Discours

Points principaux de l'intervention de M. Jerzy Buzek, Président du Parlement européen, devant le Parlement letton (Saeima)

Riga -
01/10/2009

La Lettonie est l'un des premiers pays où je me rends à titre officiel depuis mon entrée en fonction au Parlement européen. Je me suis fait un devoir d'aller dans les Pays baltes pour manifester la solidarité de l'Union européenne avec les États membres les plus gravement touchés par la crise économique mondiale.

La semaine dernière, lors de la réunion du G20 à Pittsburgh, l'Europe a pris l'initiative de proposer des solutions permettant de maintenir la croissance, mais également de préserver notre modèle économique. Nous avons collectivement fait pression pour remettre en état le système de régulation et mettre en place des réformes visant à réduire le risque créé par les excès de la finance.

Le niveau de chômage reste élevé et il se peut qu'il augmente encore. Il m'a toujours semblé qu'il n'y avait rien de plus démoralisant pour une société que d'avoir une population qui veut travailler mais qui ne trouve pas à s'employer. Nous avons le devoir de trouver les moyens de stimuler la croissance et de permettre aux gens d'y apporter leur contribution. Comme le disait John F. Kennedy dans son discours d'investiture "si une société libre ne peut rien faire pour les masses de pauvres, elle ne protège pas non plus la minorité de riches".

Je crois que nous devons relancer certaines idées qui figuraient dans la stratégie de Lisbonne et trouver le moyen d'investir dans les nouvelles technologies, dans l'éducation, de manière à investir en faveur du capital humain et de l'innovation. Car c'est ainsi que l'Europe est compétitive. Car c'est ainsi que l'Europe est forte.

L'Union européenne a su prouver qu'elle était un havre de sûreté pour ses membres.

Il importe à nos yeux de prendre garde à ne pas céder à deux tentations qui vont généralement de paire et qui sont aussi dangereuses l'une que l'autre, à savoir la renationalisation des politiques communautaires et le protectionnisme.

Dans le monde d'aujourd'hui, c'est une plus grande intégration européenne qu'il nous faut, et non pas le contraire - telle est la leçon que nous devons tirer de la crise. Il nous faut non seulement protéger le marché unique qui compte au nombre des grands succès européens; mais il nous faut l'approfondir encore, pour corriger les défauts qui demeurent. Parce que la politique de cohésion est le signe concret de la solidarité européenne, celle-ci doit rester une priorité dans le prochain budget communautaire si nous voulons mener à terme la réunification de notre continent.

Les Européens peuvent fort bien de ne rien entendre à la géopolitique, mais ils comprennent fort bien de quoi il s'agit lorsqu'on leur coupe leur chauffage.

Nous devons poursuivre notre action de diversification de nos ressources énergétiques et accroître les investissements dans les sources d'énergie renouvelables et des carburants fossiles. L'énergie nucléaire est également à notre disposition, et libre chaque État membre de décider de son utilisation.
Nous devons augmenter l'efficacité énergétique et promouvoir une meilleure conservation.

Je crois que l'heure est venue pour l'Union de se doter d'une véritable politique commune de l'énergie.

Nous devons étendre le réseau externe de gazoducs afin de ne pas dépendre d'un seul et même pays fournisseur. Nous devons accroître les interconnexions entre les réseaux de gaz et d'électricité. Nous devons également examiner la possibilité d'acheter le gaz en commun, de façon à établir un véritable marché européen de l'énergie qui repose sur la solidarité européenne.

Vendredi, le peuple irlandais votera lors d'un référendum sur le traité de Lisbonne. Je reste optimiste. Je crois que le "oui" l'emportera: il y a trois semaines je suis allé en Irlande pour dialoguer avec la société civile et répondre aux différentes questions pour lever les malentendus. Je suis un fervent partisan du traité, parce que je crois qu'il est à ce jour le meilleur traité possible pour faire fonctionner une Europe qui compte désormais vingt-sept États membres.

Nous considérons que, si nous voulons créer un véritable Démos européen, il nous faut mettre en place une plus grande coopération avec les parlements nationaux. Je suis très engagé dans ce sens. Je suis convaincu que le traité de Lisbonne nous permettra de trouver le moyen d'améliorer notre échange d'informations. Au Parlement européen, nous avons également besoin de vos commentaires de manière à ce que les législations que nous adoptons s'adaptent au mieux aux problèmes de nos concitoyens.


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