 | Grand angle | |
Changement climatique : de Bali à Copenhague, en passant par Poznán |
| Environnement - 17-04-2009 - 14:06 |
 Changement climatique: quel avenir pour notre planète? L'Union européenne doit jouer un rôle moteur dans la lutte contre le changement climatique, enjeu majeur et global. En décembre 2008, le Parlement européen a voté une série de mesures pour lutter contre le réchauffement de la planète. En février 2009, la commission temporaire du changement climatique a rendu ses conclusions. De plus, le Parlement appelle de ses vœux une position commune pour préparer la prochaine conférence internationale sur le changement climatique.
Alors que Barak Obama a investi la Maison Blanche et alors que la Chine commence à allouer des ressources à la protection de l'environnement, de nombreuses questions se posent. Le monde parviendra-t-il à se mettre d'accord sur la manière de lutter contre le réchauffement climatique ? Quel sera le rôle des grandes puissances mondiales dans les négociations ?
L'Union européenne compte bien prendre la tête de la lutte contre le changement climatique.
Le 17 décembre 2008, une série de mesures législatives a été adoptée (« paquet climat »), traitant du système d'échange d'émissions, du stockage souterrain du CO2, du développement des énergies renouvelables et des émissions des voitures neuves.
Le 4 février 2009, les conclusions de la commission temporaire du changement climatiques ont été votées en séance plénière. Elles fixent tant des objectifs de long terme (80 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050) que des recommandations précises, conçues comme une incitation politique à agir.
Au niveau international, une grande conférence se tiendra fin 2009 à Copenhague pour préparer la suite du protocole de Kyoto, qui se termine en 2012. Le Parlement européen a appelé les Etats membres à trouver une position commune pour peser dans les négociations. Un accord entre ces derniers pourrait être trouvé avant l'été.
De Bali à Copenhague en passant par Poznań, ce dossier contient tous nos articles relatifs à ce sujet, notamment concernant le rôle de la Chine, des Etats-Unis et de la Russie.
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Investissements verts - une seule solution pour deux crises différentes ? | |
 Quelle position l'Union européenne devrait-elle adopter selon vous ? En décembre 2008, la conférence de l’ONU sur le changement climatique laissait transparaître la peur que la crise économique ne relègue la lutte contre le réchauffement de la planète au second plan. Pourtant, certains pensent au contraire qu’il s’agit d’une période propice à l’investissement en technologies vertes afin de faire d’une pierre, deux coups : préserver la nature et créer de nouveaux emplois.
Le soutien pour la lutte commune contre la crise économique et le changement climatique progresse. L'idée ? Investir dans l’énergie verte, le logement et l’infrastructure pour préserver la planète et créer de nouveaux emplois.
Ban Ki-Moon, Secrétaire Général de l’ONU déclarait en décembre 2008, lors de la conférence sur le changement climatique qui s’est tenue à Poznan (Pologne) que « la gestion de la crise financière mondiale requiert un stimulus massif au niveau mondial. Une grande partie de ces dépenses devraient se transformer en un investissement, un investissement pour un futur plus vert, qui lutterait contre le changement climatique et qui créerait des millions de postes verts (...) Nous avons besoin d’un ‘Green New Deal’ ("une nouvelle donne verte", en référence au "New Deal" mis en place par le président américain Roosevelt après la crise de 1929).
Qu’en pensent les députés européens ?
Pour Joseph Daul (Français, président du Groupe du Parti populaire européen et des Démocrates européens - PPE-DE), « combattre le changement climatique et promouvoir les innovations écologiques nous permettront de relancer l’économie européenne et l’industrie à moyen-terme. Si nous investissons maintenant, nous pouvons sauvegarder les emplois de demain ».
Johannes Blokland (Néerlandais, membre du Groupe Indépendance/Démocratie - IND-DEM) et Jan Andersson (Suédois, membre du Groupe socialiste- PSE) déplorent que certains gouvernements aient tenté récemment de prendre la crise financière comme prétexte pour diminuer les efforts engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique. Pour M. Andersson, « nous devons agir à l’opposé. L’investissement dans la recherche, le développement, la technologie environnementale et la mise au point d'une nouvelle infrastructure bien plus respectueuse de l’environnement que celle dont nous disposons aujourd’hui, sont de réelles nécessités ».
