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Jean-Claude Trichet: finaliser le dossier de gouvernance économique

ECON Affaires économiques et monétaires 01-12-2010 - 14:41
 

Mardi, le président de la BCE Jean-Claude Trichet a réitéré son appel aux députés afin qu'ils jouent la carte de l'ambition dans la réforme des propositions de la Commission sur la gouvernance économique qui, "tout en allant dans la bonne direction, ne sont pas suffisamment audacieuses et précises". Sur fond de critique des événements récents, M. Trichet a saisi l'occasion pour insister sur "la rigueur et la clarté du discours", des éléments qu'il considère aujourd'hui comme essentiels.


"Je suis convaincu que le Parlement, en tant que colégislateur dans ce dossier, va s'attacher à améliorer le modèle de gouvernance économique" a déclaré M. Trichet au cours de son entretien habituel avec les députés de la commission des affaires économiques.


M. Trichet a fait part de ses préoccupations quant aux propositions de la Commission en indiquant que l'instrument préventif du pacte de stabilité et de croissance n'était pas suffisamment précis, que les sanctions prévues pouvaient être contournées trop aisément en invoquant des circonstances extraordinaires, et qu'il fallait s'employer davantage à définir à l'avance la notion de déséquilibre macroéconomique.


Jean-Paul Gauzès (PPE, FR) a demandé au président de la BCE s'il ne craignait pas un effet domino eu égard à la crise de la dette, et si les tensions actuelles ne justifiaient pas une restructuration de la dette. "Je n'ai pas de doute sur la stabilité de la zone euro", a répondu M. Trichet, écartant toute crainte par rapport à un effet domino, tout en ajoutant que l'Irlande et la Grèce étaient solvables et que dès lors, la question d'une restructuration de la dette ne se posait pas.


Elisa Ferreira (S&D, PT) a fait part de ses doutes quant à la capacité du mécanisme de sauvetage à enrayer, en priorité, la contagion, car il a été conçu sur une base intergouvernementale, tandis qu'Edward Scicluna (S&D, MT) a attiré l'attention sur la nécessité d'introduire la dimension de croissance dans le dossier de gouvernance économique, qui traite exclusivement de la dette.


Sylvie Goulard (ADLE, FR) s'est interrogée sur la question de savoir si le mécanisme de sauvetage ne devrait pas être intégré dans le dossier de gouvernance économique, tout en renforçant sa base juridique. "Cette semaine, nous avons obtenu des clarifications satisfaisantes sur le mode de fonctionnement du mécanisme de sauvetage. Il serait sans doute préférable de ne pas rouvrir la boîte de pandore" a répondu M. Trichet. "La transparence du mode de fonctionnement de ce mécanisme doit être améliorée" a répondu la présidente de la commission, Sharon Bowles.


Concernant la Belgique, Dirk-Jan Eppink (ECR, BE) a demandé à M. Trichet si un lien pouvait être établi entre l'incertitude politique du pays et les marchés financiers. M. Trichet a répondu que les processus démocratiques devaient être respectés et s'est refusé à établir toute conclusion concernant l'instabilité politique et l'augmentation possible du rendement des obligations du secteur public.


Philippe Lamberts (Verts/ALE, BE) a affirmé qu'il était également temps de "maîtriser les acteurs des marchés financiers en dehors des États membres", en faisant référence au souhait de M. Trichet d'établir des objectifs plus ambitieux dans le renforcement de l'aspect intergouvernemental du modèle de gouvernance économique. M. Trichet a indiqué que la décote – la baisse de valeur des obligations supportée par les investisseurs privés – ne ferait que jouer le jeu des spéculateurs si elle n'était pas planifiée avec prudence.


Nikolaos Chuntis (GUE, EL) s'est dit préoccupé par le fait qu'une extension, pour la Grèce, de la période de remboursement du prêt UE/FMI maintiendrait l'austérité dans le pays.  "Il est temps de retrouver un climat économique normal, l'époque de la bulle économique qui prévalait avant la crise est révolue" a répondu M. Trichet, tout en indiquant que la fin de l'austérité ne devait pas être mise en équation avec le niveau économique de la Grèce de 2008.


Marta Andreasen (EFD, UK) a demandé à M. Trichet ce qu'il voulait dire, dans ses commentaires précédents, par nations souveraines qui ne sont plus en phase par rapport aux économies d'aujourd'hui. Les nations restent le fondement, mais il faut également compter avec les institutions financières supranationales et leurs relations devaient être abordées comme il se doit, a expliqué M. Trichet.


Les députés chargés d'élaborer la position de la commission des affaires économiques sur le dossier législatif de gouvernance économique devraient présenter leurs projets de rapport au mois de décembre. Le Parlement européen est colégislateur avec le Conseil.

REF. : 20101129IPR02748
 
 
 
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