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Halte aux médicaments contrefaits

Santé publique - 03-05-2010 - 15:20
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L'essentiel

  • Une proposition de la Commission européenne vise à combattre la contrefaçon de médicaments.
  • Les députés européens souhaitent que la vente sur internet, qui écoule nombre de contrefaçons dangereuses pour la santé, soit plus strictement réglementée.

L’Europe veut traquer la vente de médicaments contrefaits sur internet - Par europarltv

Viagra, antipaludiques, analgésiques… De plus en plus de gens achètent leurs médicaments sur internet. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que la contrefaçon est extrêmement répandue. Les risques pour la santé sont réels. La commission parlementaire de la santé a ainsi décidé de compléter une proposition de la Commission européenne, qui visait à empêcher la contrefaçon, d'un volet sur la vente en ligne. Elle sera strictement encadrée.

En décembre 2008, les douanes annonçaient avoir saisi plus de 34 millions de médicaments contrefaits en Europe. Le secteur est en effet rentable et peu risqué : il n'est pas suffisamment encadré par l'Union européenne (UE).


« L'absence de législation européenne encourage les faussaires », explique la Portugaise Marisa Matias (Gauche unitaire européenne), qui, suite à une proposition de la Commission européenne, a rédigé un rapport sur le sujet. La commission parlementaire de la santé a ainsi voté en faveur de règles obligatoires et contraignantes le 27 avril dernier.


La vente sur internet, principale préoccupation des députés


Des mesures de sûreté devraient ainsi voir le jour, comme l'obligation de sceller certains médicaments ou de donner des numéros de série sur les emballages. En effet, les médicaments contrefaits sont souvent réemballés et injectés dans le réseau de distribution légal.


De plus, les députés européens souhaitent que la vente sur internet soit très strictement encadrée. Le nombre d'acheteurs sur le web augmente chaque année et cela représente un risque potentiel pour la santé. Les amendements adoptés par les députés obligeraient les vendeurs à disposer d'une autorisation spéciale et à mettre un logo de l'UE sur leur site. Enfin, ces « pharmacies en ligne » devront être répertoriées dans une base de données accessible à tout citoyen.


« Sans nos amendements, internet serait devenu le cheval de Troie des médicaments contrefaits », estime Marisa Matias.


Une position pas assez ambitieuse ?


Les mesures telles qu'approuvées par les députés en commission parlementaire ne satisfont cependant pas tout le monde. « Je suis moyennement satisfaite. Je regrette que l'on ne soit pas aussi exigeant pour les médicaments que pour les aliments », s'emporte la Française Françoise Grossetête (Parti populaire européen). « Par exemple, on va autoriser le reconditionnement des boites des médicaments mais on n'a pas le droit de reconditionner un paquet de pâtes ».


« Le résultat n'est pas assez ambitieux », soutient l'Allemande Dagmar Roth-Behrendt (Socialistes et démocrates). « Je crains que nous ne devions bientôt faire face à d'énormes quantités de produits falsifiés : sommes-nous prêts à mettre nos règles en application également avec des pays avec lesquels nous avons des accords commerciaux, comme la Chine ? »


Avant de devenir officielle, la position du Parlement européen devra être votée en séance plénière en juin.

 
REF. : 20100430STO73837