Citation
L’environnement n’est pas un problème pour l’économie mais bien la clef de la solution.
Roberto Musacchio
Mais pour Roberto Musacchio (Italien, membre du groupe GUE/NGL) si environnement et économie sont liés, ce n’est pas forcément du point de vue que l’on s’en fait habituellement. Selon lui, « l’environnement n’est pas un problème pour l’économie mais bien la clef de la solution ».
Concrètement, que proposent les députés européens ?
La croissance économique mondiale va stagner ce qui, paradoxalement, va permettre à de nombreux pays d’atteindre plus facilement les objectifs de Kyoto visant à diminuer les émissions de gaz à effet de serre.
Si certains diront que la croissance en soi contribue au changement climatique, le britannique Graham Watson (président du Groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe- ALDE), lui, pense le contraire : « il n’y a pas de contradiction entre Keynes et la lutte contre le réchauffement climatique. Un Maynard Keynes des temps modernes remettrait les gens au travail en installant des panneaux solaires et des éoliennes sur chaque maison en Europe, en favorisant ainsi l’innovation et en créant de nouveaux emplois au même moment ».
Pour Avril Doyle (Irlandaise, membre du PPE-DE), « Investissements, travail, salaires et sauvegarde de notre planète sont synonymes ».
Monica Frassoni (Italienne, membre des Verts) a déclaré : « Il ne devrait pas y avoir de fonds publics pour l’industrie automobile. Ce serait jeter l’argent par les fenêtres ».
Dorette Corbey (Néerlandaise, membre du PSE) va jusqu'à qualifier l'aide publique au constructeurs automobiles d’ « absurde ». Elle pense que s’il doit y avoir un soutien, celui-ci devrait viser « le développement de voitures électriques ou fonctionnant à l’hydrogène ».
Investissements verts… pour quels résultats ?
Certains pensent que les investissements verts n’aboutiront pas aux résultats escomptés et sont persuadés que de nombreuses mesures liées à l’énergie et l’environnement ne donneront pas de résultats avant plusieurs années. D’autres encore remettent en question la notion même d’investissement vert.
Pour Ryszard Czarnecki (Polonais, membre du Groupe Union pour l’Europe des Nations - UEN) des problématiques telles que la croissance économique et la lutte contre la montée du chômage sont cent fois plus importantes que le changement climatique.
Enfin, Roger Helmer (Britannique, non inscrit) soutient l’hypothèse selon laquelle « la menace ne provient pas du réchauffement mondial mais bien de nos politiques en réponse au changement climatique ».
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Conférence sur le changement climatique à Poznán: les députés font le point | |
 Des statues de glaces attendaient les députés à Poznán La Conférence des Nations Unies sur le changement climatique s'est tenue du 9 au 13 décembre 2008 à Poznán, en Pologne. Après cinq jours de négociations, l'heure est au bilan sur l'avancée internationale en la matière. Sur place, des statues de glaces symbolisant les dangers du changement climatique attendaient la délégation de députés envoyée par le Parlement européen.
La Conférence de Poznán représente une étape cruciale dans le processus de négociation sur le changement climatique. Son but était de mettre en place un nouvel accord post-Kyoto. Au centre de ce nouvel accord en prévision, deux questions primordiales: qui finance les mesures pour la lutte contre le réchauffement climatique? Comment appliquer le système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre entre les pays industrialisés et les pays en développement?
Pays industrialisés et pays en développement, les responsabilités ne sont pas les mêmes
Une délégation composée de députés des commissions parlementaires de l'Environnement, de l'Industrie et du changement climatique s'est rendue à Poznán afin de débattre de la situation internationale en la matière.
M. Guido Sacconi (Italien, membre du Parti socialiste- PSE), président de la commission parlementaire du changement climatique, a déclaré que la délégation envoyée en Pologne avait pour mission de soutenir l'Union européenne dans les négociations. Selon lui, il s'agissait là d'une opportunité afin d'influencer des délégués issus du monde entier.
Pour Mme Roman Jordan Cizelj (Slovène, membre du Groupe du Parti populaire européen et des Démocrates européens- PPE-DE), la collaboration entre les pays industrialisés et en développement est essentielle: "ces pays ont des responsabilités différentes mais aussi des capacités distinctes. Nous devons nous rendre compte que nous sommes tous importants et impliqués dans ce processus".
