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Procédure : 2006/2057(INI)
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A6-0362/2006

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PV 15/11/2006 - 20
CRE 15/11/2006 - 20

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PV 16/11/2006 - 6.7
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P6_TA(2006)0497

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Jeudi 16 novembre 2006 - Strasbourg Edition définitive
Les femmes dans la politique internationale
P6_TA(2006)0497A6-0362/2006

Résolution du Parlement européen sur les femmes dans la politique internationale (2006/2057(INI))

Le Parlement européen ,

—  vu les principes consacrés à l'article 2, à l'article 3, paragraphe 2, à l'article 13, à l'article 137, paragraphe 1, point i), et à l'article 141 du traité CE,

—  vu la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, proclamée en 2000(1) , et notamment son article 23, lequel dispose que "l'égalité entre les hommes et les femmes doit être assurée dans tous les domaines, y compris en matière d'emploi, de travail et de rémunération. Le principe de l'égalité n'empêche pas le maintien ou l'adoption de mesures prévoyant des avantages spécifiques en faveur du sexe sous-représenté",

—  vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales de 1950,

—  vu les recommandations du Conseil de l'Europe, et en particulier sa résolution et son plan d'action adoptés au cours de la sixième conférence ministérielle européenne sur l'égalité entre les femmes et les hommes (Stockholm, 8-9 juin 2006), et plus spécialement la partie I, point F, de l'appendice, concernant la participation équilibrée des femmes et des hommes à la prise de décision,

—  vu la déclaration ministérielle d'Athènes de 1992, faite lors de la conférence européenne sur les femmes au pouvoir, aux termes de laquelle "les femmes représentent la moitié des talents et des qualifications potentielles de l'humanité et leur sous-représentation aux postes de décision constitue une perte pour la société dans son ensemble",

—  vu la déclaration ministérielle de Paris de 1999, faite lors de la conférence européenne sur les femmes et les hommes au pouvoir – une société égalitaire, une économie dynamique, une ambition européenne,

—  vu la déclaration finale de la conférence annuelle du Réseau des commissions parlementaires de l'égalité des chances hommes/femmes (NCEO), adoptée à Rome le 21 novembre 2003,

—  vu la stratégie de Lisbonne en faveur de la croissance et de l'emploi de mars 2000, et en particulier l'importance qu'elle accorde aux répercussions positives des politiques économiques respectueuses de l'égalité des hommes et des femmes sur la stratégie globale de l'Union européenne en faveur de l'emploi et de la compétitivité,

—  vu la résolution du Conseil du 27 mars 1995(2) et la recommandation 96/694/CE du Conseil du 2 décembre 1996(3) concernant la participation équilibrée des femmes et des hommes au processus de décision,

—  vu ses résolutions du 18 janvier 2001(4) sur le rapport de la Commission sur la mise en œuvre de la recommandation 96/694/CE du Conseil précitée et du 2 mars 2000 sur les femmes dans le processus décisionnel(5) ,

—  vu la déclaration ministérielle de la conférence des ministres chargés de l'égalité entre les femmes et les hommes qui s'est tenue à Luxembourg le 4 février 2005,

—  vu la feuille de route de la Commission pour l'égalité entre les femmes et les hommes 2006-2010 (COM(2006)0092), et en particulier sa proposition de soutenir la création d'un réseau de femmes occupant des postes à responsabilité,

—  vu la déclaration universelle des droits de l'homme adoptée par les Nations unies en 1948,

—  vu la convention des Nations unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes de 1979, qui énonce notamment que les États parties prennent toutes les mesures appropriées pour éliminer la discrimination à l'égard des femmes dans la vie politique et publique du pays,

—  vu le protocole facultatif à la convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, adopté en 1999, qui énonce que des communications peuvent être présentées par des particuliers ou groupes de particuliers relevant de la juridiction d'un État partie, qui affirment être victimes d'une violation d'un des droits énoncés dans la Convention,

