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  • La stratégie visant un niveau net d’émissions nul d’ici 2050 implique une accélération des réductions d’ici 2030 
  • La transition est aussi une opportunité pour l’industrie, l’emploi et la croissance 
  • Au moins 35% des dépenses de recherche de l’UE devraient soutenir les objectifs climatiques 

Les députés des commissions de l’environnement et de l’industrie ont fait part de leurs idées pour contribuer à la stratégie à long terme de réduction des émissions de l’UE.

Les députés de la commission de l’environnement ont affirmé mercredi que seuls deux des huit scénarios proposés par la Commission européenne dans sa communication de novembre permettraient à l’UE d’atteindre un niveau net d’émissions de gaz à effet de serre nul d’ici 2050, conformément à l’engagement pris par l’Union dans le cadre de l’accord de Paris. Ils soutiennent la Commission dans la promotion de ces deux scénarios.


Des objectifs plus ambitieux


Atteindre cet objectif de la façon la plus efficace en termes de coûts nécessite de hausser les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2030 de 40% à 55% par rapport aux niveaux de 1990. Les députés appellent les dirigeants européens à soutenir la hausse du niveau d’ambition lors du sommet européen à Sibiu en mai 2019, en amont du sommet de l’ONU sur le climat en septembre.


La stratégie européenne visant un niveau net d’émissions nul devrait donner la priorité à la réduction des émissions directes et au renforcement des puits et réservoirs naturels de carbone, tels que les forêts. Les technologies d’élimination du carbone, qui doivent encore être déployées à grande échelle, devraient être utilisées uniquement là où il n’existe pas de possibilité de réduction des émissions directes.


Politiques énergétiques et industrielles


Dans un texte distinct adopté mardi, les députés de la commission de l’industrie ont affirmé que les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique étaient essentielles pour réussir la transition vers une économie neutre en carbone. Le leadership de l’UE en la matière prouverait au monde que la transition vers une énergie propre est possible et bénéfique. Ils ont également souligné que les efforts pour parvenir à la neutralité carbone pouvaient être répartis de manière inégale dans l’UE, les États membres ne partant pas tous du même point.


Investir dans l’économie circulaire et la bioéconomie


Les députés considèrent que la transition vers une économie neutre en carbone présente aussi de nombreuses opportunités. L’investissement dans l’innovation industrielle, notamment les technologies numériques et les technologies propres, est nécessaire pour augmenter la croissance, la compétitivité et pour la création d’emplois, par exemple dans l’économie circulaire et la bioéconomie en pleine croissance. Les députés ont aussi souligné la nécessité de disposer d’une politique énergétique et climatique prévisible afin que les investisseurs puissent prendre des décisions d’investissement à long terme.


Enfin, les députés rappellent la position du Parlement consistant à allouer au moins 35% des dépenses de recherche (Horizon Europe) pour soutenir les objectifs climatiques.


Prochaines étapes


La résolution de la commission de l’environnement a été adoptée par 49 voix pour, 6 contre et 6 abstentions. Le texte de la commission de l’industrie a été adopté par 47 voix pour, 4 contre et 6 abstentions. Les deux textes seront mis aux voix en plénière lors de la session de mars I à Strasbourg.


Contexte


Les signataires de l’accord de Paris sont invités à communiquer, d’ici 2020, leur stratégie de développement à faibles émissions de gaz à effet de serre à long terme pour le milieu du siècle. Dans la communication ‘‘Une planète propre pour tous’’ adoptée le 28 novembre 2018, la Commission a présenté sa vision stratégique à long terme pour une économie neutre en carbone d’ici 2050, via huit scénarios possibles.


La communication, avec ses différents scénarios, permet d’ouvrir un débat approfondi sur la façon de progresser d’ici 2050. Ce débat devrait permettre à l’EU d’adopter et de présenter, d’ici 2020, une stratégie ambitieuse à la CCNUCC, ainsi que d’ouvrir la voie à la future politique climatique et énergétique de l’UE.