Comme cela est souvent le cas, une atmosphère particulière s'est créée autour de cette conférence, notamment avec la présence sur place de nombreuses ONG. Aux alentours de l'immeuble où se tiennent les négociations, de nombreuses manifestations ont eu lieu. Les députés ont été accueillis par des dizaines de statues en glace, symboles des dangers que représente le changement climatique.
MISE A JOUR (17 mars 2009)
Le paquet climat a été adopté par le Parlement européen en session plénière, mercredi 17 décembre 2008. Il contient six rapports relatifs au système d'échange d'émissions de CO2, à la réduction des émissions, au stockage souterrain du CO2, au développement des énergies renouvelables, aux émissions des voitures et à la qualité des carburants.
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80% d'émissions en moins pour 2050, le pari sera-t-il tenu? | |
 Moins de gaz à effet de serre, une priorité pour l'Union européenne La commission parlementaire temporaire du changement climatique a adopté, mardi 2 décembre 2008, le rapport de M. Karl-Heinz Florenz qui présente des recommandations pour lutter contre le réchauffement climatique. "Le changement climatique est à la fois plus rapide et plus sérieux en termes de conséquences défavorables que ce que l'on pensait jusqu'à présent", c'est ce qu'ont conclu les députés européens au terme de la journée d'hier.
La Commission temporaire du changement climatique était composée de soixante députés qui avaientpour mission d'examiner les moyens dont dispose l'Union européenne (UE) pour répondre à la problématique du réchauffement climatique. Les recommandations présentes dans le rapport se basent sur les objectifs de l'Union européenne désireuse de limiter l'augmentation de la température moyenne mondiale à 2°C.
Citation
Même dans des moments économiques difficiles, la lutte contre le changement climatique doit rester une priorité pour les politiques européennes.
Karl-Heinz Florenz
Quelles sont ces recommandations ?
Tout d'abord, les députés demandent à ce que l'UE et d'autres pays industrialisés réduisent 25 à 40% de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020. Ces chiffres valent pour l'objectif à moyen terme. L'objectif à long terme, lui, fixe la réduction des émissions à 80% d'ici 2050 (en comparaison avec 1990).
Les députés demandent par ailleurs à ce que des Fonds européens pour le climat soient mis en place ainsi que des organismes équivalents dans chaque Etat-membre.
Enfin, il a été proposé que des primes soient accordées pour les citoyens qui aideraient, à plus petite échelle, à la réduction des émissions.
Le rapporteur, M. Karl-Heinz Florenz (Allemand, membre du Groupe du Parti populaire européen et des Démocrates européens- PPE-DE) a déclaré: "Même dans des moments économiques difficiles, la lutte contre le changement climatique doit rester une priorité pour les politiques européennes".
MISE A JOUR (17 mars 2009)
Les conclusions de la commission temporaire du changement climatique ont été adoptées le 4 février 2009 en séance plénière.
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Lutte contre le changement climatique : pourquoi la Chine compte | |
 La Chine sera bientôt le premier émetteur de gaz à effet de serre au monde Avec une croissance économique exponentielle, la Chine est en passe de devenir le plus gros pollueur du monde. En amont de la conférence de l’ONU sur le changement climatique, une délégation de députés s’est rendue à Pékin pour évaluer le degré d’engagement des autorités chinoises à lutter contre le réchauffement. Or, si la Chine semble politiquement décidée à agir, elle n’est toujours pas prête à accepter des objectifs contraignants de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre.
« Parce qu’elle connaît une forte croissance économique, la Chine est en passe de devenir l’un des plus gros pollueurs au monde », a expliqué le président de la commission temporaire sur le changement climatique, Guido Sacconi (PSE), après la visite de délégation qu’il a mené en Chine, du 5 au 7 novembre 2007.
Ces rencontres inauguraient une série de visites de la commission dans des pays tiers, en vue de forger une alliance internationale solide pour mieux lutter contre le changement climatique.
Quand la Chine s’engage à lutter contre le réchauffement
En termes de quantité d’émissions de gaz à effet de serre, la Chine se hisse au second rang mondial, encore devancée par les Etats-Unis. Mais cela ne saurait durer : selon les prévisions, la croissance exponentielle de ce gigantesque pays de 1,3 milliards d’habitants devrait, dans les prochaines années, le sacrer premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète.