—  rappelant que la convention sur les droits politiques de la femme de 1952 énonce que les femmes auront, dans des conditions d'égalité avec les hommes et sans aucune discrimination, le droit de voter dans toutes les élections, seront éligibles à tous les organismes publiquement élus constitués en vertu de la législation nationale et auront le droit d'occuper tous les postes publics et d'exercer toutes les fonctions publiques établis en vertu de la législation nationale,

—  rappelant le pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966, et en particulier son article 25 qui énonce que tout citoyen a le droit et la possibilité de prendre part à la direction des affaires publiques, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis, de voter et d'être élu au cours d'élections périodiques honnêtes,

—  vu la quatrième conférence mondiale sur les femmes qui s'est tenue à Pékin en septembre 1995, la déclaration et la plateforme d'action adoptées à Pékin ainsi que les documents en résultant adoptés lors des sessions spéciales des Nations unies Pékin + 5 et Pékin + 10 sur d'autres actions et initiatives pour mettre en œuvre la déclaration et la plateforme d'action de Pékin, adoptés respectivement le 9 juin 2000 et le 11 mars 2005, 

—  vu les objectifs du Millénaire pour le développement, et en particulier l'objectif 3 visant à promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes en tant que condition pour vaincre la faim, la pauvreté et la maladie et pour parvenir à l'égalité à tous les niveaux de l'enseignement et sur tous les lieux du travail, à la maîtrise des ressources et à la représentation égale dans la vie publique et politique,

—  vu la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée le 31 octobre 2000, et en particulier son paragraphe 1, par lequel il est instamment demandé aux États membres de faire en sorte que les femmes soient davantage représentées à tous les niveaux de prise de décisions dans les institutions et mécanismes nationaux, régionaux et internationaux pour la prévention, la gestion et le règlement des différends, et la déclaration présidentielle adoptée à l'occasion du cinquième anniversaire de la résolution 1325 en octobre 2005,

—  vu sa résolution du 30 novembre 2000 sur la participation des femmes au règlement pacifique des conflits(6) ,

—  vu sa résolution du 1er  juin 2006 sur la situation des femmes dans les conflits armées et leur rôle dans la reconstruction et le processus démocratique dans les pays en situation post-conflit(7) ,

—  vu les conclusions de la réunion du Conseil "Affaires générales et des relations extérieures" des 23 et 24 mai 2005, sur la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) et le projet d'orientations sur la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies dans le contexte de ladite politique, adopté par le Conseil européen du 16 décembre 2005,

—  vu la décision du gouvernement norvégien d'instituer par la voie législative un quota de 40 % de femmes dans les organes de direction des sociétés de capitaux,

—  vu l'article 45 de son règlement,

—  vu le rapport de la commission des droits de la femme et de l'égalité des genres (A6-0362/2006),

A.  considérant que la conférence de Pékin de 1995 a établi un jalon dans la promotion des questions d'égalité des sexes, notamment en ce qui concerne la représentation des femmes en politique,

B.  considérant qu'une participation équilibrée des femmes et des hommes au processus politique et à la prise de décision reflétera plus fidèlement la composition de la société et est essentielle pour les générations futures et pour le bon fonctionnement des sociétés démocratiques,

C.  considérant que la bonne gouvernance inclut le respect des libertés fondamentales et implique que les droits de la femme soient traités comme des droits fondamentaux de base,

D.  considérant que la position de la femme dans la politique internationale est essentiellement fonction de la position qui est la sienne sur le plan national ainsi que des stratégies de promotion du rôle de la femme mises en œuvre au niveau national,

E.  considérant le rôle important que joue le Secrétaire général des Nations unies, par l'entremise de la politique du personnel des Nations unies, en donnant l'exemple d'un meilleur équilibre entre les hommes et les femmes sur la scène politique mondiale,

