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Sévère avertissement de la Troïka grecque

ECON EMPL Affaires économiques et monétaires / Politique de l'emploi 28-03-2012 - 10:30
 

De hauts représentants de la "Troïka" grecque ont défendu avec détermination la pierre angulaire du programme de sauvetage grec, mardi, et ont insisté sur le fait que la Grèce doit passer à la vitesse supérieure en termes de réformes économiques, d'unité politique, et de lutte contre les intérêts établis, faute de quoi elle risque d'échouer. Les députés ont plaidé en faveur d'un programme socialement plus équitable et orienté vers la croissance, et ont posé des questions sur les plans d'urgence.


Dans ce débat, qui a rarement été en profondeur, sur les actions de la Troïka en Grèce, organisé conjointement par les commissions des affaires économiques et monétaires et de l'emploi et des affaires sociales, il est apparu clairement et immédiatement que les représentants de la Troïka étaient venus donner des avertissements.


"Il n'est pas juste d'imputer la responsabilité des problèmes auxquels la Grèce est confrontée à ceux qui sont intervenus pour l'aider après que les dégâts aient été faits... En fin de compte, ce sont les Grecs eux-mêmes qui doivent agir afin de réformer leur pays et qui doivent en porter la responsabilité", a déclaré le commissaire Olli Rehn dans son introduction.


Poul Thomsen, directeur adjoint du FMI, et Jorg Asmussen, membre du directoire de la BCE, ont également rappelé que la balle se trouvait définitivement dans le camp des autorités grecques, et que des réformes structurelles majeures ainsi qu'une réduction des salaires constituaient l'unique solution.


Plan B


Les députés ont demandé davantage d'informations sur un "plan B" en vue de faire face à un possible échec du programme.


"Ne sommes-nous pas en train de nier la réalité en n'élaborant pas de plans d'urgence?", a demandé Philippe Lamberts (Verts, BE). Da façon similaire, Jean Paul Gauzès (PPE, FR) a demandé à quoi ressemblerait le scénario si à l'issue des élections grecques, il n'y avait qu'une faible majorité en faveur des réformes.


"Il vaut mieux penser à notre plan A et s'y tenir", a répondu M. Asmussen, concédant cependant ouvertement qu'"il n'y a aucune garantie que le programme fonctionnera... Le risque de mise en œuvre de ce programme est exceptionnellement élevé".


Selon M. Thomsen, un éventuel plan de secours serait que l'UE "continue de soutenir la Grèce tant qu'elle fournit les efforts demandés".


Un programme mieux pensé


De nombreux députés ont défendu l'idée qu'il fallait renforcer la dimension sociale et de croissance du programme.


Robert Goebbels (S&D, LU) a mené un groupe important de députés qui demandent un meilleur équilibre entre la croissance et la consolidation budgétaire. "Il faut que le dosage des politiques soit plus adéquat. Jusqu'à présent, le programme offre une consolidation solide mais une croissance faible ", a-t-il déclaré.


Plusieurs autres députés ont mal accepté les commentaires des représentants de la Troïka sur la nécessité de réduire davantage les salaires. Nicolaos Chountis (GUE, EL) a notamment accusé le programme de "mettre les Grecs dans les mêmes conditions que les citoyens d'Asie du sud-est". Finalement, de nombreux députés ont demandé des détails sur l'éducation et l'emploi. Nadja Hirsch (ADLE, DE) a averti qu'une génération de jeunes risquaient d'être perdus.


Tous les représentants de la Troïka ont défendu les éléments sociaux et liés à la croissance, mais ont souligné que la reprise dépendait de réformes fermes. "Il n'y a plus de mesures faciles pour la Grèce. Il est temps de mettre en place de profondes réformes structurelles", a déclaré M. Thomsen.


M. Asmussen a également souligné qu'il était essentiel d'éliminer les intérêts établis du système économique. Tous ont expliqué qu'une réduction des salaires était la meilleure manière de garantir la compétitivité tout en restant dans la zone euro. Néanmoins, M. Thomsen a admis que le programme devait être mieux conçu que son prédécesseur en termes de partage des charges.


La question de la responsabilité démocratique


Les deux présidentes des commissions ont souligné que la responsabilité était nécessaire. "Cette réunion devrait nous aider en termes de responsabilité et de transparence, deux éléments qui ont souvent été absents", a déclaré Sharon Bowles (ADLE, UK).


"Si les actions dans ce domaine ne sont pas transparentes et ne peuvent être évaluées, elles ne porteront jamais leurs fruits", a averti Pervenche Berès (S&D, FR), en ajoutant qu'un débat ouvert aurait dû être organisé avant l'élaboration du programme.


Sous la présidence de:

Sharon Bowles (ADLE, UK)

Pervenche Berès (S&D, FR)

REF. : 20120326IPR41841
 
 
 
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