Guido Sacconi l’a constaté pendant sa visite à Pékin : les décideurs chinois semblent avoir pris conscience de l’importance de lutter contre le réchauffement climatique. « Nous avons rencontré des membres du gouvernement chinois, du Congrès National, mais aussi des hommes d’affaires et des représentants de la société civile », explique le député italien, « et nous avons pu voir que la Chine s’est fortement engagée à améliorer son efficacité énergétique. Elle a récemment adopté un Programme sur le Changement climatique ». Révolution politique et climatique ?
Ce nouveau Programme semble en effet très ambitieux : il fixe pour objectif de réduire la consommation chinoise d’énergie de 20% d’ici à 2010 et d’accroître de 10% l’utilisation d’énergies renouvelables. « Bien sûr », explique le rapporteur pour la commission temporaire, Karl-Heinz Florenz (PPE-DE), « tout le défi de ce programme repose dans son application réelle, qui devra être étroitement surveillée ». Mais le signal politique semble avoir été donné.
Négociations sur l’après-Kyoto : que défendra la Chine ?
A l’heure de la lutte globale contre le réchauffement climatique et alors que le cadre actuel - le Protocole de Kyoto - expire en 2012, un engagement clair et quantifié de la Chine, mais aussi de l’Inde ou du Brésil, semble indispensable. Même si la Chine a ratifié le Protocole de Kyoto, elle n’a pas actuellement, en tant que pays en voie de développement, d’objectif chiffré de réduction de ses émissions : cela pourrait-il changer après 2012 ?
« Il ne pourra pas y avoir de nouveau cadre international pour l’après-Kyoto sans des pays comme la Chine et l’Inde », confirme Guido Sacconi. L’un des enjeux majeurs de la conférence onusienne sur le changement climatique qui s'est tenue à Bali était donc d’inclure ces pays dans des objectifs quantifiés de réduction des émissions.
Or, sur ce point, et malgré les messages positifs reçus à Pékin, les députés européens demeurent critiques : la Chine « continue de penser que le protocole de Kyoto doit être maintenu et que les pays en développement, y compris les pays émergents, ne doivent pas prendre d'engagements chiffrés », regrette Guido Sacconi.
Toujours est-il que la Chine accepte de jouer le jeu des négociations internationales, comme s’en félicite Karl-Heinz Florenz : « Nous sommes heureux de constater que pour la Chine, comme pour l’Union Européenne, la Convention onusienne sur le changement climatique est le seul forum approprié pour des négociations internationales ».
Autre point encourageant : les autorités chinoises semblent en accord avec les européens sur la nécessité de conclure un nouvel accord au plus tard en 2009, « afin d’éviter un temps de latence entre l’expiration de l’actuel protocole de Kyoto et le futur cadre international », conclut Karl-Heinz Florenz. Selon lui, la Chine sera donc un partenaire clé pour l’UE lors des négociations sur l’après-2012 : « c’est notre intérêt commun de réussir dans la lutte contre le changement climatique ! ».
Le Parlement européen lance un appel avant la conférence de Bali de décembre 2007
Dans une résolution adoptée le 22 octobre 2007, les membres de la commission temporaire sur le changement climatique appellent à conclure un accord international au plus tard en 2009, incluant :
- des objectifs contraignants pour les pays industrialisés,
- une participation plus large aux efforts de réduction, en particulier de la part des économies émergentes qui devraient poursuivre des objectifs équitables et proportionnés;
- un système mondial d'échange de quotas basé sur une attribution de quotas équitable et proportionnée;
- un renforcement des mécanismes financiers d'adaptation.
Ils appellent enfin les pays industrialisés à donner l’exemple en s’engageant à réduire les émissions de 60 à 80% d’ici à 2050. | | |
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Changement climatique : vingt députés commentent la feuille de route de Bali | |
 La feuille de route a été signée par 187 pays réunis à Bali A Bali en décembre 2007, l’enjeu était de taille : fixer un cadre aux négociations sur l’après-Kyoto et engager l’ensemble des 187 pays représentés dans une réduction des émissions de gaz à effet de serre. De retour de cette conférence internationale sur le changement climatique, vingt députés européens ont présenté leurs conclusions : s’ils se sont félicités de la feuille de route adoptée, ils ont néanmoins regretté l’absence d’objectifs chiffrés de réduction des émissions et déploré l’attitude des Etats-Unis.