F.  considérant que sur les 191 pays membres que comptent aujourd'hui les Nations unies, seuls 47 sont signataires et 115 sont parties à la convention sur les droits politiques de la femme du 20 décembre 1952, et qu'il en résulte que les femmes ne sont pas en situation d'exercer pleinement leurs droits politiques et sont interdites d'élections ou de charges publiques dans de nombreux pays,

G.  considérant que, d'après l'Union interparlementaire, sur les 43 961 membres que comptent les parlements dans le monde (chambres basses et chambres hautes confondues), il n'y a que 16,4 % de femmes (7 195); que ce sont les pays scandinaves qui ont le plus de femmes parlementaires (40 %), suivis des Amériques (19,6 %) et de l'Europe (pays OSCE, Scandinavie exclue) où la moyenne est de 16,9 %, légèrement supérieure à celle de l'Afrique subsaharienne (16,4 %), de l'Asie (16,3 %), du Pacifique (12 %) et des pays arabes (8,3 %),

H.  considérant que ces chiffres révèlent un déficit démocratique fondamental, tant au niveau européen que dans le contexte international,

I.  considérant que, quoique l'égalité de droit soit une réalité dans la plupart des pays d'Europe et dans le monde, des inégalités de fait persistent qui touchent à la répartition du pouvoir et des responsabilités ainsi qu'à l'accès aux ressources économiques, sociales et culturelles entre hommes et femmes, du fait de la persistance des rôles dominants, de leurs répercussions sur le partage inégal des responsabilités familiales et à la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle de la plupart des femmes,

J.  considérant que, en dépit de la législation introduite, au niveau de la communauté et au niveau national, au cours des trente dernières années, l'écart de rémunération persistant aujourd'hui entre l'homme et la femme dans l'Union européenne est en moyenne de 15 % à emploi de valeur égale,

K.  considérant que, à l'heure actuelle, il y a plus de femmes que d'hommes détentrices d'un diplôme universitaire,

L.  considérant que l'exigence de listes de candidats équilibrées hommes-femmes serait sans effet si les femmes étaient toutes placées en queue de liste, et que des listes où les candidats et les candidates sont placés en stricte alternance peuvent ne pas donner les résultats souhaités lorsque le pays considéré pratique un système électoral de "liste ouverte", qui permet aux électeurs de modifier l'ordre des candidats,

M.  considérant le rôle crucial que les partis politiques jouent - en usant de moyens variés - pour empêcher que les femmes soient mieux représentées dans la politique ou pour accroître leur représentation politique; faisant observer que, quand bien même de plus en plus de partis politiques prétendraient que leur nombre d'affiliés est équilibré entre les hommes et les femmes, cela se reflète rarement aux niveaux supérieurs de ceux-ci, 11 % seulement des dirigeants de parti dans le monde étant des femmes,

N.  faisant observer avec grand intérêt qu'une panoplie d'autres instruments existe pour assurer une participation accrue des femmes en politique, comme des mesures de discrimination positive visant à garantir la présence et l'action féminines dans les parlements et à d'autres postes électifs,

O.  soulignant que les pays qui ont été le théâtre de conflits et dont le système électoral a été conçu et les élections organisées par les Nations unies sont plus susceptibles de voir un plus grand nombre de femmes accéder à des fonctions électives, parce que les Nations unies imposent une représentation plus équilibrée des hommes et des femmes;

P.  considérant qu'il importe que des campagnes de sensibilisation modifient l'acceptation culturelle d'une prise de décision équilibrée et que parvenir à l'équilibre entre les hommes et les femmes en politique passe souvent par un changement des attitudes du public,

Q.  sachant bien que le partage des responsabilités familiales entre les hommes et les femmes a des répercussions sur la participation pleine et entière de ces dernières à la politique,

R.  reconnaissant le rôle clé que les associations non gouvernementales et bénévoles jouent pour essayer d'agir sur la société dans son entier pour qu'elle accepte un équilibre plus juste entre les hommes et les femmes en politique,

