déclaré M. Sánchez. Nous devons montrer au monde que l’Union européenne est ‘‘une puissance douce par choix, et non par faiblesse’’.


Concernant les migrations, le Président du gouvernement espagnol a appelé à la coopération avec les pays d’origine (notamment en Afrique), de transit et de destination, tout en soutenant une approche mondiale élaborée dans le cadre l’ONU. La responsabilité et la solidarité devraient être les principes qui nous guident dans la réforme du système d’asile, a-t-il ajouté.


Catalogne


Répondant aux députés, M. Sánchez a expliqué qu'en Catalogne, malgré la majorité parlementaire dont bénéficient les forces indépendantistes, il n'y a pas de majorité en faveur de l'indépendance dans la société. ‘‘Ils ne peuvent pas imposer un projet politique à une majorité qui, à plusieurs reprises, a déclaré ne pas partager cette approche.’’ Il a exhorté les forces indépendantistes à ouvrir un processus de dialogue au sein de la société catalane, avec le soutien du gouvernement espagnol, déterminé à résoudre la situation par le dialogue et le respect de la Constitution.


‘‘En Catalogne, le problème n'est pas l'indépendance, mais la coexistence’’, a-t-il conclu.


Vous pouvez visionner les interventions des orateurs en cliquant sur les liens ci-dessous:


Déclaration d’Antonio TAJANI, Président du PE

Déclaration de Pedro SANCHEZ, Président du gouvernement espagnol

Déclaration de Frans TIMMERMANS, premier vice-président de la Commission

Manfred WEBER (PPE, DE)

Udo BULLMANN (S&D, DE)

Hans-Olaf HENKEL (ECR, DE)

Guy VERHOFSTADT (ADLE, BE)

Ska KELLER (Verts/ALE, DE)

Paloma LÓPEZ BERMEJO (GUE/NGL, ES)

Laura FERRARA (EFDD, IT)

Nicolas BAY (ENL, FR)

Réponses de Pedro SANCHEZ