Les discussions ont été « plutôt émotionnelles » avec « des scènes de drame » : pour le président de la commission temporaire sur le changement climatique, l’Italien Guido Sacconi (Parti Socialiste Européen), la conférence de Bali a été intense.
Une Europe forte et unie
A Bali, 187 pays ont signé une « feuille de route » commune : elle définit un programme de travail qui devrait aboutir, d’ici fin 2009, à un accord international qui succédera au protocole de Kyoto après 2012. Pour les députés européens, la feuille de route conclue à Bali est « l’amorce d'un processus qui doit nous amener à 2012 et au-delà, avec un accord international à conclure pour 2009 ». Et c’est en soi un succès pour l’Europe, qui s’est exprimée de manière forte dans ces négociations internationales.
« L’Union Européenne s’est engagées en mars dernier dans des objectifs forts de réduction de ses émissions : grâce à cet accord, nous avions quelque chose à montrer aux autres pays et cela nous a permis d’être fermes dans les négociations, en particulier face aux Etats-Unis », explique ainsi le rapporteur de la commission temporaire sur le changement climatique, l’Allemand Karl-Heinz Florenz. Grâce à cette conférence, il estime que « le cercle vicieux des Etats-Unis, de la Chine et de l’Inde », chacun pointant du doigt l’autre pour ne pas s’engager, « a été brisé ».
Pas de référence directe à une réduction des émissions
Pour autant, le texte adopté lors de la conférence de Bali « laisse à désirer » quant aux attentes des députés européens. En novembre, le Parlement avait en effet exigé que le mandat de la conférence de Bali comporte, entre autres, des objectifs spécifiques chiffrés pour tous les pays industrialisés : autrement dit, un engagement de réduire les émissions de gaz à effet de serre « d'au moins 30% d'ici à 2020 et de 60 à 80% d'ici à 2050 par rapport au niveau de 1990 ».
Or, dans la feuille de route de Bali, il n’est pas fait directement référence à des réductions des émissions de la part des pays industrialisés. Seule une note de bas de page fait référence aux objectifs de réduction mentionnés dans le rapport d’experts du GIEC (Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat). Pour Guido Sacconi, cette référence est tout de même une avancée : « Il y a eu deux succès à Bali : cette référence à des objectifs de réduction des émissions et l’accord des pays en développement et des Etats-Unis pour participer à des négociations pour un accord global ». Les Etats-Unis ont justement fait l’objet de nombreuses critiques…
Peine perdue pour un engagement des Etats-Unis ?
Ils ont eu un « comportement sans scrupules », juge la Finlandaise Satu Hassi, vice-présidente de la commission Environnement. Selon elle, les Etats-Unis « c’est-à-dire la nation la plus riche du monde, a demandé aux pays en voie de développement beaucoup plus qu’elle n’acceptait pour elle-même ».
Les Etats-Unis refusent en effet de soutenir des objectifs chiffrés de réduction des émissions. Les prochaines élections présidentielles de novembre 2009 pourraient-elles changer la donne ? C’est ce qu’espère le député néerlandais Johannes Blokland : « J’attend de la prochaine élection présidentielle américaine qu’elle donne une impulsion positive à la politique climatique des Etats-Unis ». Satu Hassi le confirme : « Beaucoup dépendra du résultat des élections américaines. A Bali, l’ancien vice-président américain Al Gore et le Sénateur John Kerry ont tous deux assuré que la position américaine changerait avant le Sommet de 2009 ». Les Etats-Unis ont cependant accepté de participer aux négociations en vue d'un accord international, que tous espèrent conclure en 2009 à Copenhague.
S’adressant aux dirigeants américains et en référence au discours à Bali d’Al Gore, le Vice-président du Parlement européen Alejo Vidal-Quadras et Guido Sacconi ont joliment conclu leur déclaration commune par une métaphore sur le hockey sur glace : « Les yeux du monde entier sont fixés sur vous, mais vous devez patinez plus vite : la glace est en train de fondre sous vos pieds ».