S.  considérant que les femmes peuvent apporter, et ont apporté, une contribution positive à l'émergence d'une culture du changement dans les questions d'égalité hommes-femmes et dans des questions sociétales et politiques essentielles dans leur ensemble, par leur investissement à la base,

T.  considérant qu'il importe que les femmes reçoivent un enseignement et une formation précoces pour qu'elles puissent acquérir les connaissances, les aptitudes et la confiance nécessaires pour participer pleinement à la société et à la politique,

U.  considérant que les femmes ont contribué à mettre en lumière les besoins particuliers qui sont les leurs, de manière que la politique future intègre une perspective d'égalité des sexes et serve mieux la démocratie dans son ensemble,

V.  considérant qu'il est essentiel que ses pairs reconnaissent que la femme apporte une contribution positive à la politique internationale et que cela concourt à une culture politique plus équilibrée du point de vue hommes-femmes, et faisant observer que le prix Nobel de la paix couronna douze femmes seulement pour quatre-vingt douze lauréats,

1.  rappelle qu'il a déjà été reconnu au niveau européen, dans sa résolution précitée du 2 mars 2000, qu'une participation équilibrée des deux sexes à la prise de décision est une condition indispensable de la démocratie;

2.  constate que des élections récentes ont porté des femmes aux fonctions suprêmes de chef d'État ou de gouvernement dans certains États membres et dans certains pays tiers;

3.  félicite les chefs de gouvernement qui ont appliqué des critères objectifs et non discriminatoires au choix des membres de leurs cabinets;

4.  regrette profondément que, en dépit des nombreuses déclarations et recommandations politiques, des programmes d'action adoptés dans le monde et de législations spécifiques adoptées au niveau national, inégalité, discrimination entre hommes et femmes et sous représentation de celles-ci dans la politique persistent en Europe et dans le monde; note en particulier que le pourcentage de femmes élues au Parlement européen s'échelonne de 58 % à 0 % selon les États membres (avec une moyenne légèrement supérieure à 30 %) et que le pourcentage de femmes élues dans les parlements nationaux des États membres varie entre 45 % et 9 %;

5.  attire l'attention sur le fait que la faible participation des femmes aux centres de prise de décision et de gouvernance est souvent liée aux difficultés de conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle, à la répartition inégale des responsabilités familiales ainsi qu'à la discrimination au travail et dans la formation professionnelle;

6.  souligne qu'il faut voir plus loin que les chiffres et s'intéresser effectivement à la manière dont les femmes actives en politique influencent la gouvernance et le règlement des conflits ainsi qu'à la contribution qu'elles apportent pour que les réformes en matière de gouvernance, la responsabilité et l'État de droit soient placés en haut de l'agenda politique aux niveaux national et international;

7.  souligne que la faible présence des femmes en politique prive l'Europe d'un potentiel humain précieux;

8.  soutient l'action de l'Union interparlementaire en faveur d'un plus grand équilibre entre hommes et femmes en politique;

9.  se réjouit de l'insertion de la question de la participation égale des femmes et des hommes dans les processus de décision à tous les niveaux dans le programme de travail de la convention des Nations unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes pour 2006 et attend avec impatience ses conclusions et recommandations; demande que la Commission et la Présidence du Conseil informent le Parlement des négociations dans le cadre de ladite convention;

10.  regrette la sous-représentation des femmes dans les fonctions de représentant et d'envoyé spécial et personnel ou de conseiller personnel et spécial du Secrétaire général des Nations unies et à d'autres postes de haut niveau aux Nations unies;

11.  encourage le Secrétaire général des Nations unies à nommer davantage de femmes en qualité de représentant et d'envoyé spécial et personnel ou de conseiller personnel et spécial du Secrétaire général des Nations unies; souligne qu'il serait opportun que les États membres des Nations unies présentent, concurremment à des candidatures masculines, des candidatures féminines lorsque le Secrétaire général envisage de pourvoir de pareils postes de haut niveau;

