Si nous voulons réduire nos émissions de gaz à effet de serre, il est clair pour tous que les économies des pays industrialisés, fortement émettrices de ces gaz, doivent se convertir à des formes d’énergie alternatives ! Mais lesquelles ?
De l’importance de diversifier les énergies
« Pourquoi ne pensons nous pas sérieusement à une alternative qui nous fournirait 70% de l’électricité sans émission de gaz à effet de serre : l’énergie nucléaire ? », a déclaré le député allemand du groupe PPE/DE Herbert Reul.
Pour le socialiste allemand Matthias Groote, « Lorsqu’on parle des politiques de lutte contre le changement climatique, l’expression « le temps c’est de l’argent » a une toute autre signification ! ». La députée française Anne Laperrouze, du groupe ALDE, a appelé à l’adoption de mesures fiscales pour promouvoir l’efficacité énergétique, l’utilisation de biocarburants et les énergies renouvelables.
Le ministre allemand de l’Environnement, Sigmar Gabriel, était également présent. Il a résumé d’une formule choc la nécessité de lutter contre le changement climatique : « si on continue comme ça, dans 50 ans...il nous faudra une deuxième planète ».
Agir sur les moyens de transport
Dans quelle mesure les différents types de moyens de transport agissent négativement sur le climat ? Voilà un des éléments clé du débat.
Pour la députée verte allemande Rebecca Harms, « l’Allemagne a torpillé les objectifs de réduction des émissions issues de l’industrie de l’automobile, parce qu’elle veut protéger son petit marché de limousines de luxe ! Tout d’un coup, on ne parle plus de protection climatique, mais de Porsches ! ». Le ministre allemand de l’environnement S. Gabriel lui a répondu que ce n’était pas le cas et que « l’objectif de 120g d’émissions de CO2/km pouvait être atteint par la combinaison de la technologie automobile et l’utilisation de biocarburants. »
Le député européen Graham Watson a demandé : « Avons-nous réellement besoin de voitures qui passent de 0 à 100 km/h en six secondes, si cela détruira notre planète en mois de six décennies ? »
Enfin, Gyula Hegyi, député socialiste hongrois, a rappelé que « le transport est une cause majeure du changement climatique : le transport routier utilise 5 fois plus d’énergie que le transport ferroviaire, pour le même nombre de passagers. C’est pourquoi le transport public doit rester une priorité pour nous. »
L’UE fer de lance mondial de la lutte contre le changement climatique ?
L’UE a fait un mauvais départ pour pouvoir remplir les exigences de Kyoto, et si cela continue, cela conduira la planète à un bouleversement insoutenable, selon le député communiste Francis Wurtz.
Mais l’UE seule peut-elle agir contre un phénomène mondial ? Bien sûr que non, comme le rappelle le député européen Anders Wijkman : « Pourquoi ne pas établir un partenariat avec la Chine et l’Inde ? Sinon je pense que ce que nous faisons en faveur du climat restera marginal ».
Vendredi dernier à Paris, un panel d’experts internationaux a alerté sur les conséquences d’une augmentation prévisible de température estimée entre 1.8 et 4°C, et d’une augmentation du niveau des mers de 28 à 43 centimètres d’ici à la fin du siècle.
Les parlementaires européens demeurent engagés en faveur d’une réduction ambitieuse des gaz à effet de serre européens, avec une « réduction de 30% d’ici à 2020 » (résolution de janvier 2007). Une nouvelle résolution sera adoptée la semaine prochaine.
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