MISE A JOUR (17 mars 2009)
Entre-temps, la conférence de Poznań (décembre 2008) a défini le calendrier des négociations qui seront menées en amont de la conférence de Copenhague. Cette dernière, prévue fin 2009, doit encadrer l'après-Kyoto : le protocole de Kyoto arrive en effet à échéance en 2012.
De plus, le nouveau président américain a fait de la lutte contre le changement climatique l'une de ses priorités.
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Changement climatique : "On nage ou on coule ensemble" - rencontre avec Rajendra K. Pachauri | |
 Rajendra K. Pachauri au Parlement européen En 2007, le prix Nobel de la paix a été attribué à Rajendra K. Pachauri et Al Gore pour leurs actions liées au changement climatique. M. Pachauri, président du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat, était, mercredi 26 mars 2008, en visite au Parlement européen. C'est en citant Gandhi: "Soyez le changement que vous souhaitez voir dans le monde" qu'il invite l'Europe à combattre le réchauffement climatique. Rencontre.
Le changement climatique est sans doute la plus grande menace contemporaine, peut-être même plus grande que celle du terrorisme. L'Union européenne considère depuis peu toute action contre le réchauffement climatique comme élément central de sa politique préventive de sécurité. De quelles menaces parle-t-on ?
Rajendra K. Pachauri : " Les changements climatiques vont probablement affecter grandement la disponibilité en eau à travers le monde. Pourquoi ? Parce que les modèles de précipitations vont changer, les glaciers vont fondre et la demande en eau va augmenter. Plusieurs régions dans le monde risquent d'entrer en conflit pour le contrôle de ressources naturelles telles que l'eau.
Une autre menace concerne les événements extrêmes, comme des inondations, la sécheresse, des vagues de chaleur, qui vont augmenter en fréquence et en intensité. De grands mouvements de population pourraient être causés par l'agriculture. Les ressortissants de régions du monde qui peinent à produire suffisamment pour satisfaire leurs besoins n'auront d'autres choix que de se déplacer, au risque de provoquer des conflits.
Je suppose qu'en attribuant son Prix Nobel de la paix au Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat ainsi qu'à Al Gore, le Comité norvégien a compris que le changement climatique représente une vraie menace pour la paix et la stabilité. Il n'y a aucune partie du globe qui soit immunisée contre ces menaces. Nous devons en être conscients."
Concernant la fonte des glaciers, un morceau énorme de glace vient de se briser en Antarctique. Devons-nous être inquiets au sujet des glaciers et des glaces polaires ?
"Oui, et pour plusieurs raisons. Dans certaines régions du monde, l'approvisionnement stable en eau via les réseaux de fleuves et rivières provient de ces glaciers. C'est le cas en Asie du Sud et dans certaines parties de la Chine. Cela pourrait donc affecter les ressources en eau dans ces régions. Un autre problème lié à la fonte des glaciers serait la hausse du niveau de la mer. Cela a, d'une certaine façon, déjà commencé en raison de la dilatation thermique des océans causée par des températures plus élevées. Si les grands blocs glacés de l'Antarctique de l'ouest ou les glaciers du Groenland posés sur les terres venaient à s'effondrer, cela se traduirait en mètres de hausse du niveau de la mer. On ne peut pas prédire si, ni quand cela se produira, mais la possibilité existe."
La technologie peut-elle aider à empêcher le réchauffement climatique et si oui, comment?
"Nous devons premièrement accepter qu'il y ait une certaine inertie. Même si nous parvenions à stabiliser la concentration de gaz à effets de serre dans l'atmosphère, le réchauffement climatique se poursuivra pendant plusieurs décennies. Par conséquent, nous serons incapables d'empêcher le réchauffement, mais nous pouvons arrêter sa croissance ultérieure. Il est donc urgent de réduire les émissions de gaz à effets de serre pour stabiliser l'atmosphère et le climat de la terre.
La technologie peut certainement fournir des solutions pour réduire les émissions, mais uniquement si nous avons de bons accords politiques. Nous avons besoin de nouvelles politiques afin de promouvoir le développement de nouvelles technologies ou l'utilisation de celles existantes. Le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat a clairement mentionné dans son rapport que les technologies requises sont déjà disponibles ou sont proche de la commercialisation.
Imaginons que tous les gouvernements imposent une taxe sur les produits pétroliers, ceci inciterait les compagnies automobiles à produire des voitures plus efficaces et les gens utiliseraient davantage les transports en commun. Le niveau des prix est un instrument très puissant pour créer le changement."