12.  préconise que les délégations au Conseil de sécurité des Nations unies comprennent des femmes, afin qu'il soit tenu compte de la dimension d'égalité hommes-femmes dans toutes les missions de maintien de la paix, de règlement des conflits ou d'établissement de la paix, et qu'elles rencontrent des organisations locales de femmes lorsqu'elles visitent des zones de conflit;

13.  se réjouit de la décision prise par le Conseil d'envoyer aux États membres un questionnaire pour demander des informations sur les mesures qu'ils ont prises en vue de mettre en œuvre la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies; invite le Conseil à communiquer ses conclusions au Parlement;

14.  préconise avec insistance la participation d'agents de police, civils et militaires féminins aux missions de maintien de la paix de l'UE et des Nations unies afin de renforcer la communication avec les femmes des communautés locales et l'ensemble de celles-ci;

15.  regrette qu'il n'y ait pour l'heure qu'une femme exerçant les fonctions de représentant personnel du Haut Représentant de l'UE pour la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC), sur 14 postes de représentant spécial/représentant personnel/envoyé spécial ou coordinateur spécial(8) ; invite instamment le Haut Représentant à nommer davantage de femmes aux postes de représentant spécial du secrétaire général, de représentant ou d'envoyé spécial; invite le Haut Représentant à demander que les États membres présentent des candidatures de femmes, à côté des candidatures d'hommes, lorsqu'il envisage de pourvoir de pareils postes de haut niveau;

16.  invite le Haut Représentant de l'Union européenne pour la PESC, la Commission et tous les États membres à recruter davantage de femmes en tant qu'agents civils, militaires et de police et à désigner un représentant pour les questions d'égalité hommes-femmes dans toutes les missions de PESD, comme cela s'est fait pour la première pour la mission EUFOR en République démocratique du Congo;

17.  préconise vivement une formation aux questions d'égalité entre les hommes et les femmes pour tout le personnel participant à des missions de PESD; encourage également la publication d'un manuel consacré aux implications des questions d'égalité hommes-femmes dans les situations de conflit et de post-conflit à l'intention de l'ensemble du personnel participant à des opérations de PESD;

18.  se réjouit que la Commission présidée par M. Barroso compte un nombre plus élevé de femmes, mais déplore que la parité complète ne soit toujours pas atteinte au rang de commissaire, ce qui donnerait l'exemple à l'Europe et au monde;

19.  se réjouit de la nouvelle feuille de route de la Commission en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes, et en particulier de sa décision de promouvoir un réseau de femmes occupant des postes à responsabilité;

20.  se réjouit de la décision de créer un Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes, lequel devrait prendre l'initiative de promouvoir une représentation renforcée des femmes dans la politique internationale;

21.  invite la Commission à le tenir régulièrement informé de l'état des travaux du groupe de commissaires sur les droits fondamentaux, la lutte contre les discriminations et l'égalité des chances;

22.  déplore que dans les cent sept délégations et bureaux de la Commission dans des pays tiers, sept femmes seulement occupent actuellement les fonctions de chef de délégation; demande instamment à la Commission de nommer plus de femmes dans des positions élevées au sein des délégations extérieures;

23.  invite la Commission à utiliser les instruments des relations extérieures et de la politique de coopération au développement de l'Union européenne comme moteurs de la promotion des femmes en politique, en particulier leur participation en tant qu'électrices et candidates, et l'incorporation des questions d'égalité hommes-femmes dans les programmes des partis politiques au cours des campagnes électorales et lors des négociations avec d'autres organisations régionales, notamment en ce qui concerne le renforcement des capacités;

24.  demande à la Commission de soutenir davantage les projets visant à assurer la participation de la femme à la vie politique à l'intérieur et à l'extérieur de l'Union européenne, notamment dans les pays en développement;

