Le constat est alarmant pour l’Europe : près de 14 millions d’européens sont obèses, engendrant 7% des dépenses totales de santé au sein de l’UE. Parmi les personnes touchées, on compte 3 millions d’enfants. Et ce chiffre s’accroît de 400 000 jeunes chaque année. Comment faire face à ce phénomène ?
Manger moins, bouger plus !
Tout d’abord en combattant les idées reçues : contrairement à certaines d’entre elles, les problèmes de poids des enfants européens ne proviennent pas tant d'une consommation trop élevée de calories, que de l'inactivité physique. Les enfants d'aujourd'hui ne mangent pas trop : ils ne bougent pas assez !
Or, de nombreuses maladies d'adultes, telles que l'ostéoporose ou les maladies cardio-vasculaires, prennent racine dans l'état de santé infantile. Voilà pourquoi il est important d'encourager des pratiques alimentaires et comportementales saines au sein de la jeunesse.
Le sport compte au nombre des bonnes habitudes à prendre. Une activité physique régulière procure en effet des bénéfices psychologiques certains, notamment en matière d'estime de soi et d'intégration dans un groupe. Pour les enfants, le sport permet ainsi de développer un esprit de communauté, s'appuyant sur la solidarité d'une équipe. Sans oublier qu'il s'agit d'un facteur clef de prévention du tabagisme et de l'obésité... N’est-ce pas en premier lieu le rôle de l’école que de promouvoir le sport chez les jeunes ?
Le sport à l’école, une pratique en chute libre
Certains s’alarment pourtant de cette mission revue à la baisse, comme l’ancien champion olympique d’escrime Pal Schmitt, désormais député européen du PPE-DE : « Alors que l'obésité progresse chez les enfants, la part de l'éducation physique dans les écoles est en chute libre ! ».
Et en effet, alors que les experts recommandent 60 minutes de sport quotidien pour les enfants et adolescents, le temps alloué aux activités sportives dans les écoles de l'UE ne cesse de décroître depuis 2002. Il est ainsi passé de 121 minutes hebdomadaires à 109 dans les écoles primaires et de 117 à 101 minutes par semaine dans les collèges et lycées.
Autres obstacles à une pratique plus intensive du sport à l’école : les réticences éprouvées par certains élèves à l'égard des programmes actuels d'éducation physique, jugés parfois trop compétitifs. Enfin, le manque d’équipements et de personnels spécialisés.
Pour Pal Schmitt, il est donc urgent de promouvoir le retour d’une activité physique régulière à l’école. Il est l’auteur d’un projet de rapport sur le rôle du sport dans l'éducation, qui sera débattu le lundi 12 novembre en plénière et votée le lendemain. « Je veux attirer l'attention des responsables politiques sur les connexions entre le sport à l'école et une bonne santé. », affirme-t-il.
Une activité sportive à l’école, trois fois par semaine
Outre qu’il invite les gouvernements nationaux à mener des campagnes d'information sur les vertus du sport, le projet de rapport de Pal Schmitt propose que l'éducation physique soit rendue obligatoire de la primaire au lycée, et ce dans le respect d'un équilibre entre les activités intellectuelles et les activités physiques. Les emplois du temps devraient ainsi comporter au moins trois séances d'activité physique par semaine et une meilleure adéquation entre les activités sportives scolaires et extrascolaires devra être mise en place.
« En tant qu'ancien champion olympique, je recommande un entraînement quotidien pour les enfants, que ce soit pendant les cours ou après l'école », explique le député hongrois. Mais les enfants ne sont pas les seuls concernés : « Les adultes feraient bien, eux, de pratiquer un exercice physique trois fois par semaine » souligne M. Schmitt. Lui-même se déclare « un habitué de la piscine » et se rend très souvent à la gym. Le secret de la longévité ?