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Le système financier de l'UE écrasé sous le poids du risque

ECON Affaires économiques et monétaires 03-05-2011 - 15:13
 

Le poids du risque menace toujours la stabilité financière de l'UE et les répercussions de la crise se feront ressentir pendant de nombreuses années, ont mis en garde les deux vice-présidents du nouvel organisme de surveillance des risques financiers de l'UE. Mervyn King et Andrea Enria ont, à maintes reprises, fait appel au soutien du Parlement européen en cas d'introduction de réformes difficiles, particulièrement lorsque le secteur financier fera fortement pression contre la réglementation.


Mervyn King, premier vice-président du Comité européen du risque systémique (CERS) et gouverneur de la Banque d'Angleterre, a assuré aux députés que le CERS ne "répugnerait pas à émettre les avertissements et recommandations qu'il considère nécessaires". Andrea Enria, également vice-président du CERS et directeur de l'Autorité bancaire européenne, a déclaré qu'une des tâches les plus urgentes du Comité serait de s'attaquer au secteur bancaire "parallèle", dont les activités échappent aux règles qui s'appliquent aux banques ordinaires.


Nécessité du soutien politique


À la question de savoir s'il disposait des ressources humaines et financières suffisantes, M. King a répondu que le défi majeur serait de susciter la volonté politique nécessaire. "Les bons jugements dépendront de la présence de volonté et de détermination. Parfois, le CERS devra prendre des décisions foncièrement impopulaires et sera confronté à des pressions énormes. Nous comptons sur le soutien du Parlement européen dans ces moments", a-t-il déclaré.


Tests de résistance - l'avant et l'après


Les députés ont questionné M. King sur les "tests de résistance" (stress tests) des banques, dont la prochaine série importante aura lieu dans un mois. M. King a souligné que les autorités nationales doivent mettre en œuvre des plans d'action pour s'attaquer aux problèmes révélés par les tests de résistance, sans attendre de savoir quelles banques ont manqué à leurs obligations. Il a également averti que même si une banque réussit le test, elle ne devra pas automatiquement se considérer comme "sûre". 


M. Enria a déclaré que des mesures coercitives devraient être prises dans une période de six mois à dater des tests de résistance, après quoi l'Autorité bancaire européenne "utilisera tous les instruments disponibles pour s'assurer que des actions sont mises en place" si les autorités nationales refusent de coopérer.


Concernant la part des banques relative aux économies nationales, M. King a déclaré qu'il était indispensable que les systèmes bancaires ne deviennent jamais aussi importants que dans des économies telles que celle de l'Irlande ou de l'Islande. "Il s'agit du plus grand problème à résoudre", a-t-il ajouté.


Les limites de la supervision


À la question des limites sur le contrôle de l'apparition de risques, M. King a admis que le champ d'action des superviseurs était limité. "Nous devons prendre conscience que la structure des banques est aussi importante que leur supervision", a-t-il déclaré, ajoutant que des problèmes persisteraient tant qu'existeraient les incitations inadaptées. Par conséquent, de nouvelles lois sont indispensables, précise-t-il, en prévenant de nouveau que ces lois pourraient également être sapées si la pression du secteur financier domine l'élaboration des règles.


Présidence: Sharon BOWLES (ADLE, UK) ECON


REF. : 20110502IPR18524
 
 
 
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