Communiqué de presse

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Séance plénière
Le Président Borrell clôture son mandat en présentant le bilan du PE à la fin de la mi-législature
Institutions - 15-01-2007 - 21:05
Ouvrant pour la dernière fois la session plénière en sa qualité de président du Parlement européen, Josep Borrell a exposé le bilan de la mi-législature. Il est tout d'abord revenu sur les défis qui se posaient aux députés à l'inauguration de la nouvelle législature, "des difficultés dépassées par un Parlement élargi qui fonctionne, sans qu'il n'y ait eu de confrontation entre une vieille et une nouvelle Europe".

 
Josep Borrell a souligné tout d'abord le succès de l'élargissement et l'intégration réussie des nouveaux députés au sein du Parlement européen, Il s'est félicité ensuite de l'adoption  du statut des députés.  Enfin, le Président a insisté sur l'importance que représente l'acquisition par l'institution de ses propres bâtiments, dans les trois villes où elle siège, qui permet au contribuable européen une économie de 100 millions d'euros de frais de location.
 
Le Président a également tenu à remercier les députés pour leur "travail dynamique" et leur recherche de "solutions efficaces" ayant permis au Parlement de jouer un "rôle d'amortisseur", notamment dans le cas de la directive sur les services, permettant le "miracle européen" qu'est le fonctionnement de ce Parlement. A ce titre, il s'est étendu sur les relations interinstitutionnelles, rappelant tout d'abord les circonstances de l'investiture de la Commission Barroso qui a donné lieu au rejet de la candidature de certains commissaires. "Le Parlement européen a atteint sa maturité politique", a-t-il jugé, en précisant qu'il n'était pas un "tigre de papier" mais pouvait "exercer ses compétences sans provoquer de crise".
 
Par ailleurs, le Président a plaidé en faveur d'une collaboration entres les institutions, puisqu'elles représentent "l'intérêt général européen". Si la relation avec la Commission a été "franche et courtoise", il déplore celle plus compliquée avec le Conseil. Le Parlement "peut être fier de la part qui lui revient dans le rôle de co-législateur", a-t-il insisté en mettant en évidence le rôle primordial joué dans trois grands dossiers : la directive sur les services, le règlement REACH et l'accord sur la protection des données dans le cadre de la lutte contre terrorisme. Néanmoins, le Président a déclaré être persuadé "pouvoir faire mieux", car il existe un risque de "sécheresse législative : une meilleure réglementation ne veut pas dire pas de réglementation".
 
En ce qui concerne la Constitution, il a été souligné que tous avaient conscience d'une "crise très grave", mais qu'il était cependant de bons augures que la présidence allemande ait exprimé son intention de demander au Parlement "de participer étroitement à la recherche d'une solution".
 
Le rôle de l'Europe sur la scène internationale a été mis en avant par le "désir très vif d'Europe dans le monde", d'où le développement de la "diplomatie parlementaire". Josep Borrell s'est en effet rendu dans de nombreux pays. De nombreux députés se sont rendus dans les délégations de l'UE à l'étranger, pour les 33 missions de surveillances de processus électoraux notamment. Le Président du Parlement a lui-même rendu visite à tous les pays du pourtour méditerranéen. Et inversement, les eurodéputés ont accueilli de nombreux chefs d'Etats, parmi lesquels Viktor Iouchtchenko, Mahmoud Abbas, Evo Morales. "Là aussi, nous avons gagné dans l'importance politique et nous sommes fiers de travailler dans cette institution", s'est-il félicité. De même qu'il a mis en exergue l'importance du Prix Sakharov "qui redonne courage à ceux qui luttent pour la liberté. Alexandre Milinkevitch ne nous a pas dit autre chose en décembre dernier. Le régime d'Alexandre Loukachenko le sait ".
 
Néanmoins, le Président du Parlement européen a déploré ne pas voir pu remettre ce prix à des personnes encore détenues dans leur pays, en profitant pour rappeler que "pendant ces 30 mois, la défense des valeurs démocratiques et des droits de l'homme s'est consolidée comme l'un de nos signes d'identité. C'est une question centrale dans les relations du Parlement européen avec les autres pays". Josep Borrell a lui-même eu l'occasion de s'adresser directement à Poutine au sujet de ces valeurs, lui soulignant que l'Europe n'était "pas prête à les échanger contre de l'énergie".
 
D'autre part, le Président s'est inquiété des derniers sondages révélant que seuls 37% des citoyens européens étaient encore favorables à la mondialisation et qu'il faudrait donc y trouver une "réponse économique, écologique et sociale" car "c'est autour du couple  indissociable "énergie/environnement" que le UE peut trouver une raison d'être". "En attendant", a-t-il enchainé, "les désespérés de la mondialisation continuent d'affluer sur nos côtes au risque de leur vie". Une politique commune en matière d'immigration semble indispensable, alors que les frontières intérieures n'existent plus.
 
Enfin, Josep Borrell a conclu en paraphrasant le poète Antonio Machado qui disait que "tout passe et tout reste", mais "si les hommes passent, les institutions restent qui témoignent de la démocratie supranationale que nous construisons ensemble".


REF.: 20070112IPR01904
Dernière mise à jour: 4 décembre 2007Avis juridique