Que peut faire l'Europe pour encourager d'autres partenaires internationaux à s'engager contre le réchauffement climatique?
"Il est très important de conclure un accord d'ici 2009 et l'Europe peut jouer un rôle de chef de file sur cet accord. L'Europe est une grande et importante entité : si vous créez un succès, cela servira de motivation et d'inspiration pour d'autres régions dans le monde. Politiquement, l'Europe gagnerait aussi en pouvoir. Je me réjouis de constater que le Président du Parlement européen est tellement intéressé par le changement climatique. Je suis aussi très honoré d'avoir été invité au Parlement européen, une institution remarquable qui me prodigue de l'optimisme."
Le prix Nobel de la paix a-t-il eu une influence sur votre travail et celui du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat?
"Je pense qu'il y a eu deux sortes d'influence. D'abord sur la communauté scientifique. C'est une reconnaissance, un grand encouragement et une inspiration pour tous les membres scientifiques du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat. La deuxième conséquence a été d'améliorer la connaissance du changement climatique auprès du grand public. Il est clair que le prix Nobel de la paix apporte une grande valeur.
En ce qui me concerne je deviens fou avec tous ces voyages (rires). Je ne peux accepter que 5 à 10 pourcents des invitations que je reçois et je n'arrête pas de voyager ! Ce n'est pas ce que je préfère, mais au moins je fais passer le message."
Le groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est un organe scientifique mis en place par l'Organisation météorologique mondiale et le Programme Environnement des Nations-Unies. Son objectif est de fournir aux décisionnaires des informations objectives sur le changement climatique. Ce groupe ne conduit pas de recherches. | | |
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De retour de Washington : « La planète impose ses échéances, pas les élections » | |
 Les députés européens ont rencontré leurs homologues du Congrès américain Un accord ambitieux de lutte contre le changement climatique est-il possible sans les Etats-Unis ? Non, répondent les dix députés européens qui se sont rendus à Washington. Alors que des inquiétudes subsistent quant à la capacité américaine de respecter le calendrier fixé à Bali pour un accord international sur l’après-Kyoto, les députés européens ont rappelé que c’est la planète qui impose ses échéances, pas les élections en Europe ou aux Etats-Unis.
Leur conclusion est sans appel : « Nous ne pouvons pas attendre beaucoup de changements de la part de l'actuelle Maison Blanche », ont affirmé Guido Sacconi (Parti Socialiste Européen) et Karl-Heinz Florenz (Parti Populaire Européen-Démocrates Européens), au nom de la délégation européenne qui s’est rendue à Washington pour trois jours, du 28 au 30 avril 2008.
Prêts à temps pour Copenhague ?
Après avoir rencontré des membres du Congrès, de l’administration Bush et des représentants d’ONG, la délégation a jugé que ce qui entravait un engagement américain dans la lutte contre le réchauffement climatique n’était pas tant la volonté politique qu’un problème de calendrier : la tenue des prochaines élections présidentielles et le temps nécessaire pour former une nouvelle équipe gouvernementale pourraient empêcher les Etats-Unis de venir à la table des négociations internationales avec un projet ambitieux. Et ce, alors qu’un accord international doit être conclu en décembre 2009, lors du Sommet de Copenhague.
Les trois candidats en lice pour les élections américaines auront donc une importante responsabilité à cet égard, ont averti les députés : la prochaine administration américaine devra faire du changement climatique « sa priorité, dès le premier jour de son entrée en fonction ». Et ce, afin que les Etats-Unis puissent « conclure leurs travaux sur leur législation nationale avant le sommet de Copenhague de décembre 2009 ».
Sans les Etats-Unis, pas d’accord ambitieux
Car si les Etats-Unis ne sont pas capables de s’engager à Copenhague, l’accord international en sera affecté, avertissent les députés européens : « les pays développés et en voie de développement ne parviendront pas à un accord ambitieux sans les Etats-Unis », expliquent-ils, car « quelle influence l'Europe et les Etats-Unis pourraient-ils avoir sur d'autres pays tels que la Chine s'ils ne réussissent pas à parler d'une seule voix ? ».
