Banner page The European Parliament The European Parliament
Banner page

Index 
 
 

Direct Info: 18-02-98

[Start of Doc] [Previous] [Next]

Algérie



Poursuivre le dialogue avec le Parlement algérien

Au cours de la conférence de presse qu'ils ont tenue le 18 février, le Président de la délégation, M. André SOULIER (PPE, F) et le Vice- Président Hannes SWOBODA (PSE, A), ont affirmé cette volonté unanime de la délégation qui s'est rendue en Algérie du 8 au 12 février.

Sur place, la délégation a acquis une conviction : "Il y a une démocratie qui est en train d'émerger en Algérie, à nous de l'appuyer", a dit M. SOULIER. Et de poursuivre "Oui, il n'y a peut-être aucune chance mais s'il y en a une, nous commettrions une faute considérable en ne la saisissant pas". Et d'insister : "Il ne faut pas attendre de résultats immédiats concrets. Il s'est enclenché un mécanisme politique qui peut jouer un rôle d'accélérateur démocratique. N'oublions jamais que quand un dialogue commence, nul ne sait jusqu'où il pourra s'élargir".

Le Président est en effet convaincu que "la flamme de la démocratie s'est allumée. Fautif serait celui qui soufflerait dessus pour l'éteindre. Nous ne sommes les soutiens ni du gouvernement algérien ni de ses oppositions. Nous resterons ouverts et vigilants. Nous sommes le soutien de la démocratie".

La délégation a exercé son mandat dans le cadre de la résolution du PE
du 18/9/98. Elle a, pendant deux jours, débattu en profondeur de toutes les questions avec tous les partis représentés à l'Assemblée populaire nationale (APN) élus en juin 1997. Elle a rencontré le Premier Ministre, M. Ahmed OUYAHIA et le ministre des aFFAIRES éTRANGèRES, M. Ahmed ATTAF. Elle a en outre élargi, les jours suivants, ses consultations à un très large éventail de la société civile.

Il s'agissait d"établir une passerelle entre l'UE et l'Algérie et nous l'avons fait avec l'APN"... Celle-ci, fût-elle fragile, devait être construite", a poursuivi le Président de la délégation. Au Parlement (voir DIRECT INFO 17/98 et DIRECT INFO 16/98), "la liberté de ton de tous nos interlocuteurs, y compris de ceux de la majorité gouvernementale, était totale. Ils ont répondu à toutes nos questions, même si les réponses pouvaient être plus ou moins complètes", a-t-il ajouté. "Sur place, nos interlocuteurs nous ont dit qu'ils savent que le régime militaro- industriel n'est pas le bon. Ils nous demandent du temps pour mettre en place des institutions à caractère démocratique... Otons-nous de l'esprit l'idée qu'en Algérie, tout le monde est d'accord avec le gouvernement". Le Président a rappelé la constitution, au sein de l'APN, d'une commission d'enquête sur les fraudes aux éléctions municipales et le débat sécuritaire qui, début février, a duré 7 heures. Il a été très vif, y compris à l'égard du gouvernement.

Le PE et sa délégation sur place "n'ont jamais demandé la constitution d'une commission d'enquête internationale". Le Président a estimé en effet que "l'UE n'a pas à régler à leur place les problèmes des Algériens. En revanche, nos interlocuteurs sont prêts à discuter de toutes les questions et, sur les droits de l'homme, nous continuerons à avancer en discutant librement sur l'état des droits de l'homme dans nos sociétés respectives". Et d'expliquer que le ministre algérien des Affaires étrangères, M. Ahmed ATTAF, a dit à la délégation qu'un rapport sera soumis au mois de mars à la commission des droits de l'homme de l'ONU par l'ONDH (Observatoire national des droits de l'homme) : "nous en disposerons et en débattrons avec nos homologues, y compris à partir des documents qui nous ont été remis sur place à Alger".

A propos du terrorisme, M. SOULIER a rappelé qu'aucun des interlocuteurs de la délégation n'avait posé la question "qui tue qui" et que "nul n'a mis en cause l'armée devant nous". Une rencontre a eu lieu avec le Président du Haut Conseil islamique, M. A. MEZIANE, Monseigneur Henri TESSIER, Archevêque d'Alger et le Père DANYS GONZALES. Au cours de celle-ci, l'un des intervenants a dit : "Ne posez plus la question 'Qui tue qui ?', nous, nous le savons. L'Algérie n'a pas besoin de juge, elle a besoin d'aide et de compréhension". Au cours des rencontres, des questions ont été posées aux autorités algériennes sur la promptitude de l'armée à répondre aux massacres. Les membres du gouvernement ont répondu que l'Algérie doit faire face à un "terrorisme mutant" et qu'il n'est pas facile de s'adapter. Les autorités disent que, plus vite elles seront en mesure de répondre en implantant les forces de police, plus vite elles désarmeront les populations. En outre, la partie algérienne a fait valoir que l'embargo sur les armes anti-terroristes complique la tâche des pouvoirs publics",.

Un autre constat est établi par la délégation : tous les intervenants algériens ont dénoncé l'absence d'un partenariat global entre l'UE et l'Algérie. C'est vrai, a dit M. SOULIER, " il n'existe pas et nous devons contribuer à la définition d'une politique globale et cohérente entre les deux partenaires. Il convient également de se demander s'il ne faut pas que le FMI et les autres institutions internationales assouplissent leurs conditions à l'égard d'un pays qui traverse les difficultés que l'on connaît..."

Oui, l'UE doit être consciente que "le temps des modèles est terminé", a affirmé M. SOULIER. "L'Algérie est au confluent de la modernité occidentale et des traditions du monde arabo-musulman. L'Islam est sa religion". Une chose est claire, la partie est difficile à jouer : "la sécurité du bassin méditerranéen est en jeu et nous ne réglerons pas le problème à la place des Algériens."

Sssss RAPPEL : Partis représentés à l'APN
Majorité :     RND (Rassemblement National Démocratique)
        FLN (Front de Libération Nationale)
        MSP (Mouvement de la Société pour la Paix)
Opposition :    RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie)
        FFS (Front des Forces socialistes)
        PT (Parti des Travailleurs)
        MN (Mouvement ENNAHDA)

 
  Avis juridique