Accès aux contenus de la page (appuyer sur "Entrée")


-
Article

Refonte du capitalisme - des idées ?

Affaires économiques et monétaires - 13-11-2008 - 19:15
Le capitalisme va-t-il s'en sortir, docteur ?

© BELGA/ Ron Tom /ABC/CHANDRA WILSON

Avant le sommet G20, qui se tiendra le 15 novembre 2008 à Washington, les chefs de file de l'Union européenne se sont réunis afin d'adopter une position commune sur le sujet de la crise financière. Le sommet en question aura pour but d'évaluer les mesures mises en place pour que l'économie mondiale ne s'effondre pas durant la crise. Les députés de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen expriment leurs idées pour refondre le capitalisme.

Les vingt nations les plus puissantes au monde se rencontreront le 15 novembre prochain pour trouver des solutions à la crise financière internationale. Quelles sont les réformes fondamentales nécessaires afin de refondre le cadre financier international actuel? Pensez-vous que les pays du G20 soient prêts à les imposer?


Mme Pervenche Berès (Française, membre du Groupe socialiste et présidente de la commission des affaires économiques et monétaires): "Il faut que l'Union européenne balaye devant sa propre porte et s'attaque à la question des paradis fiscaux. Si l'on veut changer le système financier, il faut radicalement revoir les mécanismes d'incitation à la prise de risque et aux investissements de court-terme qui sont dans le meilleur des cas neutres pour l'économie réelle, mais, malheureusement, le plus souvent contreproductifs".


M. John Purvis (Britannique, membre du Groupe du Parti populaire européen et des Démocrates et vice président de la commission des affaires économiques et monétaires): les pays du G20 doivent "revitaliser le FMI de telle sorte que ses ressources soient illimitées et qu'il puisse agir tel un prêteur de dernier recours pour tout pays qui rencontrerait des difficultés financières".


M. Zsolt Becsey (Hongrois, membre du Groupe du Parti populaire européen et des Démocrates): ce qu'il faut c'est "une norme commune pour l'activité financière".


Mme Sahra Wagenknecht (Allemande, membre du Groupe de la Gauche Verte nordique): "les mesures pour la recapitalisation des banques doivent être liée à l'acquisition d'actions et doivent viser une socialisation durable de toutes les banques et compagnies d'assurance. Deuxièmement, il faut un renforcement des systèmes de pension ainsi que la fermeture des paradis fiscaux et la taxation des transactions financières. Enfin, toute innovation financière dangereuse devrait être proscrite".


Mme Mariela Velichkova Baeva (Bulgare, membre du Groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe- ALDE): "un sentiment de sécurité pour les citoyens devrait être créé par les gouvernements évaluant les situations spécifiques à chaque pays".


Mme Heide Rühle (Allemande, membre des Verts): "nous devons combler l'écart existant entre les entités régulées et celles qui ne le sont pas. En effet, tant que ces deux types de marchés coexisteront, l'objectif d'une stabilité financière ne pourra être atteint!".


Mme Ieke Van den Burg (Hollandaise, membre du Groupe socialiste): "nous avons besoin d'un cadre responsable, démocratique et multilatéral qui serait mondial, qui  irait au-delà des pays du G20 et qui serait contrôlé par les parlements".

Le G20

  • Le G20 est un forum de coopération et de consultation sur des problématiques concernant le système financier international. Il comprend 19 des économies nationales les plus importantes au monde, plus l'Union européenne. L'économie du G20 correspond à 90% du produit national brut et 80% du marché mondial.
  • Les leaders de l'UE ont déclaré attendre une preuve de solidarité envers les pays en difficulté. Ils espèrent que ce sommet international ouvrira la porte à la réforme du système financier international. Deux aspects majeurs consistent en l'attribution d'un rôle central et d'une structure financière plus efficace pour le FMI et en l'évaluation des risques par les nouveaux systèmes financiers afin de prévenir les crises.

Le capitalisme est-il mort, est-il en train de mourir ou se trouve-t-il juste sur la table d'opération ?


Mme Berès: "ce à quoi nous assistons actuellement, c'est la fin du capitalisme à la Reagan-Thatcher. Le capitalisme purement financier, spéculatif et déconnecté de l'économie réelle et productrice a montré qu'il n'était pas viable".


M. Purvis: le capitalisme "n'est pas mort et doit être revitalisé. C'est le seul moyen de restaurer le niveau de la croissance économique qui est nécessaire afin d'éviter un conflit dévastateur dans le monde".


M. Becsey: le capitalisme "se trouve sur la table d'opération. Le plus important est de bloquer ces tendances où la soif extraordinaire du profit peut détruire les secteurs économiques. Par exemple les Etats modernes où les organisations internationales devraient avoir la possibilité d'intervenir dans le cadre de transactions particulièrement vulnérables".


Mme Van den Burg: "le capitalisme a besoin d'une opération urgente. Mais pas seulement: le système a également besoin d'une rénovation complète".


Mme Wagenknecht: "la richesse et la bulle de crédit que connaissent les marchés financiers internationaux est le résultat de l'obsession du rendement d'un capitalisme non refréné. Ils sont très peu nombreux ceux qui tirent profit du capitalisme aujourd'hui et nombreux en sont les perdants. Il n'y a pas de raison pour que cette situation soit acceptée. C'est pourquoi le débat concernant une alternative économique et politique au capitalisme doit être mis à l'ordre du jour de l'Europe".


Mme Rühle, "la crise financière est le résultat d'un excès de déréglementation".


Mme Baeva: "les tensions internes et  les hauts et les bas du capitalisme en tant que système ont pour conséquence une évolution constante. Cela nous ramène à l'idée qu'afin d'être opérationnel, ce système a constamment évolué et s'est ajusté aux concepts, aux règles et aux relations sociales et a tenté de survivre dans des eaux houleuses. Lorsque les failles d'un système sont évidentes, il faut y remédier."

 
REF. : 20081107STO41560
Toute l'actualité