25.  préconise que sa commission compétente établisse et soutienne une coopération permanente et régulière entre femmes parlementaires du monde entier; demande que des ressources soient mises à disposition pour que le Forum des femmes de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE et les enceintes similaires d'autres assemblées parlementaires auxquelles l'Union européenne participe puissent se réunir et prendre des initiatives communes;

26.  demande aux États membres et à la Commission de promouvoir, s'il y a lieu, des programmes d'enseignement qui sensibilisent les citoyens, en particulier les jeunes, aux droits égaux qu'a la femme de participer pleinement à la vie politique dès le jeune âge;

27.  demande que le futur Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes lui fasse régulièrement rapport au sujet de sa collecte d'informations et des répercussions de la législation nationale sur la parité et des politiques d'égalité des sexes pratiquées par les États membres ainsi qu'au sujet des meilleures pratiques des partis politiques européens et nationaux;

28.  demande que le futur Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes surveille et évalue les progrès réalisés en matière de participation équilibrée des femmes et des hommes à la vie politique et publique en Europe, au moyen de l'établissement et de l'application d'indicateurs de contrôle et d'évaluation fondés sur des données ventilées par sexe, internationalement comparables, qu'il publie ensuite des rapports sur les mesures prises et sur les progrès effectués quant à l'association des femmes au processus de décision et qu'il assure une large diffusion de ces rapports;

29.  demande que le futur Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes se concerte avec des organismes indépendants - un observatoire de la parité ou un organisme spécial de médiation, indépendant et institué au niveau national, par exemple - dans le but de surveiller les politiques gouvernementales en matière de participation équilibrée des femmes et des hommes à la vie politique et publique;

30.  encourage le futur Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes à collaborer avec des établissements de recherche en vue d'étudier les obstacles à l'accès des femmes à des postes publics de haut niveau et à la vie politique, en ce compris la recherche sur les stéréotypes relatifs à la femme en politique;

31.  encourage le futur Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes à voir au-delà des chiffres et à prendre la mesure réelle du type d'influence que les femmes exercent sur les programmes politiques, tant au niveau national qu'au niveau international, notamment dans la promotion de la bonne gouvernance, de la responsabilité et de l'État de droit;

32.  reconnaît que les États sont le moteur essentiel d'un changement réel de la représentation politique; demande instamment à tous les États d'honorer les engagement souscrits dans la déclaration et dans la plateforme d'action adoptées à Pékin en septembre 1995 et au cours des conférences Pékin + 5 et Pékin + 10 ainsi que les engagements souscrits en droit international, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies et la stratégie de Lisbonne;

33.  invite tous les États membres à encourager les femmes à se porter candidates à des postes de haut niveau à l'échelle internationale et demande instamment aux États membres de présenter des candidatures féminines, concurremment à des candidatures masculines, à des postes de haut niveau dans le cadre des négociations et des responsabilités internationales, notamment dans les organisations internationales;

34.  invite la Commission à étudier et à faire connaître les meilleures pratiques en matière de mesures internationales et nationales visant à renforcer la place de la femme dans les positions les plus élevées de la politique internationale;

35.  invite les États membres à attirer, à former et à nommer davantage de femmes dans les carrières diplomatiques ainsi qu'à promouvoir l'équilibre entre hommes et femmes dans leurs délégations aux Nations unies et lors d'autres réunions et conférences internationales;

36.  invite les États membres à sensibiliser davantage leur opinion publique en vue de mettre fin à des attitudes sociétales négatives au sujet de la capacité des femmes à participer sur un pied d'égalité au processus politique aux niveaux national et international; encourage les États membres à promouvoir l'objectif de l'équilibre entre hommes et femmes dans tous les emplois publics;

37.  invite les États membres à adopter des mesures visant à concilier vie sociale, vie professionnelle et vie familiale, dans le droit fil des conclusions du Conseil européen de Barcelone des 15 et 16 mars 2002 et de la stratégie de Lisbonne, créant ainsi un environnement qui permette aux femmes de participer pleinement à la politique;

