Bien évidemment, la mobilité d'un travailleur ne se limite pas à ses déplacements d'une région ou d'un pays vers un autre, elle comprend également la mobilité en termes d'emploi, c'est-à-dire la fréquence des changements de poste d'un salarié. Sur le marché du travail européen, qui se caractérise par un chômage élevé dans certaines régions et dans certains secteurs, et par une pénurie de compétences et de travailleurs dans d'autres, l'accroissement de la mobilité de l'emploi permettrait de créer un plus grand nombre d'emplois de meilleure qualité. « L'Union européenne devrait faciliter la mobilité des travailleurs et la vie des citoyens européens qui décident de changer d'emploi ou de pays », selon Jan Andersson, président de la commission parlementaire pour l'emploi. « La mobilité des travailleurs tient une place prépondérante dans la lutte contre le chômage. L'accroissement de la mobilité de la main d'œuvre, tant entre professions qu'entre pays, contribuera à un taux d'activité supérieur. Nous devons pour cette raison nous concentrer autant sur la mobilité sectorielle que sur la mobilité géographique ».
Les européens ont tendance à s'en tenir à ce qu'ils connaissent
En Europe, la mobilité professionnelle est assez limitée, les travailleurs conservant un même emploi en moyenne pendant 10,6 ans, contre 6,7 ans aux Etats-Unis*. Alors que les statistiques européennes indiquent qu'en 2003, 8,2 % de la main d'œuvre européenne a changé d'emploi après une année, il existe des différences importantes entre les pays, avec des chiffres de mobilité professionnelle annuelle d'environ 13 % au Royaume-Uni et au Danemark, contre 5 % en Grèce et en Suède.
Il a été démontré que les « travailleurs mobiles » n'hésitant pas à changer d’emploi et/ou de pays, acquièrent de nouvelles compétences et s’adaptent plus facilement à de nouveaux environnements.
« Nous nous trouvons face à une situation paradoxale : l'emploi est devenu plus mobile mais les travailleurs n'ont pas suivi cette tendance », explique le Commissaire européen à l'emploi et aux affaires sociales, M. Vladimir Spidla. « La mondialisation est en train de transformer l'environnement professionnel et elle oblige les travailleurs à faire preuve d'une flexibilité et d'une capacité à s'adapter au changement accrues. L'absence actuelle d'une véritable « culture de la mobilité » constitue donc un handicap certain ».
Le nouveau portail européen de l'emploi proposera un million d'offres d'emploi
Il y a 30 ans, les travailleurs européens officiant à l'étranger représentaient déjà environ 1,5 % de la population. Malgré des frontières communes et un accroissement au cours des dernières années, le trafic transfrontalier de travailleurs n'est que de 0,2 %.
L'Union européenne prévoit une augmentation de la mobilité géographique du fait de la croissance de la mondialisation. Du fait de nombreuses difficultés pour travailler à l'étranger, l'un des principaux défis est d'atténuer les obstacles juridiques, pratiques et sociaux liés à la mobilité. « L'Année européenne de la mobilité des travailleurs » coïncidera avec un certain nombre d'autres initiatives, dont des accords transitoires pour la libre circulation des personnes dans une Union européenne élargie, ainsi que le lancement d'un nouveau portail internet proposant des offres d'emploi à l'échelle européenne. En outre, des progrès sont attendus en matière de transfert de droits de retraite, et la carte européenne d'assurance maladie, déjà utilisée par 50 millions de ressortissants, sera bientôt disponible dans la totalité des 25 États membres.
Le nouveau portail de l'emploi, baptisé EURES, offrira aux citoyens européens un accès direct à toutes les offres d'emploi publiées par les services publics de l'emploi, soit en permanence environ un million d'emplois. Il sera officiellement lancé lundi dans le cadre d'une conférence de haut niveau inaugurant l'Année européenne de la mobilité des travailleurs, conférence au cours de laquelle s'exprimeront M. Andersson, M. Jose Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et M. Spidla. M. Jan Kulakowski, membre du Parti libéral au Parlement européen, et Mme Jean Lambert, vice-présidente des Verts, participeront également à cet événement.
* Source : Centre des études politiques européennes