Les députés se disent néanmoins satisfaits de voir que le Congrès américain débat sur un projet de législation sur le changement climatique et insistent pour que les Américains « poursuivent leurs efforts en vue de mettre en place un système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre - qui pourrait, dans un avenir proche être lié au système communautaire d'échange (ETS) », le système européen en vigueur.
Pour conclure, si les réunions qu’ont eues les membres de la délégation européenne « représentent un bon début », il faudra fournir davantage d'efforts pour coordonner les approches européennes et américaines. Car au final, jugent les députés, « si nous avons des positions complètement opposées sur le changement climatique -nous courons au désastre ».
MISE A JOUR (17 mars 2009)
Entre-temps, la nouvelle administration américaine a fait de la lutte contre le changement climatique l'une de ses priorités.
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La Russie devrait coopérer davantage sur le changement climatique | |
 Un lac russe près de Karabash Alors que l'Union européenne travaille sur les mesures à adopter en matière de changement climatique, elle essaie de mettre en place un accord international pour remplacer le protocole de Kyoto, lequel prendra fin en 2012. La semaine dernière, une délégation de la commission parlementaire du changement climatique s'est rendue en Russie. Rencontre avec trois députés européens partis sur place.
Que veut la Russie?
Selon M. Vittorio Prodi (Italien, membre du groupe des libéraux), vice-président de la commission du changement climatique et chef de la délégation, ce qui intéresse la Russie c'est "la poursuite de l'approvisionnement en combustibles fossiles, de préférence avec la plus grande marge possible. D'autre part, elle désire également réduire le réchauffement climatique mondial. Il pourrait en être de l'intérêt de la Russie mais aussi de l'Union européenne de passer progressivement de l'utilisation de combustibles fossiles à des sources d'énergie renouvelables. Il est possible de faire en sorte que la fédération russe bénéficie de plus d'efficacité en matière de technologie et d'énergie. "
Du point de vue de Mme Dorette Corbey (Hollandaise, membre du groupe socialiste) "la Russie est désireuse de continuer à vendre son gaz. Il s'agit d'un très bon produit parce qu'il se combine bien avec les énergies durables. C'est la raison pour laquelle je leur ai dit qu'il y avait de grandes chances pour que nous devenions un acheteur stable".
Mme Romana Jordan Cizelj (Slovène, membre du Parti populaire européen) estime que le changement climatique ne fait pas partie des priorités de la Russie. Au contraire, "leur priorité est la croissance économique".
Mme Corbey s'est également prononcée sur les conséquences que le changement climatique aura sur la Russie : "Ils ont toujours dit que le changement climatique n'était pas un problème pour eux. Il fait si froid en Sibérie que deux degrés de plus ne seraient pas de trop. Mais maintenant, ils se rendent compte que le changement climatique est un vrai problème. C'est un énorme pas en avant".
En ce qui concerne l'amélioration de l'efficacité énergétique de la Russie, le président russe, M. Medvedev, a signé un décret sur l'intensité énergétique qui a pour but d'améliorer l'efficacité énergétique russe de 40% d'ici 2020. A ce sujet, Mme Corbey a déclaré: "40% semble beaucoup mais si l''on regarde leur manière de gérer l'énergie, ils ne devraient pas avoir de difficultés."
La Russie, un partenaire stratégique pour les négociations post- Kyoto?
Selon Mme Cizelj "la Russie était un pays clé pour la ratification du protocole de Kyoto. Ce n'est seulement qu'après qu'elle l'ait ratifié que le protocole est entré en action. Nous souhaiterions que la Russie joue à nouveau un rôle primordial dès maintenant. Nous voudrions qu'elle prenne l'initiative des négociations, qu'elle joue un rôle proactif".
Les députés étaient également aux Etats-Unis...
Avant de se rendre en Russie, la délégation de la commission du changement climatique s'était rendue en Chine, en Inde, au Bangladesh et aux Etats-Unis.
Suite à sa visite aux Etats-Unis, M. Prodi a déclaré que "la reconnaissance des droits et de la responsabilité des Etats-Unis dans le réchauffement climatique mondial facilitera cet accord".
Enfin, Mme Corbey a mentionné que "Barack Obama a joué franc jeu durant sa campagne sur la nécessité de mettre au point une politique sur le changement climatique. C'est pourquoi j'attends des Etats-Unis qu'ils prouvent être un partenaire de l'Union européenne". | | |
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