38.  invite les États membres à prendre des mesures législatives et/ou administratives appropriées afin d'aider les représentants élus à concilier leurs responsabilités familiales et leurs responsabilités publiques et, notamment, afin d'encourager les parlements et les autorités locales et régionales à faire en sorte que leur emploi du temps et leurs méthodes de travail mettent les représentants élus de l'un et l'autre sexe en situation de concilier travail et vie familiale;

39.  invite les États membres à offrir aux femmes davantage de possibilités de formation en vue de l'acquisition des compétences adéquates pour faciliter une carrière dans la politique et l'accession aux postes de haut niveau;

40.  invite les partis politiques d'Europe à promouvoir une participation équilibrée des deux sexes sur leurs listes de candidats;

41.  encourage les partis politiques d'Europe à éliminer tous les obstacles qui, directement ou indirectement, constituent des discriminations à la participation des femmes, afin de faire en sorte que ces dernières aient le droit de participer pleinement, à tous les niveaux de prise de décision, à toutes les structures politiques internes et à tous les processus de nomination ainsi qu'à la direction des partis politiques, sur un pied d'égalité avec les hommes;

42.  engage les autorités compétentes à assurer la formation politique, notamment à apprendre à s'exprimer en public, aux femmes et aux hommes qui souhaitent s'engager en politique;

43.  invite instamment les partis politiques à faire figurer des femmes et des hommes qualifiés sur leurs listes de candidatures à des charges électives;

44.  encourage les partis politiques à engager les femmes à participer aux élections et à briguer des mandats et à accroître la sensibilité aux besoins et aspirations spécifiques des femmes dans leurs programmes;

45.  encourage ses délégations interparlementaires et ses missions de commission et de délégation à prendre en considération, dans le contexte de leurs activités, le problème de l'égalité entre les sexes et celui d'une représentation suffisante des femmes dans la coopération institutionnelle;

46.  réaffirme son engagement en faveur de l'intégration de la dimension d'égalité des sexes et d'une représentation équilibrée hommes-femmes dans toutes les délégations et missions, en ce compris les missions d'observation électorale;

47.  encourage les missions d'observation électorale conduites par certains de ses députés à être particulièrement attentives à la question de la participation des femmes aux campagnes politiques, que ce soit en qualité de candidates ou en qualité d'électrices;

48.  encourage la promotion de jeunes femmes dans des organisations de la société civile pour qu'elles puissent acquérir de l'expérience, des aptitudes et des capacités susceptibles d'être transférées dans le domaine de la participation politique;

49.  encourage la création d'organisations non gouvernementales en particulier des ONG visant à promouvoir la participation des femmes qui offrent des formations en matière de direction, de prise de décision, d'aptitude à parler en public, d'utilisation des technologies de l'information et de la communication, de confiance en soi et de campagnes politiques, ainsi que le soutien à de telles organisations non gouvernementales, lorsqu'elles existent;

50.  encourage les médias à reconnaître l'importance de la participation des femmes au processus politique, à assurer une couverture équitable et équilibrée des candidats et des candidates et à s'intéresser aux effets des programmes des partis sur la promotion des besoins et des droits des femmes et de leur représentation démocratique;

51.  charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux autres institutions et organes de l'Union européenne, aux gouvernements et aux parlements des États membres et des membres des Nations unies ainsi qu'au Secrétaire général des Nations unies.

(1) JO C 364 du 18.12.2000, p. 1.
(2) JO C 168 du 4.7.1995, p. 3.
(3) JO L 319 du 10.12.1996, p. 11.
(4) JO C 262 du 18.9.2001, p. 248.
(5) JO C 346 du 4.12.2000, p. 82.
(6) JO C 228 du 13.8.2001, p. 186.
(7) Textes adoptés de cette date, P6_TA(2006)0245.
(8) Annalisa Gianella, représentante personnelle de Javier Solana pour la non-prolifération des armes de destruction massive

Dernière mise à jour: 15 mai 2007Avis juridique